Coriolan de Shakespeare au TNM - Des supplémentaires jusqu'au 17 février

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«Coriolan» de Shakespeare au TNM - Des supplémentaires jusqu'au 17 février

Après le succès phénoménal de 887, un solo autobiographique présenté sur notre scène en 2016 et dont 15 nouvelles supplémentaires étaient proposées en octobre dernier, Robert Lepage revient au TNM avec son magistral Coriolan de Shakespeare, dont la version originale au Festival de Stratford 2018 a été acclamée par le public et les critiques. Cette épopée historique et politique interroge les rapports de pouvoir entre une aristocratie et un peuple méprisé. Dans le rôle-titre, le puissant Alexandre Goyette est entouré d’une quinzaine d’actrices et d’acteurs, dont Anne-Marie Cadieux et Rémy Girard. Une tragédie romaine génialement réinventée en un spectacle des plus contemporains, conçu et réalisé par un grand maître de la scène.

Une production spectaculaire

Redoutable chef de guerre, Caius Marcius défait les Volsques, ennemis des Romains, à Corioles et, en remerciement de ses glorieux exploits, reçoit le nom de Coriolan. Sa mère, Volumnia, a de grandes ambitions pour lui et le pousse à se présenter pour être élu consul. Mais Coriolan, prétentieux et arrogant, méprise les gens du peuple et refuse d’avoir à les séduire pour obtenir leur vote. Fort de son pouvoir, l’inflexible Marcius néglige que théâtre et politique vont de pair, que séduction rime avec élection, et cela causera sa perte. À travers cette intrigue, Shakespeare nous parle de nous, en dressant un portrait sans complaisance d’une société où s’affrontent les idéologies les plus diverses, de la démagogie à la tyrannie. Instabilité, crise, lutte des classes, corruption… Avec des propos d’une brûlante actualité, la pièce pose la question du comment vivre ensemble quand on est différents. Comment la démocratie peut-elle survivre dans un système républicain? La résonance avec nos sociétés d’aujourd’hui est on ne peut plus claire.

La mise en scène de Lepage, éblouissante, se joue du temps et des lieux. À l’aide d’effets spéciaux et de projections technologiques, il déplace l’action pour mieux en cerner le sens. Ainsi, le forum romain devient une ligne ouverte radiophonique, certains personnages communiquent par textos, projetés en fond de scène. Un spectacle saisissant qui témoigne de l’extraordinaire inventivité du metteur en scène.

Pour l’amour de Shakespeare

Robert Lepage entretient avec Shakespeare une relation privilégiée. Sans cesse, il revient aux pièces du célèbre dramaturge, qui sont pour lui les racines lui permettant de créer un théâtre contemporain ancré dans son époque. Sa première mise en scène de Coriolan, une création du Théâtre Repère où les femmes tenaient les rôles masculins, remonte à 1983. Dix ans plus tard, Lepage présente une trilogie regroupant Macbeth, La Tempête et Coriolan, au Festival TransAmériques, dans la langue directe et sans fioritures de l’auteur Michel Garneau, une oeuvre qui marquera les mémoires.

Au printemps 2018, Lepage est invité pour la première fois au Festival de Stratford, où il crée Coriolanus, avec une équipe d’acteurs anglophones. Le spectacle est acclamé, les critiques des médias canadiens et américains sont dithyrambiques. Grâce à la collaboration entre le TNM, le Festival de Stratford et Ex Machina, c’est cette même mise en scène qui est présentée, avec une distribution québécoise, dans la célèbre « tradaptation » de Michel Garneau qui, il y a plus de vingt ans, a marqué l’imaginaire.

Des personnages plus grands que nature

Guerrier poétique et héros faillible, Coriolan est un personnage complexe à interpréter, un premier grand rôle au TNM à la démesure du bouillant Alexandre Goyette. À ses côtés, Anne-Marie Cadieux retrouve le personnage de Volumnia, qu’elle jouait déjà dans la version de 1993. De cette mère volontaire et manipulatrice, elle possède la fougue et la passion. Rémy Girard, au talent immense, est Ménénius, l’ami de Coriolan. Autour de ce solide trio, l’imposante distribution réunit des interprètes de tous âges et de toutes origines, de jeunes artistes talentueux côtoyant les plus aguerris.

L’équipe de concepteurs est pilotée par Steve Blanchet, responsable de la création d’images pour Le Moulin à images, la pièce 887 ou encore le projet de réalité virtuelle La Bibliothèque, la nuit. Autre complice de longue date, Laurent Routhier est un concepteur d’éclairages spécialisé dans les spectacles à grand déploiement. Allégorie politique, drame humain, réflexion sur le pouvoir et la manipulation, Coriolan est une pièce aux nombreuses lectures, toutes plus passionnantes les unes que les autres, magnifiées par la vision et les images de Robert Lepage. Un moment de théâtre exceptionnel.

L’équipe de création

Conception du décor : Robert Lepage
Conception et direction de création : Steve Blanchet
Co-conception du décor et des accessoires : Ariane Sauvé
Musique et conception sonore : Antoine Bédard
Conception des éclairages : Laurent Routhier
Conception des images : Pedro Pires
Costumes : Mara Gottler
Maquillages : Jacques-Lee Pelletier
Perruques : Rachel Tremblay
Assistance à la mise en scène : Adèle Saint-Amand

Coriolan de Shakespeare

Traduction et adaptation : Michel Garneau
Mise en scène : Robert Lepage
Production Théâtre du Nouveau monde
Production originale du Festival de Stratford 2018
Créée en collaboration avec Ex Machina

Du 15 janvier au 9 février 2019

Supplémentaires
Du 10 au 16 février
Mardi 19h30
Mercredi au vendredi 20h
Samedi 15h et 20h

Réservations
https://www.tnm.qc.ca
514.866.8668

Soirées médiatiques
Jeudi 17 janvier à 20h
Vendredi 18 janvier à 20h

Le TNM dialogue

Pour appréhender la grandeur de Shakespeare, il faut comprendre qu’il était d’abord et avant tout un homme de théâtre. Certes, il était porté par son génie individuel, mais ce génie n’a pu se développer que dans le contexte historique, culturel et théâtral de son milieu : l’Angleterre sous le règne d’Élisabeth 1re. Ainsi, on explorera en quoi le théâtre de Shakespeare est façonné par la nouvelle conception de l’être humain qui se développe à la fin du 16e siècle, l’ascension de l’Angleterre au sein de l’Europe, l’architecture unique des théâtres élisabéthains et les formes théâtrales de son temps. On s’attardera sur les tragédies romaines de l’auteur, en particulier Coriolan.

Shakespeare, homme de théâtre - Conférence en deux temps de Paul Lefebvre

1re partie
Mardi 15 janvier de 13h30 à 15h30

2e partie
Mardi 22 janvier de 13h30 à 15h30

Auditorium BAnQ / Vieux Montréal
535 avenue Viger Est

En collaboration avec les Belles soirées de l’Université de Montréal
https://bellessoirees.umontreal.ca