CNN lance son fil de presse, CNN Wire, pour concurrencer AP aux États-Unis

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CNN prévoit de lancer un fil de presse qui concurrencerait directement AP et les autres agences. Mon livre "Le village CNN" a déjà abordé cette question en 1997 et on me pose des questions aujourd'hui à ce sujet. Le projet de CNN
va-t-il voir le jour ? Est-ce une bonne affaire pour la presse américaine en crise ? Qu'en est-il au Canada ?

Oui, je pense que le le projet va voir le jour car CNN est déjà bien avancé et sérieux à ce suet. CNN s'est désabonné de Reuters (sauvant ainsi 1 million $ de dépenses annuelles) et a embauché pas mal de personnel afin de lancer ce service qui compte déjà des abonnés aux USA et au Canada. Le fil CNN est surtout une réécriture des topos des journalistes de CNN et ne propose pas de multiples sujets sur tous les pays comme AP, AFP, Reuters et Bloomberg.

C'est donc un fil de presse assez incomplet et limité, et surtout axé sur les États-Unis, car CNN a peu de bureaux dans le monde (sauf dans les grandes villes), au contraire des agences de presse mondiales qui sont partout. Mais ce fil info ne cooûte pas cher et couvre tous les grands sujets du jour dans le monde et aux États-Unis.

C'est sûr que le CNN Wire frappe AP de plein fouet et répond aussi à un besoin. N'oublions pas que AP n'avait pas de concurrent américain depuis le milieu des années 1980, avec la disparition de UPI. AP et en crise, une très grave crise, avec une série de désabonnements massifs en 2008 et 2009, mais elle a récemment réduit ses tarifs, amélioré sa couverture américaine, réduit ses coûts et fait des licenciements.

AP s'est aussi beaucoup diversifiée au plan des nouvelles technologies (nouvelles sur les portables, service télé, services à la carte, etc) donc l'agence devrait survivre. Mais la concurrence est saine et les journaux américains en crise vont profiter de cette deuxième source d'information internationale et nationale, qui est plus sélective dans le choix de ses nouvelles et qui répond mieux à leurs besoins en termes de coûts.

Pour le Canada, l'impact est minime pour le Canada car seulement les réseaux de télévision nationaux y sont abonnés. Mais le feedback est mitigé aussi: le service est uniquement offert en anglais et le nombre de sujets traité sur le fil est encore trop petit pour justifier un abonnement permanent.

Patrick White

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