11e édition des RIDM - Rencontres internationales du documentaire de Montréal, du 13 au 23 novembre 2008

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La 11e édition des RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal) se tiendra du 13 au 23 novembre 2008. Une programmation de plus de 100 films en provenance d'une trentaine de pays, une foule d’événements spéciaux et la 4e édition de Doc Circuit Montréal, le marché du documentaire, prendront d’assaut la métropole.

Les RIDM souhaitent dédier cette 11e édition à Santiago Alvarez (1919-1998), le plus célèbre des documentaristes cubains. Cinéaste révolutionnaire et militant de la première heure à Cuba, Alvarez détiendrait également la paternité du vidéoclip ! Le public pourra découvrir quelques unes de ses œuvres les plus célèbres lors d’une projection en présence de Lazara Herrera, sa compagne.

C’est le film No London Today, de la jeune réalisatrice française Delphine Deloget, qui ouvrira le festival en première nord-américaine et en présence de la cinéaste. En clôture, un double programme sous le signe de l’émotion et de la beauté des images nous emmènera en Amérique du Sud. Le court métrage La Sombra de Don Roberto de Juan Diego Spoerer et Hakan Engström nous présente un vieux Chilien qui a choisi de vivre dans le désert, là où il a été emprisonné sous Pinochet. Ce grand film sur la liberté et la condition humaine sera suivi du documentaire Le Dernier rodéo d’Andrés Jarach, superbe road movie sur un dresseur de chevaux qui, avec son fils de sept ans, traverse la Patagonie argentine, en route vers son dernier rodéo.

Plus que jamais, la sélection officielle des RIDM reflète les préoccupations actuelles du monde. Que ce soit par l’écriture cinématographique soignée et créative des œuvres de la section Caméra-stylo ou par la démarche militante et engagée des films de la section Caméra au poing, la programmation nous présente les événements majeurs de la planète sous un jour différent.

Parmi les sujets traités par nos auteurs québécois et canadiens, on retrouve le néolibéralisme et ses dérives dans L’Encerclement de Richard Brouillette, les blessures du 11 septembre et de la guerre en Afghanistan dans Le Magicien de Kaboul de Philippe Baylaucq, l’envoi de jeunes Latino-Américains en Irak dans Une mort insensée de Raymonde Provencher, la séparation des familles coréennes dans Tiger Spirit de Min Sook Lee, ou encore le rapport des immigrants à la terre d’accueil dans Un jardin sous les lignes de Bruno Baillargeon. Enfin, Marquise Lepage, avec Martha qui vient du froid, revient sur le déplacement de populations inuites par le gouvernement du Canada pour établir sa souveraineté dans le Grand Nord.

Tout autant que la production locale, la sélection internationale accorde une place de choix aux sujets brûlants d’actualité. Le statut des femmes au Moyen-Orient est vu de l’intérieur dans Stone Silence, sur la lapidation d’une Afghane, et dans Four Wives–One Man, portrait drôle et terrible de la polygamie en campagne iranienne. Ce sont les réfugiés du Darfour qui sont au centre du magnifique et irréel Au loin des villages. La société russe, dans toutes ses contradictions et ses crises identitaires, est analysée sur un ton tragi-comique dans les films Durakovo : village des fous et Kommunalka. La thématique de l’immigration et des sans-papiers revient dans deux films troublants, La Forteresse du cinéaste suisse Fernand Melgar (qui donnera une classe de maître), et La Frontera infinita du Mexicain Juan Manuel Sepulveda. Enfin, des grands noms du documentaire se joignent à la compétition officielle : Fernando Solanas, pour le dernier épisode de sa tétralogie sur la crise argentine (La Proxima estación), et Avi Mograbi (Z32), qui après Valse avec Bachir de Ari Folman explore lui aussi avec originalité le rôle des soldats israéliens dans la guerre au Proche-Orient, en utilisant non pas l’animation mais la comédie musicale et les effets spéciaux !

