Critique du spectacle de Arcade Fire à Montréal le 13 mai 2007

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Pour son deuxième arrêt à Montréal depuis le début de sa tournée Neon Bible, Arcade Fire nous préparait à un spectacle moins intimiste que ceux de février dernier (Londres, Montréal, New York) présentés dans un contexte d'église qui a inspiré les plus récentes compositions.

On s'attendait en revanche à une performance mieux rodée et à un retour en forme du leader Wim Butler, qui se remettait d'une chirurgie invalidante aux sinus. Quant au choix de l'Arena Maurice-Richard, tous, des plus jeunes fans aux tout de même nombreux quadragénaires, anticipaient le pire.

A l'arrivée, surprise ! On vend des billets à la porte, sans doute pour mater l'exercice de revente. Il restait donc des billets...Ce qui a finalement amené le groupe à se produire dans une salle qui n'était pas remplie à pleine capacité, fait tout à fait particulier pour un événement de cette envergure. Et ce qui n'allait certainement pas contribuer à feutrer les retours de son.

Oui, le son était pourri, surtout pour ceux qui se retrouvaient vers l'arrière, moins pour ceux qui se sont dirigés vers les côtés. Le spectacle, lui, était saisissant, lumineux, époustouflant! Les témoins ont eu droit à la liste quasi-complète des pièces des albums Funeral et Neon Bible, toutes bien servies par un extraordinaire talent. Il est renversant d'assister à la conjugaison d'une parfaite maitrise et de dynamisme débridé au sein de cette jubilante bande de 9 musiciens, surtout pour des chansons aussi inhabituelles.

Plusieurs des pièces de Neon Bible prennent tout leur sens en spectacle, puisqu'il faut admettre que l'écoute de ce dernier album est un peu moins accessible que pour le précédent. Parmi celles-ci, The Well and the Lighthouse, Intervention et surtout No Cars Go et My Body is a Cage, s'épanouissaient parfaitement sur scène, alors que Ocean of Noise laissait plus indifférent et Black Mirror était presque inaudible.

La foule devenait particulièrement animée lors des chansons mieux connues de l'album Funeral, ce qui était à prévoir, et entonnait joyeusement ses airs.
Cela servait plutôt bien les canons Neighborhood , Neighborhood et Wake up.

Si ce n'était que de la qualité du son, l'interprétation de Neighborhood et Crown of Love aurait été impeccable. La version de la pièce Haiti entonnée par la jolie Régine s'est aussi avérée beaucoup plus intéressante que l'originale. Bref, rien à redire de l'exécution, mais le toit de l'aréna n'a pas levé, malgré toutes les intentions de la bande à Wim de nous convier à ce miracle, parce que dans cette enceinte, personne n'arrive à soulever les âmes comme peuvent le faire les dieux du hockey.

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