CRITIQUE - Dédé à travers les brumes: la consécration de Sébastien Ricard

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Le film Dédé à travers les brumes, de Jean-Philippe Duval, consacre Sébastien Ricard, acteur et chanteur bien connu au Québec. Il consacre son statut de valeur sûre, spn intégrité artistique et son talent extraordinaire. On connaissait déjà le Sébastien Ricard, le chanteur Batlam dans les Loco Locass; le beau Sébastien Ricard qui joue au théâtre et celui qui a joué dans la série Tabou à TVA ou encore Les hauts et les bas de Sophie Paquin.

Ce qu'on découvre ici dans Dédé, ou plutôt ce qu'on ne fait que confirmer est que Ricard est un des plus grands acteurs et chanteurs du Québec, sans conteste. Son intensité dans Dédé, son implication émotionnelle et son jeu lui-même font de ce film un des meilleurs de l'histoire du Québec, sinon des 15-20 dernières années. En plus de jouer, n'oublions pas que Ricard chante l'oeuvre des Colocs comme Dédé, avec inspiration, humlité, profondeur et charme.

J'ai eu la chance de voir le film deux fois, et, la deuxième fois passe encore mieux que la première parce qu'on remarque les petits détails et qu'on est plus attentif. Mon opinion du film a donc été confortée et confirmée. La réaction folle du public lors de la première de lundi dernier (ovation debout spontanée et longue, joyeux délire) m'indiquent aussi que les cinéphiles vont adopter le Dédé de Sébastien Ricard.

En effet, Ricard fait de ce long-métrage un film d'une émotion rare où la musique des Colocs s'entremêle à l'histoire du Québec. En plus d'être un film personnel, Jean-Philippe Duval en a fait un film politique où les convictions souverainistes de Dédé sont exposées.

Sébastien Ricard est si troublant dans sa ressemblance avec André Dédé Fortin qu'on en vient à oublier qui il est vraiment. Au-delà du mimétisme et du fait qu'il était déjà chanteur, Ricard est tout à fait crédible dans ce rôle. Il est donc au sommet de son art et de sa carrière, pour le moment. Ce n'est donc qu'un début.

Au delà de la performance de Ricard, la direction photo de Jean-Pierre Trudel fait toute la différence. C'est une direction photo hallucinante, avant-gardiste et intimiste.

Il faut aussi souligner les excellentes animations de Julien Demers-Arsenault et son équipe, qui ont passé plus de 11 mois à travailler des animations de type ONF mais aussi genre bande dessinée, qu'on pense à cette arrivée de Dédé à Montréal en 1985 où l'autobus est juché sur un bâton de Pop-Sicle et que la ville de Montréal se défile derrière lui grâce aux animations par ordinateur.

Quelques bémols: le film de 2h10 comporte des longueurs et les simagrées de Yan Rompré font quasiment passer Mononc' Serge pour un débile. Mais c'est tout.

Sinon, on ne peut que féliciter Roger Frappier, le producteur pour l'idée d'un film sur Dédé et son band Les Colocs. Avec du recul (on se rend compte que le temps a passé très vite depuis les années 1990), cette oeuvre de Duval nous montre que les Colocs ont ouvert la voie à bien des groupes francophones au Québec et que le Québec n'a pas encore accompli ce destin.

Dédé à travers les brumes est un grand film, à l'image du Québec qui aurait pu être un grand pays s'il s'était dit OUI au référendum de 1995. L'histoire politique du Québec est donc au coeur de ce long-métrage, que ce soit le référendum de 1995 ou encore la déprime post-référendaire des années 1980.

Cote: 4,5 sur 5

P.S. Le film sort en salle vendredi le 13 mars et la bande sonore est déjà en vente depuis le 3 mars. Cette bande sonore, réussie grâce à la réalisation de Éloi Painchaud et le talent extraordinaire de Sébastien Ricard, en vaut vraiment la peine. Je ne comprends pas d'ailleurs la controverse au sujet de cette initiative, qui bonifie le film et rend hommage aux Colocs.

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