ARCHIVES - Expo sur Seurat à la National Gallery de Londres (1997)

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EXPOSITON
SEURAT AND THE BATHERS
NATIONAL GALLERY - LONDRES
27 SEPTEMBRE 1997

GEORGES SEURAT - 1859-1891

Un exposition complète, révélant la grande partie de la carrière de Seurat. Un maître d'avant-garde, riche d'un sentiment d'innovation qui le poursuivera tout au long de sa vie d'artiste engagé dans son siècle. Il a su replacer la tendance impressionniste (1874 - 1886, série de huit expositions publiques à Paris) dans une nouvelle emphase, ce dans un grand respect de l'ordre classique, exprimant son art novateur dans un souci de précision. Un nouveau type d'art caractérisé par une attitude systhématique et raffiné.

Seurat un être taciturne et méthodique, aimant le travail précis et respectant ardemment son souci de perfection. 1876 - a fait l'école de peinture chez Justin Lequien, sculpteur. Deux ans plus tard entre aux Beaux-Arts auprès du professeur Henri Lehmann, un néo-classique héritié académique de Ingrès (1780-1867), le maître romantique célèbre élève de David. Service militaire quelques années plus tard, puis à son retour, convient de travailler seul.

Un style très personnifié. Riche travail de clair-obscur. Les ombres le fascine il réussit avec brio les silhouette effacées derièrre la lumière diffuse de la chandelle. Dans ses tous premiers travaux, remarquables essais sur le lumière et l'obuscurité, utilisant des thèmes quotidiens, des types de personnages humbles, parfois même banal. Quel talent de dessinateur. Il use autant du crayon que de charbon sans négliger l'excellence de la finition. Quels bijoux que ces premiers ouvrages exécutés en atelier alors que Seurat est encore tout jeune, bercé par la simple ambition de repousser les frontières de son talent. Également, brushwork (performences au pinceau), juxtapostion de couleurs. Brillante combinaisons de couleurs. Harmonie scintillante. Grand respect de la loi des contrastes en couleur, voire les couleurs complémentaires qui s'oppose dans un même ensemble défini.

1877 - De son ami Aman-Jean, Seurat réalise un portrait fabuleux, riche de calme, de pureté et d'innocence. Ils partagerons un atelier ensemble après avoir poursuivit des études parallèles aux Beaux-Arts de Paris. Roger Maux, critique fameux à l'époque, commente: " Une excellente étude de clarté et de pénombre ". Toutes ces silhouettes qui se détachent de l'obscurité sont sublimes: The sleeping man, The seamstress, The Nanny, etc. Également des paysages industriels qui dépeingnent l'univers de Zola et ses contemporains, en monochrome toujours. Des scènes domestiques empreintent de simplicité et d'intimité. The women reading, sans doute la mère du peintre, toute la sérénité du moment saisie au gré du crépuscule. On remarque égalment l'influence de Rembrandt, travail à la lumière de la chandelle permettant des effets sourds et lontains chargés de nostalgie (candel ligth in the evening). Un entre deux monde où tout semble silence et dignité humaine. Il utilise alors avec emphase la technique du carchoal (fort populaire à l'époque) pour réaliser ses effets de lumière et d'ombre.

Également travaux d'érudition consacrés à l'époque classique. Aux Beaux-Arts, il effectue de prodigieux dessins de nus masculins. Extraordinaire, réussite du moulé à la perfection, c'est ici qu'on peut interpréter le passage de Seurat dans l'atelier d'un sculplteur romantique Lequin. Anatomie rendue avec une précision déconcertante. Le visage du modèle me fait penser à Daumier par sa sévérité, son austérité expressive. Excellent dessin d'étude au crayon. Type classique grec.

Voir le portrait du peintre réalisé par Ernest-Joseph Laurent (Louvre), dans son atelier Laurent s'exerce à peindre ses amis et connaissances à la lumière e la chandelle. Je ne peur m'empêcher de penser à ma lithographie de Suzor Côté, il faudra vérifier les époques. Prodigieux.

1881, petites toiles magiques: The Sunset , influence de l'Ecole de Barbizon. 1882, commence a se dessiner sa technique personnelle, Boy in the Shadow, des achures jaunes contrastent avec d'autres vertes pâles. Contraste des couleurs très important chez les impressionniste beaucoup plus important chez Seurat. On pense alors à Van Gogh.

Hiver 1883-84 - Préparation des Baigneurs à Asnière.
On croit que le thème et plusieurs idées au niveau de la composition sont directement reliés avec la toile de Nicolas Poussin, The findign of Moses . On pense aussi a l'oeuvre Doux pays de Puivis de Chavanne qui serait également un réinterprétation du travail de Poussin.

