The Dragonfly of Chicoutimi, une expérience manipulatrice

Début de l'événement: 

31 mai 2010 - 01:20
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The Dragonfly of Chicoutimi, du 22 février au 19 mars au Théâtre PÀP -----» Critique tirée du billet écrit le 31 mai 2010.

Le Festival Transamérique présentait hier soir The Dragonfly of Chicoutimi à l’Espace Go, une pièce de Larry Tremblay revisitée par Claude Poissant après quinze ans d’histoire. Un univers manipulateur et irréel interprété avec virtuose par cinq comédiens hors normes.

FTA fait fort ces derniers jours. Après Tragédies romaines présenté au Théâtre National, elle met en lumière une pièce qui a fait parler d’elle en 1995: The Dragonfly of Chicoutimi. À l’origine, un monologue de Larry Tremblay maintenant présenté à l’Espace Go grâce au talentueux Claude Poissant, cofondateur du Théâtre PàP. Cinq interprètes, cinq cadres dans lesquels chacun mène sa propre vie et nous manipule jusqu’au dernier moment... Étrange expérience.

Dany Boudreault, Patrice Dubois, Daniel Parent, Étienne Pilon et Mani Soleymanlou, chacun joue son propre rôle-identité dans la vie de Gaston Talbot, habitant de Chicoutimi.

Gaston Talbot est une personne étrange. Ne s’exprimant qu’en anglais après des années de mutisme, il nous fait part de différents fragments de sa vie, dont les pires mensonges, les rêves, les interprétations insidieuses et les non-dits. Faux voyageur, faux amoureux, faux passionné, sa vie peut virer du noir au blanc en un fragment de seconde.

Il manipule le spectateur avec tellement de persuasion qu’il en devient parfois difficile d’identifier le semblant de vérité… Entre humour et tristesse, Gaston Talbot nous fait vivre les différents émois d’un être à multiples personnalités...

Pourtant, tout débute avec légèreté. Le public s’amuse tout particulièrement grâce à l’accent anglais francisé, les références à Chicoutimi et les jeux de rôles des cinq acteurs. Mais très vite, le ton devient agressif et le spectateur vire de l’hilarité à l’effarement de par les histoires familiales et amicales racontées. Au bout du compte, peu importe ce qu’il dit, ce qu’il fait et en quelle langue il s’exprime, Gaston Talbot nous transmet son message : rester vivant!

Pour ce qui est de la structure de la pièce, on aime la première partie et sa mise en scène comique à souhait. La seconde partie est floue, mêlée d’incompréhensions et de lenteurs parfois pesantes. Ce n’est qu’au final que l’on comprend la véritable logique de cette pièce troublante : il n’y a tout simplement pas de logique! Le public aime, je reste perplexe…

The Dragonfly of Chicoutimi, présenté à l’Espace Go jusqu’au 2 juin prochain, à 20 h, en anglais.

Pour plus de renseignements : www.fta.qc.ca/fr/pages/fta-2010

Crédit photo: Marie-Claude Hamel

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