23e gala Humour aveugle: une soirée de rires pour une bonne cause

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Avoir la chance de voir André-Philippe Gagnon, Sylvain Larocque, Peter MacLeod, Dominic Paquet, Réal Béland, Pierre Hébert, Billy Tellier, Guillaume Wagner et Jean-Claude Gélinas performer tour à tour sur scène tout en donnant un bon coup de pouce à la Fondation des aveugles du Québec; c’est possible et c’est exactement ce qu’ont fait les spectateurs qui se sont retrouvés au théâtre St-Denis les 24 et 25 octobre derniers afin d’assister au 23e gala Humour aveugle. Une soirée sympathique, souvent irrévérencieuse et parfois touchante, créée pour une bonne cause.

Dix ans de rires

Il y a dix ans, la Fondation des aveugles du Québec a eu l’idée de génie d’imaginer un gala d’humour qui aiderait au financement et à la visibilité de l’organisme. Dédiée à améliorer la qualité de vie des non-voyants québécois, la Fondation leur permet, notamment, de participer à des activités sportives et culturelles lors de camps d’été.

Fiers de leur décennie de succès, ce n’est pas un, mais bien deux soirs de gala que les organisateurs ont présenté cette année. Un duo de soirées réunissant des humoristes bien connus des Québécois, dont les habitués des galas Humour aveugle; Dominic Paquet et Réal Béland.

Des numéros pour tous les goûts

C’est à Jean-Claude Gélinas que l’on a confié l’animation de ce 23e gala Humour aveugle. Un défi que l’humoriste a su relever tout en humour.

Billy Tellier est le premier artiste à être monté sur scène pour nous parler de mariage, de son côté féminin qu’il assure fièrement, de chialage et de son projet de créer un pays, écorchant au passage notre système de santé similaire à un bar «tu en ressors plus magané que lorsque tu y es arrivé» et notre système de finances qu’il compare à un adolescent «qui dépense l’argent qu’il n’a pas.»

S’il se voit à la tête de ce nouveau pays, a-t-il conclu, c’est que «les petites personnes font de meilleurs dictateurs… regardez Hitler, Mussolini et le maire Labeaume.»

Guillaume Wagner, toujours aussi impertinent, a promis de ne «pas rire des vedettes, parce qu’on ne peut pas faire ça, même si…», tout en éraflant pourtant Julie Snyder et quelques autres personnalités. Il a aussi promis de ne pas donner son opinion sur les sujets de l’heure, promesse qu’il s’est fait un plaisir de ne pas tenir. «Être une bonne personne, c’est difficile», a-t-il ajouté, sarcastique. Bon joueur, il fut aussi le premier à rire de lui-même. «Je me juge avant que les autres ne me jugent. Mes gags sur moi sont meilleurs que les tiens», a-t-il lancé avant de monologuer sur d'autres sujets aussi distincts que le végétarisme et le Viagra.

Hilarant, Dominic Paquet a mis le paquet en frais de mimiques et de situations loufoques. La manière dont il a relaté un spectacle qu’il a dû donner un jour dans une grange «avec les vaches» ou dont il discourt sur des sujets aussi variés que le mauvais service au restaurant, les Olympiques ou les restos chinois est franchement efficace et jamais méchante.

Le moment fort de la soirée fut sans contredis la prestation du grand André-Philippe Gagnon, qui en était à sa toute première participation au gala Humour aveugle. Complètement survolté, l’imitateur a mis le feu aux planches à grands coups d’imitations d’Elvis Gratton, de Mick Jagger, de Ray Charles, d’Elton John, de Cat Stevens, de Barry White, de Boy George, de Guns’N Roses, de James Blunt et d’un certain Monsieur Guillemet choisi au hasard dans la salle. Comme toujours comme c’est le cas avec André-Philippe Gagnon nous avons eu droit à un grand moment de variétés.

La deuxième partie est venue avec son lot de rires, de sacres (Peter MacLeod aurait pu se garder une petite gêne et cesser de placer un sacre tous les deux mots…), de confidences et de souvenirs parfois douloureux.

Après le numéro de l’animateur devenu (le temps d’un monologue, plutôt vulgaire d'ailleurs) Réjean de Terrebonne, Réal Béland nous a parlé de sa vie de famille hors de l’ordinaire (l’humoriste est papa de quatre filles, dont deux adoptées en Asie).

Mon coup de cœur de la soirée revient à Sylvain Larocque qui n’a pas eu peur de nous parler d’intimidation; celle dont il fut victime tout au long de son enfance et de son adolescence. Drôle, vrai et touchant, l’humoriste arrive à faire rire malgré la peine qui semble toujours aussi vive, malgré les souvenirs douloureux. Lorsqu’il parle de son visage qui ne s’accorde pas du tout avec ce qu’il est en dedans, cela donne de petits bijoux comme «Je suis un magasin de bonbons avec une vitrine de l’armée.»

«Je suis un homme de lettres, j’aurais aimé me faire écoeurer avec de l’esprit», a-t-il ajouté. Sa tirade du nez de Cyrano devient alors une tirade de l’œil aussi comique que touchante. Chapeau, Monsieur Larocque!

Pierre Hébert, que je connaissais peu, fut une belle découverte. Sa façon de nous parler de son mariage et de l’effet Fifty Shades of Grey s’est avérée rafraîchissante.

Quant à Peter MacLeod, son numéro a malheureusement, à mes yeux, perdu beaucoup de puissance, car entrecoupé de centaines de sacres inutiles. Triste de ne pas avoir eu d’enfant dans sa vie, il nous a livré un très drôle récapitulatif de ses quelques jours de gardiennage. Peter MacLeod est un bon raconteur et ce très bon numéro aurait pu être touchant… si seulement…

Pour plus d’informations sur la Fondation des aveugles du Québec: www.aveugles.org
www.humouraveugle.ca