Critique de l'exposition « Dualité » du collectif Paradoxe - Présentée à Québec jusqu'au 5 avril

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Le collectif Paradoxe, composé actuellement de Céline Bonneville, Cécile Gosselin, Danielle Désilets et Hélène Gamache, quatre artistes de la région de la Capitale-Nationale, présentait «Dualité», une exposition qui se déroule du 19 mars au 5 avril 2009 à la Galerie du Tracel (Centre d’art Maison Blanchette) située au 4187, Côte de Cap-Rouge à Québec (Canada).

« Dualité » offre un couple d’opposés où abstrait et figuratif s’affrontent dans un duel équilibré. L’exposition est donc présentée sous le signe de l’opposition, du conflit et de la réflexion. Ambivalences et dédoublements ont permis de faire germer une évolution créatrice qui a fait ressortir des œuvres telles que :

« Tout s’étale dans le bleu », « Il est beau » et « Duo » de Céline Bonneville; un ensemble de trois pièces qui s’harmonisent en bleu et jaune, couleurs que l’on retrouve également dans un espace nature de 30 x 30 pouces. L’artiste de Charny privilégie les techniques mixtes et présente pour l’occasion un dualisme aussi fondamental que le chaud et le froid. Une image double dans une symbolique de couleurs qui renforce la valeur de l’image en la dédoublant.

« A l’ombre d’elle-même », une œuvre de Cécile Gosselin avec grille de métal perforé exprime avec des œuvres texturées en fond et surface un antagonisme certain par rapport à d’autres œuvres plus lisses. Les tons chauds arrondissent les angles et le jeu de lumière et d’ombre soulignent les perspectives. « Le grand départ », techniques mixtes de 24 x 36 pouces mérite une mention particulière pour son étonnant mouvement ondulatoire qui rappelle une mer agitée dans laquelle l’équilibre des masses est respectée.

« Marche » et « Repos » de Danielle Désilets, deux acryliques et métal sur bois de 12 x 12 pouces, s’opposent tout en étant complémentaires. Il y a dans la rivalité des titres une réciprocité étonnante. Les œuvres avec des mots inscrits s’intègrent dans la réflexion du visiteur. « Lumière et ombre », « L’œuf ou la poule ? », « Dedans dehors », etc. sont des titres évocateurs sur le thème proposé.

« Et si le verbe s’est fait chair », une installation de Hélène Gamache de Sainte-Foy, qui mérite aussi une mention particulière, coule comme une source d’inspiration dans cette exposition. La symbolique de la dualité se rencontre également dans les titres évocateurs de « La vie à deux », «Unique, multiple », « Parties » et « Le tout », etc. « Intérieur » et « Extérieur », des acryliques de 16 x 20 pouces, forment un duo (sans pour autant parler de diptyque) très intéressant. On y retrouve également des présences et des absences, toutes en techniques mixtes ; médium souvent laissé dans l’ombre mais qui était mis en lumière pour l’occasion chez ces quatre artistes.

Lors du vernissage de ce 19 mars 2009, il était rafraîchissant d’y voir des éléments très contemporains, à la limite du conceptuel, de l’abstraction pure où le mouvement spontané faisait un pied de nez à un figuratif largement dominant au Québec. Le nombre deux symbolise le dualisme sur lequel repose toute dialectique, tout effort, tout combat, tout mouvement et tout progrès. La division est le principe de la multiplication, aussi bien que de la synthèse. Dans cette exposition, cette dualité est multipliée par deux, pour former un carré de quatre artistes; un carré artistique limité, mais paradoxalement illimité puisque l’art n’a pas de limite ni de frontière.

L’exposition se poursuit jusqu’au 5 avril 2009.

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