Cavalia, avis mitigé…

Début de l'événement: 

19 août 2010 - 19:25
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Mardi dernier, c’est sous le signe du cheval que nous nous sommes rendus au quartier Dix30 pour assister à la représentation de Cavalia. Succès mondial, le programme est particulièrement alléchant. Normand Latourelle, après avoir participé au développement du Cirque du Soleil, s’est lancé dans un projet pharaonique en regroupant dans une même troupe des dizaines de cavaliers et acrobates, accompagnés de 62 chevaux de race hispanique et arabe en grande majorité.

Exemple même de ce succès, tous les sièges du chapiteau sont occupés par une foule composée de familles et de groupes d’amis. On débute le spectacle avec quelques questions auxquelles le public doit répondre à main levée. Une très belle initiative qui permet d’informer le public sur le monde équestre tout en prenant le pouls de la salle (qui a d’ailleurs l’air excité). Puis le spectacle commence…

Le show est articulé sous trois thèmes principaux : le monde des Tsiganes, des légendes et des cowboys. À travers ces thématiques agencées de manière très aléatoire, on peut autant assister au travail du cheval en liberté qu’aux exercices montés mettant à l’épreuve l’agilité des cavaliers. Bien sûr, de nombreux acrobates et danseurs accompagnent chaque scène avec des numéros colorés.

À chaque thème, un numéro clef pour le public. Pour ce qui est de la thématique médiévale-féérique, le pas de deux et ses cavaliers accompagnés de danseuses volantes ainsi que le carrousel composé des dix chevaux blancs remportent un grand succès. Sous le thème tsigane-gitan, on sent la tension monter avec l’arrivée de cavaliers voltigeurs qui dirigent vaillamment deux à quatre chevaux tout en sautant des obstacles. Enfin pour la partie western, le public profite avec plaisir des acrobaties en ligne faites à cheval.

Comme vous pouvez le voir, les numéros sont variés et peuvent convenir à tous les gouts. Tous, sauf les miens et ceux de ma voisine… 15 ans d’équitation dans les jambes, à monter tous les jours mes chevaux dans un petit centre, ça laisse des traces. Cavalia a beau être un succès international, on se demande où se trouve l’art équestre. Car l’équitation, c’est un art! Les trois quarts des numéros qui ont été montrés sur scène peuvent être réalisés par un cavalier amateur…

En allant voir ce spectacle, on s’attend à voir des professionnels de la monte équestre. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. L’attitude des chevaux est laissée de côté pour mettre en valeur un aspect sensationnel assurément douteux. Pour ce qui est du dressage, l’attitude des chevaux est désastreuse. Rétifs, ouverts, sans engagement des postérieurs et sans équilibre, la plupart des cavaliers ne connaissent pas la mise sur la main. Même le cavalier principal qui possède un cheval aux très belles allures n’arrive pas à faire deux piaffés sans un coup de cul ou sans se faire embarquer au grand galop alors que l’exercice n’est pas terminé… C’est bien sûr sans compter les cavaliers qui partent à faux, le cheval qui s’arrête en plein milieu d’un exercice de voltige ou la dresseuse en liberté qui n’arrive pas à intéresser son cheval! Bref, on a le sentiment que la mise en scène a été spécialement installée pour masquer cet amateurisme…

Heureusement, un numéro coup de cœur a su mettre en valeur la complicité entre équidé et humain. L’échange entre SYLVIA ZERBINI et les chevaux est évident. Le respect et l’amour sont palpables alors que le travail effectué est d’une grande complexité. Merci de nous avoir fait partager un moment magique!

Si vous voulez découvrir le monde équin en compagnie de vos amis ou de votre famille, Cavalia est un spectacle à ne pas manquer. Pour le reste, vous le savez, je montre très vite sur mes grands chevaux…

Plus de renseignements sur : www.cavalia.net

Crédit photo: Alex Garcia

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