À paraître : Le totalitarisme pervers d'Alain Deneault

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31 janvier 2018 - 20:00
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Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s’agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu’il s’est construit et imposé depuis le début du XXe siècle ? Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d’une collectivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers.

Ce sont les multinationales, aujourd’hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d’autres « lois », leurs lois, qu’elles s’assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l’offre et de la demande. L’entreprise Total est un cas d’école en la matière. Ce livre étudie la façon dont cette pétrolière s’est constituée telle une autorité souveraine de nature privée, imitée en cela par d’autres multinationales. Se présenter comme la « huitième des Sept Sœurs », en référence aux majors du pétrole, et se dire « total » pour bien marquer cette prétention, c’était, au milieu du XXe siècle, chercher à s’imposer à son tour dans un ordre où les sociétés multinationales se développaient indépendamment des États qui les avaient créées, à la manière d’un Frankenstein. Elle est bien devenue un pouvoir qui se distingue des États, les domine, les inves¬tit ou les instrumentalise, pour arriver à ses fins : régner et extraire la ressource, en oligopole avec ses pairs.

Diplômé en philosophie, Alain Deneault est l’auteur de plusieurs essais, dont Noir Canada, Offshore, Faire l’économie de la haine, Paradis sous terre, «Gouvernance», Paradis fiscaux: la filière canadienne, Médiocratie, Une escroquerie légalisée et De quoi Total est-elle la somme?, dont le présent livre est la synthèse.

Depuis 2016, il est directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris

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