Robert Lepage ovationné à la première de l’opéra «Siegfried» au Metropolitan Opera de New York

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29 octobre 2011 - 00:00
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Texte : Annie Michaud

NEW YORK, 27 octobre 2011 - Alors que la pluie tombait sur New York, jeudi soir, plusieurs milliers d’amateurs d’opéra, dont sûrement de nombreux Québécois, ont convergé vers le Lincoln Center pour la grande première de Siegfried, un spectacle en trois actes d’une durée de près de six heures. Cette production à grand déploiement, orchestrée par le metteur en scène de Québec Robert Lepage, est le troisième des quatre drames lyriques qui constituent la tétralogie de L’anneau du Nibelung de Wagner.

Élevé par Mime, un nain qu’il déteste, Siegfried apprend qu’il est le fils de Sieglinde, décédée des suites de l’accouchement. Ce n’est que plus tard qu’il connaîtra l’identité de son père, dont il se fait offrir l’épée brisée. Après l’avoir réparée, le héros sans peur se rend à la caverne d’un dragon pour y récupérer une bague. Ses aventures le mèneront à Brünnhilde, fille du dieu Wotan, dont il tombera amoureux.

Dès les premières notes de l’orchestre dirigé par Fabio Luisi, l’auditoire est transporté. Au même moment, sur scène, des images sont projetées sur une immense structure de 24 panneaux tournant lentement sur elle-même. L’acte s’ouvre dans une caverne sombre au milieu de la forêt où nous découvrirons les deux ténors Jay Hunter Morris, dans le rôle titre et Gerhard Siegel, dans le rôle du nain Mime.

La technologie au service de l’Opéra

Les images projetées sur la structure pivotante et la technique utilisée pour le faire ne sont pas sans rappeler celles du Moulin à Images, spectacle présenté par Ex Machina et Robert Lepage, dans le Vieux-Port de Québec. La mobilité des panneaux permettent d’obtenir un effet 3-D qui ajoutent un réalisme impressionnant à cette scène épurée mais bien habitée. Nous sommes sans l’ombre d’un doute, dans l’univers de Lepage.

L’opéra Siegfried, dont l’action est beaucoup plus complexe que ne le laisse entrevoir le résumé qui en a été fait précédemment, est chanté en version originale allemande. Malgré la barrière de la langue, on se laisse rapidement entraîner dans l’histoire grâce à la musique des mots. Pour ceux qui peur de perdre le fil, chaque siège est muni d’un petit écran affichant les paroles en simultané.

Les costumes du Montréalais François St-Aubin sont quant à eux très sobres mais saisissent l’essence des personnages. Une mention spéciale revient aux magnifiques costumes de Wotan - le Voyageur, dont un simple chapeau suffit pour nous situer entre sa forme divine ou humaine.

Place aux femmes !

Ce n’est que dans le 3e acte, après environ quatre heures de spectacle, incluant les entractes, qu’entre en scène la première femme, Patricia Bardon, dans le rôle de la déesse Erda. Elle porte un costume composé de morceaux de miroirs qui scintillent dans toute la salle. La palme au regard de la performance revient sans aucun doute à Deborah Voigt, qui incarne Brünnhilde. À la toute fin de l’opéra, alors que le héros découvre à la fois l’amour et la peur, la voix puissante de Voigt, c’est là peu dire, «décoiffe». L’émotion, dans l’auditoire, est alors à son comble, palpable.

Lepage ovationné

Malgré la richesse et la puissance des voix et un système technique imposant, le spectacle sait laisser place à la trame sonore. On se surprend parfois à fermer les yeux pour mieux apprécier le moment, parfois même à se laisser hypnotiser par les mouvements gracieux du chef d’orchestre.

À part quelques petits éléments de la mise en scène qui nous laissent parfois perplexes, dont un gros dragon gonflable peu crédible mais qui a bien diverti l’auditoire, le spectacle est à voir absolument. À la tombée du rideau, une longue ovation s’est imposée. Robert Lepage a rejoint son équipe sur les planches pour saluer son public, la satisfaction se lisant sur son visage souriant.

Pour plus d’information ou pour vous procurer des billets, rendez-vous sur le site du Metropolitan Opera :
http://www.metoperafamily.org

Pour en savoir plus sur les quatre opéras composant le Der Ring des Nibelungen de Wagner, consultez le microsite, très complet, créé par le Met Opera :
http://ringcycle.metoperafamily.org

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