Requiem de Eifman, un ballet majestueux à la Place des Arts

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Trois ans après Anna Karenine, Boris Eifman est de retour à Montréal avec "Requiem", un ballet en deux temps présenté à la Place des Arts jusqu’au 25 février.

Une fois encore, le chorégraphe rend hommage aux lettres russes en s’inspirant du poème "Requiem" écrit par Anna Akhmatova antre 1935 et 1940. Ce spectacle envoûtant, évolue sur des musiques de Chostakovitch et Rachmaninov pour le premier acte, le "Requiem" inachevé de Mozart pour le second. La somme de toutes ces œuvres d’art donne "Requiem", un ballet conçu en 1991, que le chorégraphe laisse évoluer depuis et présente ici dans une version allongée de quelques scènes.

Le rideau s’ouvre sur un décor dépouillé : un pan de mur sombre représente la porte d’une prison, la lumière est froide et l’atmosphère funèbre. Devant la salle comble de la Salle Wilfried Pelletier, la terreur et le chaos de la répression du régime stalinien s’incarnent dans les corps des danseurs du Eifman Ballet. Leurs gestes et mouvements rigoureux traduisent tour à tour la peur, l’attente, la mort, le désespoir, exécutant des chorégraphies habitées. On y découvre un panel de personnages dont le quotidien se voit soudainement interrompre par l’armée de Staline, frappés par les exécutions, les enlèvements et la famine. Des personnages se distinguent: une mère, une épouse et un homme aux mains des soldats du régime, leur tragédie s’incarne dans des solos contorsionnés virtuoses et théâtraux, évoluant parmi des mouvements de groupes captivants.
Ce premier acte haletant et macabre laisse place à la suite : un après plus lumineux, où les allusions à l’URSS se dissipent malgré le retour de quelques personnages. La mort y est interprétée comme un passage sous ce magistral Requiem de Mozart donnant à l’ensemble une charge émotionnelle puissante. Le rideau se baisse sous les acclamations du public après 1h30 de danse et de musique, un spectacle aussi intense qu’élégant.

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