Das Rheingold - L’œuvre épique de Wagner s’empare de Montréal

Début de l'événement: 

10 novembre 2018 - 19:30
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Das Rheingold - L’œuvre épique de Wagner s’empare de Montréal

L’Opéra de Montréal présente l’un des spectacles les plus attendus de l’automne dans la métropole, mis en scène pour la première fois à la compagnie! Das Rheingold, œuvre magistrale signée Wagner est une source d’inspiration de la célèbre trilogie du Seigneur des anneaux, cette production grandiose transporte le spectateur dans un univers empreint de magie: un nain forge un anneau tout-puissant, provoquant la colère des dieux qui se déchirent pour le posséder, même s’ils doivent renoncer à l’amour. Véritable parabole environnementale, l’histoire raconte un monde détruit par l’appétit du gain et l’esprit guerrier des peuples qui l’habitent.

Mettant en scène plus de 115 artistes, chanteurs et figurants, cette production confirme l’ambition de l’Opéra de Montréal de proposer des expériences à la mesure de la métropole et d’ainsi contribuer à son rayonnement culturel. S’inscrivant dans une programmation 2018-2019 audacieuse, Das Rheingold promet de faire vibrer tant les adeptes du fantastique que les mélomanes grâce à sa musique ensorcelante et à son histoire, où les dieux, géants, nains et nymphes se livrent une guerre sans merci.

«L’Opéra de Montréal propose une fois de plus un rendez-vous incontournable avec Das Rheingold, que nous mettons en scène pour la toute première fois à la compagnie. Les voix pouvant chanter Wagner sont très rares, car elles possèdent une puissance dramatique singulière et nous sommes fiers d’avoir réuni plusieurs des meilleures voix wagnériennes internationales et canadiennes, dont Ryan McKinny, qui a chanté récemment au Metropolitan Opera de New York et au réputé Festival de Bayreuth. Nous sommes très excités qu’il chante son premier Wotan avec nous!», de dire Patrick Corrigan, directeur général de l’Opéra de Montréal.

La distribution

Reconnu comme l’un des plus grands chanteurs wagnériens à travers le monde, le baryton-basse américain Ryan McKinny chantera son premier Wotan, rôle mythique au centre du Ring de Wagner, à l’Opéra de Montréal. Sa carrière l’a mené à chanter sur les plus grandes scènes du monde, du Metropolitan Opera au Festival de Bayreuth, où les critiques ont remarqué sa « voix d’où coule l’or » et sa « présence irrésistible » (Opera News, Wall Street Journal). Il mènera une distribution réunissant également quatre voix masculines rayonnant toutes au Metropolitan Opera : le baryton-basse « stentorien » Nathan Berg (San Diego Story), la basse « surhumaine » Soloman Howard (Denver Post) dans le rôle de Fafner, la basse américaine Julian Close dans le rôle de Fasolt et le ténor américain David Cangelosi dans le rôle de Mime. Encore une fois, des chanteuses formées à l’Atelier lyrique s’illustreront dans les rôles féminins : Aidan Ferguson (Fricka), Caroline Bleau (Freia), Catherine Daniel (Erda), Andrea Núñez (Woglinde) et Florence Bourget (Wellgunde). Finalement, se joindront également à eux des chanteurs canadiens, la plupart applaudis à Montréal dans les dernières années : Gregory Dahl (Donner), Roger Honeywell (Loge), Steeve Michaud (Froh) et Carolyn Sproule (Flosshilde), qui a brillé dans Rigoletto en ouverture de saison.

Brian Staufenbiel a créé une mise en scène et scénographie saluée « à tous les points de vue » lors de sa première au Minnesota Opera (BachTrack). Il retrouvera son complice le chef américain Michael Christie, l’un des chefs américains les plus en vue du moment, qui dirigera l’Orchestre métropolitain, augmenté à 81 musiciens. Cet orchestre se taille d’ailleurs une place à l’échelle internationale dans la musique de Wagner, notamment grâce au leadership de son directeur musical Yannick Nézet-Séguin.