Lors de l'élaboration du projet d'exposition, plusieurs petits exercices de préparation destinés aux Baigneurs sont sortis de l'oubli. Fascinant.
Travail en atelier, le peintre organise et contrôle la diffusion de la lumière lui permettant d'accentuer les effets de recherchés. Plusieurs thèmes sont élaborés, certains seront rejetés par la suite. Ce n'est qu'à la toute fin de ce long processus d'investissement que se dessinera la compostion finale. Des jeux d'ombre et de lumière présentent les silhouettes dans des poses imprégnées d'humilité où le temps semble reposer sur des épaules à demie courbées. Le dos fait face à la lumière, le visage restant baigné de pénombre. Un autre contraste, l'une des caractéristiques premières de l'oeuvre Seurat.

Toujours dans ce esprit de préparation, une magnifique petite huile (cigar box) qui ne porte pas encore le sceau du pointilliste, où les couleurs sont encore bien franches par rapport à l'oeuvre d'accomplissement présentée au Salon. Cette dernière se trouve recouverte d'un voile à demi-translucide, laissant deviner des couleurs attnénuées, des effets plus statiques, comme dans un rêve, du côté de l'inconscient. Transmutation par la calme, un effort prodigieux d'allégresse qui marque le passage du temps. Instants fugaces figés dans la blancheur des cimaises. Un sentiment de légèreté habitant l'esthète. Plus rien ne bouge malgré la foule qui s'entasse.

Les Baigneurs, savante démonstration d'ingéniosité. Image de sérénité, de calme et d'humanité. Ouvrage classique ayant nécessité un long travail d'élaboration. Au moins une trentaine de petits formats tous aussi intéressants les uns des autres. Remarquabes dessins au crayon monochrome, ces magnifiques petits bijoux provoquent un plaisir insantané.

Plusieurs autres peintre on consacré des travaux à Asnière, on pense à Signac et le pointillisme, à Van Gogh et l'impressionnisme, chez ce dernier le contraste est encore plus prononcé entre des jaunes et des vets stridents. Les techniques élaborées par les impressionnistes on jouées un rôle probant dans la carrière de Seurat, il en a modifié l'essence en développant le pointillisme et le divisionnisme, mais la base demeure d'un autre ressort. Seurat n'a donc pas tout inventé. Même le pointillisme était de rigueur à son époque, Signac son plus fidèle continuateur usait beaucoup de cette façon de faire novatrice.
Note: Il faut lire D'Eugène Delacroix au néo-impressionnistes., de Signac.

Le résulat final, quel délectation visuelle. Ce tableau acheté par Félix Fénélon passa ensuite au Tate puis fut acheté par la National Gallery.

1883 - Présentation des Bagnieurs au Salon de Paris - refus.

1884 - Fondation du Salon des Indépendants avec Signac, l'oeuvre est acceptée. Signac, le plus grand ami et allié artistique qu'est connu Seurat. C'est lui qui veillera a dresser l'inventaire des oeuvres du peintre après sa mort.

1884 - Préparation d'un autre méga-projet: Dimanche après-midi à Grande Jatte.

1886 - Expostion du Dimanche à Grande Jatte.
Technique impressionniste d'opposition des couleurs primaires utilisée avec brio et raffinement. Voir le croquis du couple au crayon, chef-d'oeuvre de réussite technique. En 1884, développement du style de l'ourage de Grande Jatte, abstraction surprenante, des hachures roses et vertes s'entrecroisent fromant un nombre surprenant de petites hachures qui dessinent deux silhouettes, veritablement moderne pour son époque, quelle avant-garde. Ici pas de juxtaposition, des traits au pinceau s'entre-croisent sous un rythme régulier et schématique impressionnant, technique du criss, cross. Étonnament moderne, on pense tout de suite au cubisme, au fauvisme par la teneur des coloris. D'autres études d'intérêt, voir le cardre pointillé jaune à l'extremité de la toile, suivi d'un trajet découpé de points verts épars, toujours l'idée du contraste. Dans cet exercice, remarquables coloris chatoyants, une touche moderne qui se rapproche étrangement du fauvisme à naître plus de vingt ans plus tard (Salon d'automne 1905).

1887 - Modèles, Cirque
Ici, Seurat va chercher son inspiration dans les travaux d'Ingres, The small bather, il dresse une version moderne des Trois grâces , fort intéressant. Soit la même femme représentée de dos, de face et de côté. Le modèle du milieu arbore une attitude fort populaire au XIXe siècle. Utilisation maximale du pointillisme. Effort considérable afin de rendre l'univers féminin. La réussite est charmante de coquetterie féminine. Souci du détail dans l'élabortion de l'environnement. Contraste marqué des coloris emprunter pour la composition: le parapluie rouge, le chapeau blé, les souliers rouges, les petits bas verts de la demoiselle épanouie. Quelle sympatique allégorie, on sens que le peintre s'amuse de se divertissement ludique.

Ses maîtres:
Delacroix, Charles Blanc, Puivis de Chavannes, Théodore Rousseau, Daumier, Millet, Fantin-Latour.

1885 - Léon Auguste L'Hermite expose son Bathers at Mont St-Pere , ce révèle au plublic la même année que les Baigneurs de Seurat, voir ici peut-être une influence sur le travail de l'artiste.

Par Annie Fraser (1969-2001) @ copyright 1997

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