Retour dans le temps musical avec l'exposition «Musique: Le Québec de Charlebois à Arcade Fire» au Musée McCord

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Crédit photo: John Taylor - Don de Nathalie Taylor
Crédit photo: Marylin Aitken
Crédit photo: Marylin Aitken
Crédit photo: Marylin Aitken

50 ans de musique, de souvenirs, de petites et grandes révoltes, de pleurs, de sourires, de modes pas toujours concluantes, de paillettes, de franges, de lourdes pertes et de puissants bouleversements: c’est un retour en arrière émouvant qu’offre le Musée McCord avec son exposition «Musique: Le Québec de Charlebois à Arcade Fire».

Que les plus grands

Le tout débute à l’heure du yéyé, des bottes blanches et des mini jupes colorées, à l’époque où les jeunes Ginette Reno et Donald Lautrec faisaient un tabac. Écouteurs aux oreilles, on replonge dans l’époque des boîtes à gogo, on sourit devant René Angélil et ses amis immaculés. Heureusement, on a le choix: des chansons qui joueront dans nos oreilles tout au long de l’exposition, à coups de simples extraits ou d’œuvres complètes.

Puis, pourquoi ne pas rêver un pays à notre tour? On se balade sur un fond de Charlebois ou de Vigneault et on est ébahis lorsque l’on se retrouve devant le manuscrit raturé de «Gens du pays». Ici revivent les juvéniles Claude Dubois, Gilles Vigneault, Clémence Desrochers et Charlebois.

Sur vidéo, de grands et de plus intimes moments ont été captés: Leonard Cohen composant dans son bain (!), Robert Charlebois en spectacle chantant «Ordinaire»

Créer un pays en chansons, s’engager politiquement: le désir suprême des Raymond Lévesque, Félix Leclerc, Pauline Julien, Claude Gauthier et Paul Piché. Et on ne peut s’empêcher d’écouter «L’escalier», pour la dixième, la centième fois. Viennent ensuite les «Chez nous» de Daniel Boucher, «En berne» des Cowboys fringants, «Les géants» des Loco Locass, puis le testament poétique de Dédé Fortin, «La comète» (dont le manuscrit aux fines écritures inspire recueillement et admiration).

L’ouverture sur le monde prend évidemment les traits de l’expo 67. Pas très loin, certaines des précieuses guitares de certains artistes - Daniel Boucher, Jim Corcoran, Louis-Jean Cormier, la guitare patchwork de Richard Séguin - sont présentées, accompagnées de commentaires audio (ou via iPad) de leurs populaires propriétaires légèrement nostalgiques.

Rêver d’autres manières de vivre et s’ouvrir à l’autre par la chanson sont d’autres thèmes en lien avec le parcours de la chanson québécoise. On y renoue avec Kashtin, Samian en duo avec Loco Locass, on refait connaissance avec les Indiens, les Cris, les Inuits. Pas très loin, évidemment, résonnent les mots du grand Richard Desjardins, et ceux du jeune aventurier Richard Séguin.

Le retour à la terre de Beau Dommage, la marginalité d’un jeune Jean Leloup, le nouveau désordre mondial, l’altermondialisation, le printemps érable… Ces moments charnières sont tous invoqués, pochettes de disques, découpures de journaux, archives et vidéos à l’appui.

Mon moment favori de l’exposition: les costumes de scène d’une quinzaine d’artistes et de musiciens que l’on peut admirer sur fond de musique québécoise (on a l’opportunité de choisir nos pièces québécoises coup de cœur afin de parcourir cette section de l’exposition intitulée «Vivre sa fantaisie».)

Ici reposent les habits et accessoires de scène des Claude Dubois, Diane Dufresne (sa fameuse robe théâtre), Raoul Duguay, Mes Aïeux, Rufus et Martha Wainwright, Robert Charlebois, Céline Dion (l’une de ses robes portées lors des célébrations du 400e de Québec), Claude Léveillée, Pierre Lapointe, Antoine Gratton, Voïvod et, pincement au cœur, les légendaires lunettes du tout aussi légendaire Dédé Fortin.

Après avoir vécu à nouveau, et sur grand écran, quelque un des «pas de géant» à l’étranger des artistes de chez nous (René Simard, Céline Dion, Arcade Fire, Voïvod…), c’est assis confortablement dans une petite salle obscure que l’on peut, ultimement, réécouter trois des chansons les plus mythiques: «Quand les hommes vivront d’amour», « Allelujah» et «Hymne à la beauté du monde».

L’exposition Musique: Le Québec de Charlebois à Arcade Fire est présentée au Musée McCord du 30 mai au 13 octobre 2014.
Informations et tarifs: www.musee-mccord.qc.ca

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