Spectacle « Résistance » de DJ Champion et ses G-Strings : sons en boucle

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À la manière d’un manitou de la musique électro, entouré de son clan de guitaristes à la fois disciples et indisciplinés, DJ Champion est passé maitre dans l’art de l’hypnose de son public qui, par moments, était en transe et ne touchait plus le parterre. Le spectacle au Métropolis de Montréal le 19 novembre dernier avait tout d’une séance de réchauffement – des musiciens et des spectateurs – à la suite de la parution du deuxième disque Résistance, qui a malheureusement refroidi les ardeurs de certains spectateurs.

Résistance à quoi ? À la tentation de miser sur la formule gagnante du premier album Chill'em All ? À l’air du temps, à un son techno ambiant ou à un son expérimental minimal jouant sur les mêmes cordes sensibles d’un public au pied dansant ? Malgré les remises en question liées à la production de son deuxième album, DJ Champion renoue avec son rôle de chef d’orchestre postmoderne et fait face à la musique avec la simplicité et la spontanéité qu’on lui connait. La fusion des guitares électriques, de la musique techno et de la voix du chanteur (Pierre-Philippe Côté – belles voix et présence sur scène) atteint, par moments, une texture et une puissance intenses : paroxysmes musicaux qui suivent des courbes de crescendo et de décrescendo orchestrés par le DJ inspiré par la houle des bras et des vibrations des cordes. La complicité des musiciens, qui vivent un « trip de gars », donne lieu à un son à la fois brut et raffiné puisant dans différentes influences musicales, dont notamment le rock et la musique endiablée des raves.

Le fait que l’on avait l’impression, au sortir de cette performance, d’avoir entendu les mêmes sons et rythmes en boucle est à la fois une force et une faiblesse. Certes, l’intégration harmonieuse des chansons à succès du premier album était satisfaisante et témoignait de la cohérence de la démarche artistique, mais, en même temps, les nouvelles chansons en ressortaient quelque peu amoindries et redondantes.

DJ Champion a, sans conteste, sa place à part entière sur la scène musicale québécoise – et du plus en plus à l’international – mais il ne faut pas qu’il oublie que sa musique peut tout autant évoluer que son public qui ne veut pas avoir l’impression de sauter sur place.

Un texte de Sophie Joli-Cœur et Jessica Massicotte-Marquez

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