«D’horizons et d’estuaires : entre mémoires et créations autochtones» — Quand l’art est synonyme d’identité et de culture

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D'horizons et d'estuaires : entre mémoires et créations autochtones

L’art, c’est donner une part de soi dans son travail et laisser la chance à quiconque de nous connaître. C’est la rencontre de soi et de l’autre.

Parsemant le territoire québécois, bon nombre de musées, de galeries et d’autres lieux de création travaillent pour mettre de l’avant les arts d’ici et d’ailleurs. Alors que la diversité et l’inclusion sont au cœur même des valeurs au Québec, les arts autochtones sont pourtant trop peu représentés au sein des établissements artistiques.

D’horizons et d’estuaires : entre mémoires et créations autochtones a été créé à la suite d’expositions, de performances, de résidences d’artistes et de discussions lors du Projet Tiohtià:ke (2017-2019) réalisé par le Collectif des commissaires autochtones. Le recueil a été conçu dans le but de répondre à un besoin criant de représenter les peuples et les arts autochtones, mais aussi de souligner des questions importantes et mises à l’écart de la société actuelle. Rassemblent les textes de 16 artistes, D’horizons et d’estuaires remet en question la direction dans le milieu des arts en soulevant des enjeux importants qui concernent l’avenir des arts autochtones et l’état stagnant dans lequel sont isolés les peuples autochtones au sein du territoire québécois.

Une culture qui se partage avec l’art

S’il y a bien une chose qui m’a marquée dans ce recueil, c’est la culture autochtone qui se transmet à travers l’art. Certes, ce dernier fait partie de la culture, mais une autre couche de sens imprègne les œuvres – quelque chose de plus profond et d’inaltérable comme un cycle perpétuel de l’apprentissage des valeurs autochtones au sein des métiers d’art.

Que ce soit à travers les chaussons fabriqués, les robes décorées de perles colorées, les chants accompagnés d’un tambour ou autres œuvres mélangeant divers médiums et techniques, ces arts ont toutes un point commun : les valeurs mêmes des peuples autochtones. Par exemple, les chaussons étaient fabriqués pour les membres du clan, mais également pour les générations futures. Certaines œuvres d’art faisaient référence aux rivières qui étaient en quelque sorte les boulevards de l’époque puisque les voyages se faisaient sur l’eau.

En voyant et en lisant sur le sujet, je me suis rendu compte à quel point les valeurs étaient l’un des points forts autour duquel gravitent les arts autochtones ce qui m’a plongée dans un état de remise en question sur notre propre mode de vie, sur ce qui importe réellement.

D'horizons et d'estuaires : entre mémoires et créations autochtones

Une question d’identité au sein du territoire natal

Tout au long des textes, un fardeau a teinté leurs mots d’une vive amertume et prenait alors une place prépondérante au sein même du message premier D’horizons et d’estuaires. Le manque de reconnaissance et l’identité s’effilant au sein du territoire québécois étaient un sujet délicat, mais vivement abordé dans la plupart des textes et avec raison.

Je ne dirai que ceci pour résumer la situation que tous et toutes connaissent (sinon, je vous invite à vous informer) : imaginez seulement que vous êtes le fruit de générations et de générations d’un peuple qui prospérait autrefois et qui, à l’arrivée d’inconnu(e)s, s’est vu enfermé dans des réserves… un peu comme du bétail, oui.

Évidemment, c’est beaucoup plus compliqué que cela, mais autant vous dire que les artistes autochtones ne peuvent pas faire autrement que d’illustrer cette souffrance et cette incompréhension vis-à-vis cette injustice criante.

Vivre sur le territoire de nos ancêtres et ne pas se sentir chez soi, c’est douloureux. L’ensemble des œuvres et des textes avaient généralement ce même point commun que la souffrance qui, malheureusement, a elle aussi teinté l’identité autochtone – du moins jusqu’à ce qu’on se penche réellement sur cette iniquité.

Être entendu(e)s, être écouté(e)s

D’horizons et d’estuaires : entre mémoires et créations autochtones met de l’avant un message clair et humble soit celui d’être entendu(e)s, puis écouté(e)s. En plus de tous les problèmes d’injustice qu’on connaît déjà concernant les nations autochtones, peu de place et de visibilité sont accordée aux arts autochtones.

Étant donné que l’art est une voie universelle par laquelle tous les peuples et les pays peuvent se comprendre, ne serait-il pas judicieux de commencer par là, en faisant un pas vers l’autre, vers l’inconnu pour se rassembler et faire tomber les barrières entre les peuples québécois et autochtones? 

Pour vous procurer un exemplaire, cliquez ici : https://www.leslibraires.ca/livres/d-horizons-et-d-estuaires-entre-collectif-9782897941703.html.

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