Beauté Fatale, un documentaire qui décortique le mythe de la beauté féminine

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Les 9 et 10 décembre à 21 h, Télé-Québec diffusera Beauté fatale; une véritable recherche personnelle de Léa Clermont-Dion sur notre obsession collective – et même parfois maladive – pour la beauté et la jeunesse. Au coeur de ce documentaire en deux parties du réalisateur André St-Pierre, on suit intimement la jeune femme, co-instigatrice de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, alors qu’elle rencontre des personnes qui ont souffert de la dictature du miroir et sont parfois allées jusqu’à la chirurgie esthétique. On la voit aussi alors qu’elle questionne des experts, plonge dans des situations inattendues et relève nos paradoxes et nos contradictions.

« Quand je fais une recherche sur Google et que je tape “beauté”, ce que je vois ce sont des femmes retouchées, maquillées, minces [...] Ça fait plusieurs années que je m’intéresse à ce sujet, et je suis arrivée à la conclusion qu’il y avait un modèle unique qu’on nous imposait. Dix ans plus tard, je me rends compte que ça n’a pas changé. » — Léa Clermont-Dion

Sur Twitter, Léa Clermont-Dion (@LaClermont) ainsi que le producteur Guillaume Lespérance (@glesperance) participeront à la discussion suscitée par la diffusion de Beauté fatale, les 9 et 10 décembre dès 21 h. On pourra suivre la conversation avec le mot-clic #beautéfatale.

Partie 1 : Jouer à la poupée (9 décembre à 21 h)

Jusqu’où peuvent nous mener la quête de la beauté et le désir de plaire? Léa mène son enquête, revenant sur une période sombre de sa vie : l’époque où elle a souffert d’anorexie. Elle en discute notamment avec sa mère, qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. Elle rencontre également d’autres femmes qui ont, elles aussi, souffert de leur rapport à l’image.

« Quand on parle d’anorexie, de boulimie, on pense aux jeunes adolescentes et aux femmes de 20 ans. Mais à 40 ans, on peut être presque aussi obsédées [...] Moi, c’est de l’orthorexie : la peur de grossir... » — Mitsou

Léa fait aussi une incursion dans une boîte de nuit, en plus de rencontrer des mannequins et d’ex-détenues pour comprendre le rôle et l’impact de la beauté dans ces différents milieux.

« En pub, on joue beaucoup sur la faible estime de soi. On fait sentir les femmes coupables d’être en manque de quelque chose pour qu’elles achètent le produit. »— Louise Dugas, ex-rédactrice en chef du Elle Québec

Partie 2 : Date de péremption (10 décembre à 21 h)

Peut-on vieillir sereinement dans un monde obsédé par la jeunesse? Avons-nous le droit de juger celles qui ont recours à la chirurgie esthétique? Léa s’intéresse au culte de la jeunesse en rencontrant des femmes qui cherchent à s’affranchir de la tyrannie de l’image imposée par l’industrie de la beauté. Elle discute du poids des apparences avec les comédiennes Micheline Lanctôt, Valérie Blais, Léane Labrèche-Dor et Marie-Chantal Perron, et du fait de vieillir devant la caméra avec Claire Lamarche.

« On est dans une société hyper hypocrite parce que les gens sont souvent outrés quand on a eu recours à [la chirurgie esthétique] et en même temps, il faudrait que personne ne vieillisse. Ça n’a pas de sens! » — Marie-Chantale Perron

Léa s’intéresse aussi aux changements corporels qui surviennent au moment de la grossesse et après avec ses amies mamans, Jacinthe Laporte et Mélissa-Maya Falkenberg, en plus d’explorer les coulisses de l’industrie des cosmétiques, un marché gigantesque qui représente mondialement 382 milliards de dollars! Richard Morin et Mélissa Harvey, de la petite compagnie québécoise ZORAH biocosmétiques, ont accepté de répondre aux questions de Léa. Il s’agit d’ailleurs de la seule entreprise de cosmétiques à avoir accepté de la recevoir dans ses laboratoires!

Beauté fatale met en lumière la propension grandissante de la société à faire appel aux « corrections » esthétiques. Selon la Société internationale de chirurgie plastique et esthétique, environ 55 800 injections de Botox avaient été réalisées en 2010 au Canada seulement! Confrontée à un chiffre aussi impressionnant, Léa réagit en faisant une incursion chez Spa Barbibelle, dans un Botox party ainsi qu’à l’Institut canadien de chirurgie esthétique, où elle approfondi le sujet des interventions esthétiques. Elle va même jusqu’à mettre les pieds dans une entreprise de services funéraires, où la thanatologue Marie-Christine Ponton lui fait réaliser que la course à la beauté et le culte des apparences nous suivent jusque dans la mort.

« La beauté, ce n’est pas une réalité, c’est une perception », affirme le Dr Nabil Fanous, chirurgien esthétique à l’Institut canadien de chirurgie esthétique, en même temps qu’il fait voir à Léa une photo d’elle 20 ans plus tard, sur laquelle les rides, les yeux tombants, les taches brunes et la perte de pommettes sont saisissants. Presque trop!

• Diffusion (2 épisodes) : Mardi 9 et mercredi 10 décembre à 21 h
• Recherche et scénarisation : Léa Clermont-Dion, Marie-Claude Élie
• Réalisateur : André St-Pierre
• Producteur : Guillaume Lespérance
• Production : Zone3, A Média — Québec, 2014