Volet ÉcoCaméra

Le volet ÉcoCaméra revient pour une 3e année. En collaboration avec le Cœur des sciences et l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, ÉcoCaméra aborde des enjeux scientifiques et environnementaux majeurs. Parmi la sélection, on retrouve des films québécois qui examinent l’actualité de près : Black Wave : L’héritage de l’Exxon Valdez, sur le pire désastre environnemental en Amérique du Nord, La Bataille de Rabaska, chronique d’une catastrophe annoncée, Lacs – Sous la surface, sur les fameuses « algues bleues », La Savane américaine, ou l’obsession du gazon passée à la loupe de l’humour, de l’écologie et de la sociologie, L’Héritage des trappistes d’Oka, sur ces contemplatifs agronomes profondément ancrés dans la société, et Terres à la dérive, un appel à la souveraineté… alimentaire ! En provenance de l’étranger, soulignons Barcelone ou la mort, qui constate les conséquences tragiques de la surpêche en Afrique, About Water, People and Yellow Cans, œuvre visuellement remarquable sur les communautés aux prises avec trop ou pas assez d’eau, The English Surgeon, une palpitante vision de la médecine à deux vitesses version tragique, et Taking Root–The Vision of Wangari Maathai, rencontre avec la Prix Nobel de la paix 2004. Le volet ÉcoCaméra est une présentation de Télé-Québec.

Rubans Canards

Enfin, les RIDM sont fières de présenter la nouvelle section de leur sélection officielle, Rubans Canards. Ce volet est consacré aux œuvres underground, atypiques et marginales par leur sujet ou leur forme, qui explorent la culture populaire en la regardant par l’autre bout de la lorgnette. Dans cette nouvelle section, on passera de l’art de la rue (Roadsworth, Crossing the Line) à l’art de la porno (Nina); du hip hop palestinien (Slingshot Hip Hop) aux chauds rythmes cubains (At Second Glance – Social Club Buena Vista, sur le mystère du Buena Vista Social Club, que personne, pas même Wim Wenders, n’avait pu percer avant ce film); du registre léger (The Reinactors, sur les nouveaux Elvis, Marylin et Superman qui arpentent Hollywood Boulevard pour amuser les touristes) au film noir documentaire (Roubaix, commissariat central, affaires courantes, qui nous dévoile les sombres résultats d’une enquête sur une affaire de meurtre); des chiens chinois et leurs maîtres farfelus de In the Year of the Dog aux Chats errants de Belgique… Avis aux amateurs de surprises!

La relève est toujours à l’honneur aux RIDM : une vingtaine de premières œuvres, disséminées à travers les quatre sections de la programmation officielle, concourront pour le prix Première caméra.

Collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec

De plus, souhaitant poursuivre leur rayonnement à l'extérieur de Montréal, les RIDM, en collaboration avec le Musée de la civilisation, présenteront du 13 au 16 novembre, pour une 4e année consécutive, une sélection d’œuvres documentaires à Québec.

Louise Beaudoin, porte-parole

Les RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal) ont le plaisir d’annoncer que Louise Beaudoin sera la porte-parole de leur 11e édition, qui se tiendra à Montréal du 13 au 23 novembre.

Membre du C.A. des RIDM, Louise Beaudoin a joué un important rôle politique, notamment en qualité de ministre (Culture et Communications, Affaires intergouvernementales, Relations internationales) et dans l’élaboration de la Convention de l’Unesco sur la diversité culturelle. Elle est aujourd’hui membre invitée au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) et coordonnatrice du Réseau Francophonie rattaché au CÉRIUM. En 2005, Louise Beaudoin a collaboré à L’Histoire des Relations internationales du Québec (VLB). En 2007, elle coécrit Amitié interdite (Éd. La Presse), avec Liza Frulla, et René Levesque (Éd. La Presse), avec François Dorlot. En 2008, elle a participé à L’Avenir du français (Éd. des Archives contemporaines).

Son enthousiasme fait d’elle une porte-parole passionnée qui fera découvrir les RIDM à un nouveau public.

