Cendrillon, un opéra inespéré pour les amateurs d’humour

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23 mai 2010 - 12:30
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Le mois dernier, c’était Cendrillon sur glace. Cette fois-ci, c’est l’Opéra de Cendrillon. Est-ce que les organisateurs montréalais tentent de nous faire passer un message quant à la découverte de nos classiques? Pourtant, que de surprises à la salle Wilfrid Pelletier lorsque pour introduction, on se retrouve directement plongé dans les 50s américains avec un chef-d'œuvre d’Henri Calain entièrement revisité!

En fait, c’est un vrai plaisir de découvrir à nouveau ce fabuleux classique. Un retour en enfance grâce à cette création qui dit « STOP » au déjà-vu. Fini les châteaux, les carrosses et autres décors moyenâgeux! Tout l’électroménager y est et le labeur n’est plus le même que celui effectué par notre chère petite dans l’animation de Walt Disney. D’ailleurs, même si l’intrigue reste la même, Renaud Doucet, metteur en scène et chorégraphe, accompagné d’André Barbe pour les décors et les costumes, a pris la grande liberté de se permettre quelques impasses et extravagances. En vous donnant l’intrigue, on enlèverait le brio! Sachez tout de même que vous aurez droit à du popcorn…

Pour la distribution, voici les différentes pointures qui sont montées sur scène hier : la mezzo-soprano Julie Boulianne dans le rôle de Cendrillon; sa belle-mère Noëlla Huet (mezzo-soprano); son père Gaétan Laperrière (baryton); la fée soprano Marianne Lambert; le prince charmant Frédéric Antoun (ténor), et enfin les deux demi-sœurs Caroline Bleau (soprano), et Mireille Lebel (mezzo-soprano). Une majorité féminine qui fait surement bien l’affaire de cette création!

En effet, on tombe radicalement sous le charme de Julie Boulianne interprétant avec magie le rôle d’une Cendrillon tantôt dépressive, tantôt enjouée. Marianne Lambert arrive en deuxième position pour sa prestation à la fois technique et subtile d’une partition demandant une grande exigence au niveau des variations.

Pour ce qui est de l’interprétation, les demi-sœurs sont à mourir de rire grâce à une gestuelle décalée, mais aussi des costumes dont André Barbe a accentué le côté ridicule. Par contre, on reste un peu déçu des prestations masculines. De par son indisposition annoncée en début de spectacle, Frédéric Antoun interprète à mi-teinte un prince charmant las et désespéré (bien que la seconde partie soit nettement meilleure). Pour ce qui est de Gaétan Laperrière, l’interprétation est au rendez-vous, mais ce n’est qu’après l’entracte qu’il combine avec brio un père protecteur dont la voix sait se faire entendre. Une mention spéciale doit être accordée aux chœurs qui sont remarquablement incorporés dans cette création!

En résumé, un opéra à voir sans faute et recommandé plus particulièrement aux novices qui veulent découvrir ce monde féérique. Bravo encore une fois à la troupe de Cendrillon!

Cendrillon, un opéra présenté jusqu’au 3 juin 2010 à la salle Wilfrid Pelletier en français surtitré français et anglais.

Pour plus de renseignements : www.operademontreal.com

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