Arcade Fire grand gagnant du gala MIMI

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L’année 2004 aura été fertile en émotions et en réussites pour la scène montréalaise de la musique alternative. Le gala des MIMI (pour Initiative musicale internationale de Montréal), qui se déroulait dimanche soir à La Tulipe, aura confirmé la chose en récompensant les plus méritants.
Grand gagnant de la soirée avec trois trophées, le groupe The Arcade Fire était déjà le grand as de cette année 2004, à un point tel que le magazine «Rolling Stone» l’a déjà nommé le groupe indépendant le plus «hot» en Amérique.
La formation a le vent dans les voiles, elle qui hier soir donnait un concert à Berlin, dans le cadre d’une tournée qui la mènera cette semaine à Oslo, Stockholm et Londres. Et au MIMI, le public votant aura parlé. «Funeral», le tout premier album de The Arcade Fire a été sacré album de l’année 2004, malgré une concurrence relevée - Fred Fortin (pour «Planter le décor»), Jérôme Minière («Chez Herri Kopter»), Les Trois Accords («Le gros Mammouth Album Turbo») et Loco Locass («Amour oral»).
Les deux autres prix pour The Arcade Fire lui ont été remis par les membres du jury de sélection et par des gens de l’industrie. Le prix de la réalisation, pour l’album le plus achevé et le plus innovateur sur le plan de la production sonore leur revient, une autre évidence. Le Prix «International» - remis à l’artiste dont est prévue la reconnaissance en dehors des frontières du Québec en 2004-2005 - confirmait ce qu’on savait déjà, puisque la musique du groupe résonne déjà à l’étranger.
Fred Fortin partait grand favori de la soirée avec cinq nominations. Son «Planter le décor» n’aura récolté qu’un seul trophée, le prix «Feng Shui», pour «les nuances, les arrangements, l’ambiance et les dynamiques».
D’autres auront eu plus de veine. Les Breastfeeders ont engrangé deux trophées, tout comme Malajube, une jeune formation qui fait beaucoup parler d’elle. Les premiers ont gagné dans la catégorie «power» et «Bête de scène», tandis que Malajube a été nommé «étoile montante» et a également remporté le prix Nova - pour sa créativité, son innovation qui fera école et pour l’effet de surprise.
On savait aussi déjà que les textes fort bien garnis de Loco Locass n’étaient pas qu’une logorrhée. Le trio hip-hop a lui aussi signé un doublé. Le réquisitoire à saveur d’hymne politique «Libérez-nous des libéraux» devient chanson de l’année et l’album «Amour oral» a reçu le prix «Mots-dits», pour la profondeur et le raffinement de la livraison du texte.
En totalité, 16 prix auront été remis. Avec son excellent «Chill’Em All», Champion, qui marie avec génie les guitares et les beats technos, avait trois nominations au compteur: «étoile montante», «St-Urbain» (pour la groove) et «album de l’année». Il s’en tire avec le prix St-Urbain.
La tornade Les Trois Accords s’est transformée en brise, avec un seul trophée, celui du concert de l’année.
Finalement, Dobacaracol (prix Cosmopolitain), La Descente du coude (mini-album 2004, avec «Croyez-moi ça fait mal»), Les Abdigradationnistes (prix Contenant, pour la pochette de Puissance et gloire) et Paul Cargnello (prix Fontaines - auteur-compositeur-interprète qui présente le plus de potentiel) complètent le palmarès.
Le gala des MIMI avait plus que les années précédentes sa raison d’être en 2004. La musique alternative montréalaise avait de quoi faire la fête, elle qui a fortement attiré l’attention de l’autre côté de la frontière américaine, comme l’ont démontré de récents articles publiés dans le «New York Times» et dans «Spin».
Source: Le Devoir, 14 mars 2005

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