Chaos organisé à La Chapelle : Jack Udashkin livre une dernière saison éclectique

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La rentrée 2015 s’annonce haute en couleurs à La Chapelle. Cette ultime saison préparée par Jack Udashkin prouve que ce dernier n’a pas pris une ride quand vient le temps de dynamiser la scène montréalaise : cirque, danse, théâtre, marionnettes, contes et formes hybrides insaisissables formeront une courtepointe des plus bigarrée au 3700 rue Saint-Dominique.

Udashkin démarre la saison 15-16 en trombe avec un festival de 4 semaines. Présenté comme un condensé de propositions artistiques sans compromis, le Festival Grand CRU invite le public à découvrir en rafale 7 œuvres distinctes. Le corps y est abordé depuis des perspectives aussi fines que provocantes : du vogueing de Gérard Reyes à la contorsion d’Andréane Leclerc; du cirque anarchique des Productions Carmagnole aux sports de combat de Jocelyn Pelletier; de l’approche performative de Or Cirque au regard de Daina Ashbee sur le vécu des femmes autochtones. Du 8 septembre au 3 octobre, le festival sera un marathon incisif.

La saison régulière se poursuit dès le 20 octobre « à la manière de » La Chapelle : 11 premières mondiales, des cartes blanches tous azimut et une place prépondérante aux artistes émergents d’ici. Udashkin réserve également un espace d’expression nécessaire à des créateurs plus établis qui poursuivent le développement d’une parole artistique singulière. On compte parmi eux la compagnie Les songes turbulents qui présente 4.48 Psychose, un objet théâtral créé autour d’un texte de Sarah Kane. Cette collaboration entre Florent Siaud (Paris, France), Guillaume Corbeil et Sophie Cadieux (Montréal, Canada) promet un univers sensible et inquiétant.

Au printemps, La Chapelle présente un focus sur la création autochtone contemporaine, en parallèle du spectacle Agokwe du jeune torontois d’origine algonquine, Waawaate Fobister. L’événement intitulé KANIENKEHAKA (NOTRE TERRE) : FOCUS SUR LA CRÉATION CONTEMPORAINE DES PREMIÈRES NATIONS comprendra des expositions, des courts-métrages et des discussions mettant en valeur une nouvelle vague d’artistes autochtones.

Finalement, l’insatiable La Chapelle bonifie sa saison de 20 spectacles avec une série d’activités « en marge » : soirée de clôture du Festival Grand CRU, ateliers professionnels, journée de conférences en lien avec le spectacle de l’artiste Nicolas Berzi, spectacle de contes urbains avec Les Laissés Pour Contes et lecture-conférence de l’incontournable Christian Lapointe.

Comment résumer la dernière programmation de Jack Udashkin? Inclassable. Remplie de choix intuitifs et décomplexés. Reflet à la fois des contradictions et des lieux communs qui vibrent dans le milieu artistique en ce moment. Bref, la parole aux artistes dans un assemblage éclaté propre à La Chapelle.