André Gagnon est décédé ce 3 décembre, à l'âge de 84 ans

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André Gagnon

André Gagnon, pianiste, compositeur, chef d'orchestre et arrangeur/orchestrateur québécois, nous a quittés à l’âge de 84 ans aujourd’hui, 3 décembre 2020. Il était entouré de ses proches et est décédé des suites de la Maladie à corps de Lewy.

Biographie d’André Gagnon

André Gagnon voit le jour à Saint-Pacôme-de-Kamouraska dans la région du Bas-Saint-Laurent. Benjamin d’une fratrie de dix-neuf frères et sœurs, le jeune André commence à jouer du piano et à suivre des cours dès l’âge de 5 ans.

De 1957 à 1961, il étudie au Conservatoire de musique de Montréal avec Germaine Malépart (piano), Clermont Pépin (composition) et Gilberte Martin (solfège).

En 1958, il fait ses débuts en accompagnant quelques-uns des grands noms de la chanson québécoise, dont Claude Léveillée et Monique Leyrac. Celle-ci écrira d’ailleurs : « André Gagnon parle en hautbois, en clavecin, en harpe, en musique, le langage des chansonniers d’à présent. Quelle joie d’être sûr, qu’au bout de votre souffle, toujours, une flûte ou un violon prolongera votre accent. »

À partir de 1964, André Gagnon enregistre environ un album par année interprétant au piano avec orchestre ses propres arrangements musicaux des grands chansonniers de l’époque (Léveillée, Blanchet, Calvé, Gauthier, Leclerc, etc.) En 1968, il enregistre à Londres un nouvel album instrumental de succès québécois avec, cette fois-ci, un grand ensemble orchestral de trente-cinq musiciens et connaît son premier grand succès populaire et international avec la pièce Pour les amants/Don’t Ask Why, d’après la chanson de Claude Léveillée.

En 1973, il enregistre Projection, le premier d’une longue série d’albums ne contenant que des compositions originales du compositeur puisqu’il n’enregistrera par la suite que très rarement des chansons ou mélodies d’autres compositeurs ou interprètes.

Parmi ses albums les plus importants, il faut absolument citer Saga, paru en 1974 (incluant un bel hommage au poète Émile Nelligan ainsi que les pièces Il neige sur Kamouraska, La douce illusion) et surtout Neiges, enregistré en 1975 et sur lequel se retrouve, outre la longue et populaire pièce-titre, les succès Ouverture éclair, Wow, Ta samba, Dédéthoven et Flashback, ainsi qu’un hommage à Renée Claude (Chanson pour Renée Claude) et le fameux Petit concerto pour Carignan et orchestre qu’il compose pour Jean Carignan, réputé comme étant l’un des meilleurs violoneux au monde. L’album Neiges resta sur le Top 10 de l’American Billboard pendant vingt-quatre semaines et vendu à 700 000 exemplaires dans le monde entier.

Trois ans plus tard, en 1978, André récidive avec le microsillon Le Saint-Laurent qui connaît un égal succès avec l’œuvre éponyme, musique-thème du disque. Entre-temps, en 1976, le 45 tours disco Surprise se fait connaître dans toutes les discothèques du monde. Deux albums sont alors publiés aux États-Unis et au Royaume-Uni pour satisfaire la demande grandissante dans ces deux pays. Ils ont pour titre Imagination (1975) et Surprise (1976) et forment des compilations de ses albums québécois précédents, mais présentés là-bas sous forme d’albums originaux.

Plusieurs réalisateurs retiennent ses services pour créer la musique originale de leurs films : Steven Hilliard Stern (Running-1979), John Huston (Phobia-1980) et Roger Vadim (The Hot Touch-1981). André Gagnon a fait une tournée mondiale en 1981 aux États-Unis, au Venezuela, au Mexique, en Grèce et en Roumanie. Il a également composé la musique originale pour le film Tell Me That You Love Me (1983), de Tzipi Trope, une production d’Astral Films.

Le pianiste continue d’écrire et de composer de nombreux albums à succès, en particulier entre 1979 et 1986 où les disques Mouvements, Virage à gauche, Impressions (enregistré à Londres, dans le célèbre studio d’Abbey Road) et Comme dans un film sont d’excellents vendeurs. Quelques pièces parues uniquement sur 45 tours sont aussi très populaires. C’est le cas notamment de Rendez-vous en 1978 et de Beau et chaud en 1981. Son album Impressions de 1983 contient la mélodie Comme au premier jour sur laquelle le chanteur Roch Voisine rajoutera des mots quelques années plus tard, ce qui en fera la chanson Dites-moi. André fait alors de nombreuses tournées, tant au Canada anglais et à l’étranger qu’au Québec. À partir de 1986, année où il publie l’album Comme dans un film (avec Violetta et Rêver en hiver comme extraits pour les radios), il devient aussi très populaire en Australie, en Corée du Sud et particulièrement au Japon où il fait sensation. André grave d’ailleurs plusieurs disques spécifiques à attention du peuple du pays du Soleil Levant. Parmi ceux-ci, il y a les albums Image (1989) et Résonance (1990), ainsi que l’album Towa-Ni, un hommage aux Japonais lancé en 2007.

