Chet Doxas : un aparté tout simplement percutant !

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Dans le cadre du Festival d’été de Québec, Le Largo propose en ce moment un programme jazz on ne peut plus intéressant. Pour les amateurs du genre, c’est un passage obligé. Hier soir, il nous a été donné d’assister à un spectacle tout à fait mémorable. Chet Doxas et ses musiciens ont livré une performance musicale qui ne nous fait aucunement regretter ce choix de sortie.

Flanqué de son frangin Jim Doxas aux percussions, de Morgan Moore à la contrebasse et Benoît Charest à la guitare, le saxophoniste montréalais sait décidément s’entourer! Si Jim Doxas accompagne Oliver Jones en tournée et cumule les statuettes comme compositeur et percussionniste (Oscar, Grammy, Juno, Felix, etc.), Benoît Charest, quant à lui, a fait sa réputation au Québec comme guitariste de jazz surdoué pour ensuite devenir le compositeur de musique de film que l’on sait (Les triplettes de Belleville).

D’emblée, les puissantes percussions de Jim Doxas ont sonné le coup d’envoi et, par le fait même, exhibé le menu de la soirée : intensité, intensité et intensité. Des échangent complices entre les musiciens ont eu lieu tout au long du parcours jazz de deux heures. D’un côté, Charest a exécuté avec brio des solos improvisés à la guitare, nous dévoilant combien l’étendue de la palette du compositeur de musique de film est incroyable. De l’autre, Jim Doxas livrait bataille sur ses percussions sans jamais étouffer l’ensemble. Si la contrebasse semblait parfois tenue à l’écart, n’empêche, Moore apportait une touche de finesse qui adoucissait l’ensemble. Sinon, Chet Doxas a rivalisé d’intensité sur chaque pièce. Il aura livré ses compositions en liant sensibilité et virtuosité, révélant du coup combien extrêmement talentueux est ce saxophoniste québécois.

C’est sans conteste la pièce For Jim, dédiée à son frère, qui nous a le plus touchées. Les envolées lyriques époustouflantes du sax de Chet, les élans à l’improvisation de Ben Charest – qui ne finissaient plus de nous impressionner –, ou tout simplement l’aspect ver d’oreille du chorus, va savoir. On a aimé.

Ben Charest a clôturé le concert en tirant le solo dans tous les sens, passant du jazz au blues comme on saute d’une rive à l’autre du fleuve sans jamais perdre l’équilibre : tout a fait magistral. Possiblement un des meilleurs guitaristes jazz qu’il nous a été donné d’apprécier récemment à Québec.

Au final : on en redemande. On achète le premier disque de Chet Doxas intitulé Big Sky et paru chez Justin Time en 2009. On surveille les programmations en salle pour renouer avec le quartet montréalais. Surtout, on retourne au Largo demain, à 20 h 30, pour assister au concert du Trio James Gelfand, il sera accompagné par… Jim Doxas à la batterie et Morgan Moore à la contrebasse. Tiens donc.

Michaël Lachance, collaborateur à Québec pour patwhite.com (lachance.michael@videotron.ca)

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