«6.58: Manifesto» – Le tout nouveau chef-d’œuvre d’Andrea Peña

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D’entrée de jeu, 6.58: Manifesto est un chef-d’œuvre.

La chorégraphe et directrice artistique colombienne, fondatrice de sa compagnie en 2014, se surpasse une fois de plus en présentant une œuvre en 3 volets portant sur les codes qui nous gouvernent ainsi que les choix autant collectifs qu’individuels qui nous incombent.

Présentée par l’Agora la semaine dernière à l’espace Wilder, 6.58: Manifesto fait intervenir 9 danseuses et danseurs dans un décor minimaliste composé de 9 chaises disposées à trois extrémités de l’espace.

Dans le premier temps, une voix synthétique ordonne à chaque danseur de réaliser des mouvements à des endroits identifiés sur scène par des numéros. D’abord directif, le robot se permet au fur et à mesure des remarques en fonction de la performance de chaque artiste. Ces derniers, parfois en conflit d’espace, se copient, se croisent, s’observent, réalisent des mouvements à la fois techniques et physiques. Au bout de quelques minutes de ce jeu d’échecs savamment orchestré, les pions prennent peu à peu des chemins autonomes.

S’en suit un tableau lors duquel les danseurs s’affranchissent et laissent libre cours à leurs émotions avec un certain individualisme. Au son d’un DJ, torses nus, brassières et pantalons transparents en latex, ils nous transportent dans un monde futuriste digne de la matrice. À l’instar de Néo qui prend la pilule rouge, les protagonistes sont désormais maitres de leurs destinées.

Puis un troisième et dernier tableau faisant désormais intervenir une chanteuse d’opéra dévoile les relations interpersonnelles entre les différents danseurs. Les corps s’enlacent, se séparent pour mieux se retrouver.

Nicholas Bellefleur, Veronique Giasson, Gabby Kachan, Jean-Benoit Labrecque, Benjamin Landsberg, Jontae McCrory , Erin O’loughlin, Francois Richard, Laura Toma sont des danseurs qui démontrent un talent certain pour le mouvement comment pour l’interprétation, sans oubliant une endurance physique à toute épreuve. Ils livrent des moments d’intenses émotions qui nous font tristement (ou non) penser à notre vie contemporaine.

Car Andrea Peña ne s’est pas trompée. Depuis plus d’un an, nos vies sont dictées par un virus contemporain qui nous mène à faire des concessions sur nos libertés afin de protéger soi-même et les autres. Ce cadre, que certains pourraient comparer au premier tableau de cette création, nous invite à redéfinir des codes, des interactions qui marqueront durablement nos vies.

Mais au bout du compte, le choix nous appartient.

6.58: Manifesto est un peu à la danse ce qu’est Matrix au cinéma : un nouveau classique. Et ça tombe bien car il semblerait qu’un 4e volet de ce film de légende sera bientôt présenté au grand écran.

Bravo à Andrea Peña et aux artistes qui ont fait salle comble au cours des derniers jours. Heureusement, 6.58: Manifesto est disponible en webdiffusion du 24 septembre au 1er octobre 2021. À voir !

Pour plus de renseignements :  https://agoradanse.com/evenement/6-58-manifesto/

Crédit photo : Bobby Leon