L’histoire : avidité et corruption

D’un côté, le nain Alberich, rejeté et humilié par les envoûtantes filles du Rhin, renonce à l’amour et leur dérobe leur précieux trésor (l’or du Rhin) pour en façonner un anneau qui lui permet de dominer le peuple souterrain des Nibelungen et d’amasser des richesses sans cesse. De l’autre, les dieux se font construire un palais par les géants sans vouloir leur payer le prix promis. Ils décident alors de voler l’anneau et l’or d’Alberich pour payer les géants, mais Alberich maudit l’anneau et tous ceux qui le posséderont. Dans ce prologue à la tétralogie, nous voyons différents personnages, poussés chacun à leur manière par l’avidité et la soif du pouvoir, provoquer une série d’événements qui mèneront à la fin du monde tels qu’ils le connaissent…

Une œuvre révolutionnaire sur tous les plans

Richard Wagner entame une première ébauche de l’histoire de la tétralogie en 1848, alors qu’une série de révolutions secouaient l’Europe. Très impliqué politiquement et engagé dans ces révoltes, le compositeur a dû fuir l’Allemagne en 1849 pour n’avoir le droit d’y retourner qu’en 1862: il a donc rédigé et composé une grande partie de sa tétralogie en exil. Les idéaux politiques de Wagner étaient inséparables de ses idéaux esthétiques: selon lui, seul l’art pouvait permettre l’émancipation de l’espèce humaine, et surtout l’opéra, qui combinait toutes les formes d’art. C’est ainsi que pendant qu’il rédigeait les livrets du Ring, il rédigeait aussi des ouvrages qui ont par la suire révolutionné l’histoire de l’opéra (Oper und Drama, 1851 et Das Kunstwerk der Zukunft ou L’œuvre d’art de l’avenir, 1849), dans lesquels Wagner présente sa vision pour l’opéra du futur comme « Gesamtkunstwerk » (« œuvre d’art totale »), où tous les arts (musique, poésie, danse, architecture et peinture) se réuniraient et œuvreraient ensemble, comme ils l’auraient fait dans le théâtre grec de l’Antiquité.

Das Rheingold est donc non seulement le fruit d’une révolution politique, mais aussi celui d’une révolution esthétique. En effet, c’est le premier opéra où Wagner essaie d’appliquer systématiquement ses nouvelles idées, avec un résultat d’une grande puissance : le chant est complètement intégré à l’action et l’orchestre n’a plus le rôle d’accompagner la voix mais participe activement au drame, par l’emploi de leitmotivs. Les innovations de Wagner s’étendent aussi à l’orchestre, qu’il a énormément développé et agrandi. Pour sa tétralogie, Wagner requiert soixante-quatre instruments à cordes, il quadruple le nombre d’instruments à vent et développe énormément la section des cuivres. Wagner a poussé ce développement de l’orchestre jusqu’à y intégrer un nouvel instrument, appelé le « tuba wagnérien », qui avait pour fonction de faire le pont entre les trombones et les cors. Il inclut aussi des instruments employés généralement pour des fanfares militaires dans son orchestre, tels les trompettes basses et les trombones contrebasse. Enfin, il développe aussi la section des percussions, en effet, la partition d’orchestre de Das Rheingold demande, entre autres, la présence de dix-huit enclumes.

La force de Das Rheingold provient donc de la puissante combinaison d’une énergie révolutionnaire, d’une transformation esthétique de l’opéra comme genre mettant le drame au centre et du développement des sonorités de l’orchestre, accordant une place de premier plan à la section des cuivres, qui entonnent des leitmotivs à glacer le sang (comme celui de la malédiction de l’anneau). La nouvelle vision de l’opéra comme synthèse des arts et l’application en musique que Wagner en a faite dans Das Rheingold a profondément transformé l’opéra tel qu’on le connaît : Das Rheingold est une œuvre révolutionnaire à tous les niveaux.

Das Rheingold

Présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Les 10, 13, 15 et 17 novembre 2018 à 19h30

Genre : Vorabend (première soirée) de la tétralogie Der Ring des Nibelungen (L’anneau du Nibelung)
Structure : 4 scènes
Langue : en allemand avec surtitres français et anglais
Livret : Richard Wagner
Création : Munich, Königliches Hof- und Nationaltheater, le 22 septembre 1869
Production : Minnesota Opera
Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : 2000 (version concert) / Première mise en scène à la compagnie

Photo : Cory Weaver

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