Cabaret Gainsbourg, dubitatif…

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Gainsbourg, c’est un personnage! Parfois il plait, parfois non.

C’est la même chose pour les créations qui lui sont dédiées à Montréal. Dans l’Homme à tête de chou (Jean-Claude Gallota / Bashung) présentée en mars dernier au Théâtre Maisonneuve, certains avaient salué un travail remarquable poussant le corps à ses limites et invitant le public à passer au-delà des images pour découvrir une œuvre brillante (http://patwhite.com/node/12241). D’autres ont préféré considérer cette création comme une illustration déplacée des textes de l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes français!

Pour le Cabaret Gainsbourg du Théâtre Pupulus Mordicus, c’est un peu la même impression. D’un côté, il y a les commentaires éclatés, décrivant cette pièce comme un chef d’œuvre rendant hommage au défunt artiste.

Et ils ont sûrement raison. Pour la première à la Cinquième Salle, le public a pu apprécier les 18 tableaux où quatre musiciens, un marionnettiste-dessinateur et une jeune chanteuse se sont jetés dans l’époque assez méconnu de son album Du Jazz dans le ravin, sans pour autant oublier les frasques des titres 69 Année érotique, Les sucettes, Conjugué au féminin plus-que-parfait… Musique live, ambiance cabaret, la troupe nous propose des tableaux à la fois farfelus et réfléchis, passant d’une peinture réalisée en début de prestation, jusqu’à des marionnettes en forme de pénis ou de « chaperonne » délurée, des poissons fluorescents, des claquettes, et des interprétations chantées. Le metteur en scène Martin Genest et ses acolytes jouent sur les métaphores, parfois d’un humour délirant, parfois d’une profonde réflexion, et mettent de l’avant cette opposition entre le beau et le laid, thématique prédominante chez l’illustre artiste.

Pourtant, en l’espace de 60 minutes, le Théâtre Pupulus Mordicus ne m’a pas convaincu. Les voix, l’agencement des tableaux, la plupart des numéros, j’ai souri au début puis me suis lassé assez vite. On ne retrouve pas l’élitisme français, le « je-m'en-foutisme » de l’auteur, celui qui caractérise toutes ses pièces, à la fois sensuelles et décalées. Avec le Cabaret Gainsbourg, on passe très vite aux conclusions et aux stéréotypes, sans prendre le temps de rentrer dans cet univers si particulier qui fait de Gainsbourg le sacro-saint d’une vie Bohême.

Ça arrive! Tentez votre chance. Ça se trouve, j’ai tout faux.

On se quitte sur les Sucettes à l’anis du Cabaret Gainsbourg :

Présenté jusqu’au 10 décembre prochain à la Cinquième Salle de La Place des Arts.

Plus de renseignements sur :
http://www.laplacedesarts.com/pda-famille/1655/cabaret-gainsbourg.fr.ht…

Crédit photo : Place des Arts