«Cabotins», pour l’amour du métier

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21 juillet 2010 - 00:05
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Le théâtre de variété sera à l’honneur dans la comédie de l’été «Cabotins», réalisé par Alain Desrochers d'après le scénario de Ian Lauzon, qui prendra d’assaut les cinémas québécois le 23 juillet prochain.

«Cabotins» relate l’histoire de Marcel Lajoie (Rémi Girard), sexagénaire, qui après voir connu une faste carrière en tant que comédien et producteur de variété se retrouve relégué aux oubliettes. Maintenant esseulé dans ses terres où il a l’habitude de lever le coude et de courir la galipette, il doit avaler le départ de sa femme et l'annonce d'une bancroute imminente pour cause de mauvais placements. Pour regagner sa propriété et son orgueil, il devra réunir ses anciens comparses de scène pour un ultime show de retrouvailles. Ceux-ci n’acceptent qu’à une seule condition, son fils Pedro, le clown triste amateur de théâtre contemporain avec qui il ne partage que le code génétique, et encore, devra faire parti de la distribution.

L’histoire se déroule donc en 1985 et met en vedette une pléiade de comédiens influencés par le théâtre de vaudeville qui a connu son âge d’or jadis au Québec. Parmi ceux-ci, on retrouve Yves Jaques qui incarne sans tabou le travesti morose à la langue déliée Lady Moon (largement inspiré par le personnage de Gilda), Dorothée Barryman qui interprète une Lucie sensible à l’humour indomptable, Gilles Renaud dans la peau de Roger, un crooner gominé à l’humour un peu salace, Guy Nadon, qui se transforme en Che Guevarra des matériaux de construction et finalement Gaston Lepage qui revêt pour l’occasion l’uniforme de Jérôme, un major d’homme distingué et dévoué à son patron, mais qui ne s’en laisse pas impressionner.

Se joigne à cette bande de comédiens chevronnés une distribution plus jeune qui accroit le fossé générationnel des mentalités et qui s’opposent chacun à leur façon au théâtre burlesque. Pedro, incarné par Pierre-François Legendre, tente par tous les moyens de sortir de l’ombre de son père le grand Marcel Lajoie, même si cela implique que pour vivre il devra se déguiser en clown de centre d’achat et faire les poches des personnes âgés.

Marie-Ève Milot interprète quant à elle une jeune femme qui regarde de haut tout ce qui à trait à l’art populaire, caressant le rêve de renter à l’École National de Théâtre pour jouer de «vraies œuvres intelligentes». Nul ne sait qu’elle écoute du Martine Saint-Clair en cachette! Louis Morissette incarne un banquier/maire de village rabat-joie et beige dont on se délecte de chaque apparition.

Ainsi, le réalisateur de la première saison de «Les Bougon: C'est aussi ça la vie»et de «Musée Eden» rend hommage aux artisans du théâtre burlesque en offrant entre autres un caméo à Gilles Tulipe qui apparaît en chauffeur de taxi conteur de gags en série. Le personnage de Rémi Girard offre aussi un clin d’œil au maître du genre Olivier Guimond en recréant la fameuse scène du soulon qui rentre tard le soir, accueilli par sa femme qui l'attend rouleau à pâte à la main.

Malgré quelques petites longueurs qu'on surmonte bien aisément, le film se rattrape en traitant sous un angle rafraîchissant la relation père/fils qui est fréquemment représentée au cinéma québécois. Rémi Girard et Pierre-François Legendre s'affronte avec brio et leur histoire saura certainement en rejoindre plus d'un.

En somme, tout comme on irait voir une pièce de théâtre d’été, on va voir «Cabotins» pour rire à gorge déployée devant un cabotinage assumé qui maîtrise parfaitement les règles du genre. On se laisse aussi émouvoir devant des personnages développés en profondeur qui nous font passer par une grande gamme d’émotions, sans pour autant sortir les violons.

Produit par Novem Communications et Les Films Christal, «Cabotins» prendra l'Affiche le 23 juillet 2010.

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