La 11e édition des RIDM s’installe à la Cinémathèque québécoise

La Cinémathèque québécoise sera l’hôte de la 11e édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal et de renouveler son important partenariat en devenant présentateur de la section Caméra-Stylo. Fidèle partenaire depuis les débuts, la Cinémathèque toute entière vibrera cette année au rythme du documentaire pendant les 11 jours de cette manifestation montréalaise, dont la qualité et la diversité de la programmation lui vaut la reconnaissance et des grands festivals documentaires à travers le monde.

Cette 11e édition prend place au cœur de notre institution avec une occupation totale des lieux et une concentration des activités au 335 De Maisonneuve Est. Une multitude d’œuvres à découvrir illumineront nos écrans dans les deux salles de projection, des classes de maître et diverses tables rondes seront au rendez-vous dans les autres espaces de la Cinémathèque. La salle Norman-McLaren accueillera aussi, pour la première fois, le lounge des RIDM avec des événements spéciaux et des ateliers sur le documentaire.

La Cinémathèque devient cette année présentateur de la section Caméra-stylo, une section qui met de l’avant des œuvres phares de la création actuelle en cinéma documentaire. Fière d’encourager le cinéma documentaire d’auteur, la Cinémathèque remettra Le Grand Prix Caméra-stylo, assorti d’une bourse en argent de 1000$. Ce prix récompense l’œuvre qui se sera démarquée par la singularité de la démarche du réalisateur et par la maîtrise de son écriture cinématographique.

Film d'ouverture : « No London Today »

Le documentaire No London Today, réalisé par Delphine Deloget, sera présenté en ouverture de la 11e édition des RIDM, le 12 novembre prochain, en première nord-américaine et en présence de la réalisatrice.

Pendant six semaines, Delphine Deloget a partagé la vie de Chafik, d’Aron, d’Abraham, d’Henok et d’Ermias à Calais, ville portuaire du nord de la France, à quelques encablures de la côte britannique. Ces cinq jeunes hommes (trois Érythréens, un Afghan et un Albanais) sont quelques-uns des centaines d’immigrants illégaux qui, chaque matin, se réveillent avec l’espoir que le soir même, ils auront atteint « Londres aujourd’hui ».

Jour après jour, la cinéaste tisse un lien de confiance de plus en plus intime avec ces hommes attachants de dignité, de solidarité et de drôlerie. Elle s’engage – devant et derrière la caméra – dans leur vie, et nous fait partager leurs coups de gueule et leurs fous rires dans un film plein de fougue et d’humour. De plus, en assumant pleinement sa position de femme et de cinéaste, la réalisatrice bouscule les rapports de force avec ceux qu’elle filme et atteint une proximité rarement égalée avec eux.

Premier long métrage de Delphine Deloget, No London Today remet en question le langage du documentaire et rafraîchit avec vigueur le regard porté sur l’immigration, l’un des principaux thèmes de la programmation des 11e RIDM. Pour amorcer un festival et aller vers l’Autre, c’est un remarquable film d’ouverture – dans tous les sens du terme!

À propos de Delphine Deloget

Delphine Deloget est née en 1975 en Bretagne. Également monteuse, elle a réalisé trois moyens métrages qui ont été diffusés dans plusieurs festivals : Qui se souvient de Minik ? (2003), sur la vie d’un Inuit déraciné du Groenland, À l'ouest de la Mongolie (2005), pour lequel elle a traversé l’Altaï mongol, à la recherche de musiciens nomades, et Sacré père noël ! (2006), une enquête historico-humoristique sur Saint-Nicolas. Gagnant du Prix regard neuf au festival Visions du réel à Nyon et du Prix Amnesty International à la Mostra de Pesaro, No London Today est son premier long métrage.

À propos des RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal)

11e édition : du 13 au 23 novembre 2008

Informations : www.ridm.qc.ca

Tous les détails de la programmation de la 11e édition des RIDM seront dévoilés lors d’une conférence de presse le mardi 28 octobre à 10h à la Cinémathèque québécoise (335, boul. de Maisonneuve Est).

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