Bilan des États généraux du théâtre 2007

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Forts d’une participation exceptionnelle de 480 praticiens et membres de compagnies tant anglophones que francophones de Québec, Montréal, et des régions du Québec, d’associations d’artistes, d’associations de producteurs et d’associations de diffuseurs, de festivals, d’agents gouvernementaux, de membres des médias ainsi que de représentants du théâtre professionnel francophone hors Québec, les Seconds États généraux du théâtre professionnel québécois, qui se sont déroulés à Montréal du 17 au 20 octobre, marquent très certainement le début d’un renouveau pour le théâtre québécois.

« Pendant ce rassemblement capital, où tous les métiers du théâtre, toutes générations confondues, étaient représentés, il aura été permis de ratisser large, de discuter de mesures concrètes afin de mieux se projeter dans le 21e siècle, mais également de rêver, et de rêver grand », s’est réjoui Martin Faucher, président du Conseil québécois du théâtre (CQT) et du comité directeur de l’événement. « Cette rencontre a regonflé à bloc tous les participants. Nous avons posé des bases de travail solides à partir desquelles nous pourrons construire l’avenir. Un grand pas est désormais franchi pour le milieu du théâtre tout entier animé d’une nouvelle énergie », a estimé M. Faucher.

Cohésion et solidarité pour 74 propositions
Ces journées trépidantes ont fait ressortir la grande cohésion et l’esprit de solidarité d’un milieu qui avait besoin de faire le point, 25 ans après les premiers États généraux. Brassage d’idées, débats et échanges passionnés ont dominé des séances de travail intenses où tous ont eu l’occasion d’échanger leurs préoccupations afin de bien cerner les besoins réels du théâtre aujourd’hui ainsi que les axes d’intervention à prioriser.

À l’issue de ce processus de concertation, un impressionnant cahier de 74 propositions, dont 24 issues directement des ateliers, a été préparé. Les résolutions adoptées au terme d’une séance de 11 heures d’assemblée plénière, dégagent le fil conducteur d’un travail de fond qui sera entrepris par le nouveau conseil d’administration du Conseil québécois du théâtre pour identifier les priorités qui seront au cœur des actions du CQT dans les prochaines années.

Parmi les enjeux
Comment pratiquer pleinement le théâtre aujourd’hui? Comment améliorer sa diffusion nationale et internationale auprès des adultes et du jeune public, développer et mailler les réseaux de diffusion spécialisés en théâtre et les réseaux pluridisciplinaires ? Ce sont quelques-uns des enjeux dont ont discuté les participants. Les États généraux ont insisté sur l’urgence de mettre en place un filet de sécurité sociale pour les professionnels du théâtre, dont les conditions socio-économiques sont souvent précaires; de favoriser la recherche et l’écriture de nouvelles œuvres, soulignant ainsi le rôle essentiel de l’auteur dramatique dans le paysage social québécois; de mieux soutenir les grands festivals de théâtre afin de bien promouvoir les artistes d’ici sur la scène internationale, maintenir une émulation constante dans le milieu et assurer une réciprocité avec les partenaires étrangers.

Le théâtre, indissociable de notre identité
C’est véritablement de théâtre sous tous ses angles et dans toutes ses formes dont il a été question pendant ce rendez-vous où les participants ont ressenti la nécessité de réaffirmer la mission de leur art et la place qu’il occupe dans la collectivité. Espace de rêve et d’émotions, le théâtre constitue aussi un espace de réflexion et de dialogue privilégié entre les artistes et le public. Il contribue à éveiller les consciences et à faire avancer les idées. Il importe d’ancrer cet art davantage dans la réalité sociale québécoise.

Financement adéquat pour le théâtre
En pleine croissance et résolument tourné vers l’avenir, le milieu du théâtre traverse actuellement un tournant générationnel crucial dont il faut tenir compte. La génération qui a aujourd’hui 30 et 40 ans est particulièrement sous-financée. Pourtant, c’est à elle qu’incombe la responsabilité d’assurer la pérennité de la discipline. Il est primordial de favoriser la transmission des connaissances artistiques, administratives et techniques du théâtre tel qu’il est pratiqué ici, des artisans les plus expérimentés aux tous jeunes praticiens, des compagnies les plus établies aux compagnies faisant partie de l’émergence.

Comment assurer l’avenir de la relève ? Comment croître intelligemment ? L’évolution du théâtre professionnel québécois passe obligatoirement par l’évolution de son financement. Pour se développer à la hauteur de son fort potentiel et pour combler les attentes et les failles actuelles, le milieu théâtral québécois doit sensibiliser de toute urgence les bailleurs de fonds, tant publics que privés, aux enjeux auxquels il est confronté.

Mieux préparer l’avenir
Pour assurer la pérennité de la discipline et pallier les signes de plafonnement et d’essoufflement qu’elle manifeste, il faut profiter de la grande cohésion et de la solidarité qui règnent dans le milieu théâtral afin de casser dès maintenant le mode de fonctionnement « faire beaucoup avec peu », qui a été l’apanage du théâtre québécois ces dernières décennies. En un mot, mieux préparer l’avenir, tel est le leitmotiv de ces Seconds États généraux.

Après le dépôt du rapport final de ces Seconds États généraux en décembre prochain, dans lequel des priorités auront été ciblées par son conseil d’administration, le CQT veillera à la mise en œuvre du cahier de charges imposant qui a résulté de ces États généraux. Les défis à relever sont énormes. Mais on peut affirmer sans crainte que, galvanisés par ces trois journées, les professionnels du théâtre, plus solidaires et plus stimulés que jamais, ont l’espoir de voir se réaliser « Le théâtre plus que jamais » !

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