Diego El Cigala : l'éclectisme à bout de voix

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Le chanteur flamenco Diego El Cigala présentait jeudi soir au Théâtre Maisonneuve son dernier album Cigala & Tango au public montréalais. Ceux qui venaient voir un spectacle de flamenco auront surement été déçus, les autres auront jubilé.

Réputé pour sa polyvalence, Diego El Cigala a enregistré l'année passée un album live de tango argentin depuis le légendaire Teatro Gran Rex de Buenos Aires, y apportant sa touche vocale flamenca incomparable.
Entouré de l'incroyable guitariste Diego El Morao, du contre-bassiste Yelsy Heredia, du pianiste Jaime Calabuig et du percussionniste Sabú Porrina; celui que l'on surnomme « le sinatra du flamenco » a interprété des morceaux classiques et contemporains du répertoire tango.

Malgré quelques problèmes sonores en façade (et aux retours aussi apparemment si l'on compte le nombre de fois où le chanteur s'est adressé à son ingénieur du son), Diego El Cigala reste toujours aussi destabilisant tant le panel d'émotions jaillissant de sa voix semble illimité.
L'interprétation de Garganta con arena était sublime, celle de Tomo y obligo n'était pas en reste.

On le connaissait dans un registre plus incisif mais il ne déçoit pas non plus lorsqu'il joue sur la nuance. Entre deux notes humoristiques sur son « chaleureux accueil » par les douaniers canadiens, le cantaor s'est tout de même laissé aller à chanter une soléa, impecablement accompagnée par Diego El Morao à la guitare, comme pour rappeler d'où il vient vraiment.

Fabien Boileau

Crédits photo : Jacinta Delgado