BEATLES DE A À Z - Anthologie des Beatles, présentement à l'affiche au Mondial Choral

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19 juin 2010 - 00:00
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PHOTO © OSA IMAGES

Interpréter l’intégralité des albums des Beatles, soit 217 chansons réparties sur six concerts, constitue un défi colossal. Mais venant de Gregory Charles, on se dit que l’idée, aussi périlleuse soit-elle, a toutes les chances d’aboutir en beauté. Vendredi soir, à Laval, le premier spectacle de la série a confirmé que l’ambitieux projet valait la peine d’être réalisé.

«Ce qu’on va vous présenter à compter de ce soir et au cours des prochains jour, c’est un projet com-plè-te-ment débile!», a lancé Gregory en riant, avant de présenter ses précieux fous alliés dans l’aventure: Marc Déry et Sylvain Cossette, tous deux fervents admirateurs et ardents connaisseurs du groupe de Liverpool et de son oeuvre. Jean-François Breau, qui n’était pas sur scène lors de la première, fera également partie des prochains spectacles.

On le sait, l’oeuvre des Beatles est magistrale. Les Fab Four étaient de redoutables chanteurs et musiciens, et une forte proportion de leur répertoire est éminemment complexe. En raison des harmonies vocales qui caractérisent la plupart de leurs chansons, la participation du Grand Chœur du Mondial prenait tout son sens. Pour le reste, le but de Gregory Charles était de respecter l’orchestration originale et d’en faire la plus fidèle interprétation possible. Permettez que je précise: pas d’imitation, de reconstitution ni de costumes. Les chanteurs-vedettes n’ont pas de rôle attribué: ils se sont plutôt partagés les chansons selon leurs goûts et registres respectifs. Accompagnés d’un petit orchestre (dirigé par Jean-Benoît Lasanté) et des nombreux choristes en arrière-plan, ils célèbrent les chansons une à une avec un bonheur contagieux, sans flafla ni mise en scène grandiose.

'A HARD DAY'S NIGHT' ET 'ABBEY ROAD': MISSION ACCOMPLIE

Les albums sont présentés en ordre alphabétique, à raison de deux à trois par soir. Cette répartition permet de s’imprégner d’atmosphères qui diffèrent parfois drastiquement, comme ce fut le cas du premier spectacle, qui reprenait l’intégralité de A Hard Day’s Night (1963) et de Abbey Road (1969). C’est un fait universellement connu qu’entre ces deux albums, le style musical des Beatles a considérablement évoluée; pouvoir observer cette mutation "live" dans la même soirée fut une expérience des plus réjouissantes!

Dès la première note de la pièce titre de 'A Hard Day’s Night' - reconnaissable entre toutes - la foule s’est instantanément emballée. Devant l’énergie de Marc Déry, qui a eu l’honneur de se lancer le premier, jeunes et moins jeunes ont chanté sans retenue. D’emblée, le chœur démontrait un enthousiasme et un plaisir évident, tout comme Gregory Charles qui ne cachait pas sa fierté. Avec une désarmante simplicité, la troupe a enchaîné, dans l’ordre original, les chansons de cet album qui représente mieux que nul autre l’époque de la «Beatlemania». Mentionnons la sublime sonorité des guitares sur «And I love her», les superbes harmonies vocales de «Tell me why» et l’énergie généralisée dans la foule lors de «Can’t buy me love». Petit bémol au tableau: on entendait si peu les choristes...

C'est d'ailleurs lors de la deuxième partie que le spectacle a prit toute son ampleur. Faut-il rappeler que 'Abbey Road' est reconnu pour ses qualités révolutionnaires sur le plan de la réalisation? Qu’il fut particulièrement bien conçu, construit et structuré? Qu’il est, encore aujourd’hui, l’album des Beatles qui se vend le mieux? Mythique pour encore toutes sortes de raisons qu’il serait fastidieux d’énumérer ici, son influence pour la postérité de la musique est incontestable.

Bref, cette portion du spectacle fut délectable de la première à la dernière mesure. La chorale y était davantage mise en valeur, les éclairages et projections se déployaient en d’efficaces évocations psychédéliques tout à fait à propos, et la musique déferlait de parts et d’autres avec impact et émotion. À ce propos, soulignons que l’orchestre était à la hauteur du défi, livrant fidèlement et majestueusement les arrangements élaborés par les Beatles. Sylvain Cossette a offert une interprétation remarquable de «Something» et de «Oh Darling», pièces extrêmement exigeantes sur le plan vocal. Cette dernière lui a d'ailleurs valu une ovation spontanée (en plein coeur du spectacle)! Au piano, Gregory Charles a chanté «Maxwell’s Silver Hammer» avec le ton badin approprié. Puis oh! surprise: pendant «Octopus’s Garden», un chœur d’enfants est apparu comme par magie, offrant ainsi une rafraîchissante et touchante version de cette composition de Ringo Starr.

Avec «I want you» et «Here comes de sun», les choristes se sont fait encore plus présents lors des longues résonances vocales («she’s so heavyyyyyyyy», «sun, sun, sun, here we come» et autres lignes pénétrantes répétées intensément). Quand à la transcendante «Because», le choix artistique fut de laisser ici toute la place aux chœurs, ce qui a généré des frissons généralisés, palpables autant sur scène que dans la foule. Puis, le concert a atteint son paroxysme lors de l'enchaînement des courtes pièces constituant le fameux medley, dans un délire orchestral magique et mémorable, auquel le public a prit part à plusieurs reprises, notamment en entonnant la puissante «Carry that weight».

Si le but était d’être fidèle à l’oeuvre, de la célébrer sans la dénaturer, de s’en imprégner et de l’offrir en cadeau au public, j’affirme que la mission a été remplie. Aussi, je dirais à ceux d’entre vous qui vouent une passion pour les Beatles, n’hésitez pas à vous rendre à Laval, Métro Montmorency, afin d’assister à l’un ou l’autre des prochains spectacles de cette Anthologie des Beatles dans le cadre du Mondial Choral.

"And in the end, the love you take is equal to the love you make". - The Beatles ('The End')

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