«En France, aujourd'hui, on peut tuer impunément» (J'Accuse no 2, 15 février 1971)

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«En France, aujourd'hui, on peut tuer impunément» (J'Accuse no 2, 15 février 1971)

Simone de Beauvoir reste l'avocate de la condition féminine. Elle a écrit, en 1971, «En France, aujourd'hui, on peut tuer impunément». Ce texte a été publié dans le journal militant J'Accuse après une visite de la philosopohe et écrivain à des ouvrières dont l'usine a explosé en 1961.

Leur patron venait tout juste d'être condamné à un an de prison avec sursis, car il n'avait pas respecté les impératifs de sécurité. Cet explosion a fait trois mortes et quarante-neuf brûlées dans une petite bourgade de 6000 habitants, Méru. Le patron, Bérion, a toujours soutenu que l'explosion était un accident, et a par la suite dirigé une autre affaire prospère.

Telle est selon Simone de Beauvoir la justice bourgeoise. Le procès a eu lieu deux ans après l'explosion et les intérêts des victimes n'ont pas été respectés. Et ce genre de situation était fréquente. Aujourd'hui, en France, il existe encore de nombreuses inégalités; les gouvernements repoussent les comptes de pénibilité au mépris de l'application la plus élémentaire des droits de l'homme.

«En France, aujourd'hui, on peut tuer impunément» (J'Accuse no 2, 15 février 1971) est publié aux éditions Indigène.