En 1996, André Gagnon avait déjà vendu plus de trois millions d’albums en carrière. Et celle-ci n’était pas finie.

Parallèlement, il compose pour la télévision (Format 30, Format 60, Techno-Flash, La Souris verte, Vivre en ce pays, sans oublier Les Forges de Saint-Maurice), le théâtre (Terre d’aube, La Dame de chez Maxim’s, Wouf-Wouf, Romeo and Juliet (Stratford, ON)) et la danse (Ballet national du Canada, Ballets-Jazz de Montréal)

Contributions majeures ou originales

Pianiste et compositeur dont le succès au Québec, au Canada et à l’étranger est redevable tant à ses qualités d’interprète qu’à la diffusion de ses compositions inspirées entre autres par ses souvenirs d’enfance dans sa région du Bas Saint-Laurent (Neiges), par ses voyages à l’intérieur du Québec (Charlevoix, Kamouraska) par sa fascination du grand fleuve qui traverse ce pays pour se jeter dans la mer (Le Saint-Laurent), à l’instar de Luc Plamondon, Michel Tremblay et plusieurs autres sur le plan des mots, André Gagnon a créé un vocabulaire musical riche, populaire et unique, né du croisement du classique – voire même du baroque – à l’instrumentarium du XXe siècle.

En 1969, avec une formation classique du Conservatoire de musique de Montréal, André Gagnon se démarque en proposant son microsillon Mes quatre saisons sur lequel on retrouve des arrangements dans le pur style baroque de douze classiques de la chanson québécoise, soit trois titres pour chacun des quatre artistes suivants : Jean-Pierre Ferland, dont les mélodies rappellent le printemps, Félix Leclerc pour l’été, Claude Léveillée pour l’automne, et, bien sûr Gilles Vigneault pour l’hiver.

Il reprend le même principe trois ans plus tard, en 1972, rendant hommage cette fois à l’œuvre de La Bolduc (Les turluteries) et créant ainsi un style musical original, mariant le classique et le populaire, l’européen et le québécois.

Tout au long de sa carrière, André Gagnon a enregistré plus de six cents œuvres au catalogue de la SOCAN, sans compter les nombreuses commandes d’œuvres pour la scène, tant au théâtre, en danse qu’en musique originale au cinéma. Parmi ces réalisations, deux œuvres magistrales se démarquent de l’ensemble de l’œuvre :

En février 1990, l’opéra Nelligan est créé, pour lequel Gagnon écrit la musique sur un livret de Michel Tremblay. L’opéra a été présenté d’abord au Grand Théâtre de Québec puis à la Place des Arts de Montréal et enfin au Centre national des Arts d’Ottawa. Suivra après, la sortie du double album enregistré en studio, Nelligan. En janvier dernier, le Théâtre du Nouveau-Monde présentait une production anniversaire de l’œuvre.

En 2013, la parution de Lettres de Madame Roy à sa fille Gabrielle, un cycle de mélodies pour voix et orchestre, marque les retrouvailles du dramaturge québécois et du compositeur. Le duo Tremblay-Gagnon songeait depuis plusieurs années à offrir à nouveau pareil traitement à une figure incontournable de la littérature canadienne-française. Celle de Gabrielle Roy s’impose alors qu’André Gagnon est plongé dans l’œuvre de l’auteure de Bonheur d’occasion, dont il lira tout. La contralto de renommée internationale Marie-Nicole Lemieux incarne, de sa voix distillant à la fois inquiétude, mélancolie et admiration, cette femme partagée entre la douleur de la solitude (Courte semaine) et le bonheur de savoir sa fille partir à la rencontre du monde (Surtout). Avec Lettres de Madame Roy à sa fille Gabrielle, Michel Tremblay, André Gagnon et Marie-Nicole Lemieux mettent en lumière une relation fondatrice dans la vie d’une des plus importantes écrivaines francophones du vingtième siècle et ouvrent une belle porte d’entrée sur une des œuvres majeures de notre époque.

Mentions et distinctions

• 1969 : Festival du disque au Québec, gagnant du trophée du meilleur disque instrumental dans la catégorie populaire pour son album Pour les amants paru en 1968.
• 1975 : Disque platine au Québec pour plus de 100 000 exemplaires vendus de son album Neiges.
• 1976 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1976.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, gagnant du Prix Juno du meilleur album instrumental de l’année 1977 pour son album Neiges paru en 1975.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur simple (single) de l’année 1977 pour la pièce Wow, extraite de l’album Neiges paru en 1975.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur compositeur de l’année 1977 pour la pièce Wow, extraite de l’album Neiges paru en 1975.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur compositeur de l’année 1977 pour la pièce Surprise, extraite de l’album Surprise paru en 1976.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1977.
• 1977 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur producteur et réalisateur pour un album instrumental de l’année 1977 pour son album Neiges paru en 1975.
• 1978 : Gala des Juno Awards au Canada, gagnant du Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1978.
• 1978 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur album instrumental de l’année 1978 pour son album Le Saint-Laurent paru la même année.
• 1978 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur producteur et réalisateur pour un album instrumental de l’année 1978 pour son album Le Saint-Laurent paru la même année.
• 1978 : Disque platine au Québec pour plus de 100 000 exemplaires vendus de son album Le Saint-Laurent.
• 1979 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1979 pour son album Le Saint-Laurent paru en 1978.
• 1979 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1979.
• 1979 : Officier de l’Ordre du Canada.
• 1980 : Gala de l’ADISQ au Québec, proposition pour le Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1980 pour son album Mouvements paru en 1979.
• 1980 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1980.
• 1981 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1981 pour son album Virage à gauche paru la même année.
• 1982 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1982.
• 1984 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1984 pour son album Impressions paru en 1983.
• 1987 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1987 pour son album Comme dans un film paru en 1986.
• 1988 : Gala des Prix Gémeaux, lauréat d’un Prix Gémeaux pour la trame sonore originale de Des dames de cœur parue la même année.
• 1989 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1989 pour son album Des dames de cœur paru en 1988.
• 1989 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix de l’Artiste s’étant le plus illustré hors Québec en 1989 (pour ses nombreux concerts et ses disques parus au Japon, en Australie et en Corée du Sud).
• 1990 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur spectacle pop de l’année 1990 pour l’Opéra Nelligan.
• 1992 : Disque platine au Québec pour plus de 100 000 exemplaires vendus de son album Noël.
• 1993 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1993 pour son album Noël paru en 1992.
• 1994 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1994 pour son album Romantique paru la même année.
• 1994 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1994.
• 1995 : Gala des Juno Awards au Canada, gagnant du Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1995 pour son album Romantique paru en 1994.
• 1996 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1996 pour son album Twilight Time paru la même année.
• 1996 : Gala des Juno Awards au Canada, proposition pour le Prix Juno du meilleur artiste de musique instrumentale de l’année 1996.
• 1997 : Gala de l’ADISQ au Québec, proposition pour le Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1997 pour son album André Gagnon au Centre Molson paru la même année.
• 1998 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 1998 pour son album Éden paru en 1997.
• 1999 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album de la catégorie « Bande sonore originale » de l’année 1999 pour son album Juliette Pomerleau paru la même année.
• 1999 : La Corée du Sud lui remet un disque platine pour son CD Monologue (son premier album compilation paru dans ce pays d’Asie en 1997) ainsi qu’un disque d’or pour son album intitulé Le pianiste paru celui-là en 1998.
• 2002 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 2002 pour son album Histoires rêvées paru en 2001.
• 2003 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 2003 pour son album Piano solitude paru d’abord en 2000, mais réédité au Québec en 2003.
• 2004 : Gala de la Socan, lauréat du « Hagood Hardy Instrumental Award » (Prix de jazz Hagood Hardy).
• 2011 : Disque d’or au Québec pour plus de 40 000 exemplaires vendus de son album Les chemins ombragés.
• 2011 : Gala de l’ADISQ au Québec, gagnant du Prix Félix du meilleur album instrumental de l’année 2011 pour son album Les chemins ombragés paru en 2010.
• 2011 : Gala de l’ADISQ au Québec, proposition pour le Prix Félix dans la catégorie « album de l’année - meilleur vendeur » pour son album Les chemins ombragés paru en 2010.
• 2011 : Disque d’or au Québec pour plus de 40 000 exemplaires vendus de son album Dans le silence de la nuit.
• 2013 : Gala de l’ADISQ au Québec, proposition pour le Prix Félix dans la catégorie « anthologie de l’année » pour la réédition de son album Léveillée-Gagnon (en duo avec Claude Léveillée) paru en 1965.
• 2014 : JUNO Awards dans la catégorie « Album classique de l’année – performance vocale ou chorale » remis à la contralto Marie-Nicole Lemieux, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières dirigé par Jacques Lacombe, Michel Tremblay et André Gagnon pour Lettres de Madame Roy à sa fille Gabrielle, livret de Michel Tremblay/musique d’André Gagnon.
• 2017 : Félix de l’album de l’année dans la catégorie « Album de l’année – instrumental » pour son album Les voix intérieures.
• 2018 : Prix Hommage des Artistes pour la Paix
• 2018 : Compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec.
• 2018 : Officier de l’Ordre national du Québec.
• 2019 : Prix Excellence 2019 remis par la SOCAN.

 

Source : Audiogram