Les sept jours du Talion, maintenant Ă  l'affiche

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Les sept jours du Talion, maintenant Ă  l'affiche

Après une expérience des plus applaudies à la télévision (Minuit, le soir), tout le monde le réclamait au cinéma. C’est avec une adaptation d’un roman de Patrick Senécal (Les sept jours du Talion) que Daniel Grou, alias « Podz », s’est enfin décidé à faire le grand saut. Si Éric Tessier s’était correctement débrouillé avec deux adaptations cinématographiques du même auteur (Sur le seuil et 5150 rue des Ormes), Podz s’est pour sa part prêté à l’exercice avec un brio ô combien admirable. La question est réglée, le réalisateur ne sait pas seulement faire de la télévision. Ainsi, son premier long-métrage place la barre très haute pour les prochains films québécois de l’année 2010. Tant mieux.

Bruno Hamel (Claude Legault), trente-huit ans, pratique le métier de chirurgien et il habite un riche quartier de Drummondville avec sa femme et leur fillette de huit ans. Cette famille heureuse et apparemment intouchable voit son quotidien basculer le jour où la petite Jasmine est retrouvée violée et assassinée.

Aveuglé par la douleur qu’un parent peut vivre face à une telle perte, Bruno Hamel décide de construire sa propre vengeance pour en finir avec le meurtrier de sa fille. Pendant sept jours, ce père détruit soumettra Anthony Lemaire (Martin Dubreuil) aux pires tortures pour ensuite l’achever. Une fois son « devoir » terminé, Bruno Hamel se rendra, sans aucune résistance, aux autorités policières.

Exposé à cette histoire de Patrick Senécal, bon nombre de gens se surprendra à justifier les actes de tortures, pourtant terribles, qui y sont présentés. Ainsi, une question fort intéressante s’impose. Jusqu’à quel point peut-on laisser de côté notre morale pour poser des gestes que l’on croit acceptables? La réflexion est pertinente, certes, mais bon, si ce n’était que du sujet, il suffirait de lire le roman pour se satisfaire.

Concentrons-nous alors sur le produit cinématographique. Podz a fait un choix dangereux en abstenant son film de toute trame musicale. Les acteurs perdaient ainsi leur fidèle amie. Mission accomplie, que l’on parle de Claude Legault en père abattu, de Fanny Mallette en mère désespérée, de Rémy Girard en policier las de sa situation ou même de Martin Dubreuil en pédophile agresseur. Par ailleurs, les plans de Podz, souvent silencieux mais criant d’émotions, sont toujours ternes et sombres. Le réalisateur, qui rappelons-le en est à son premier long-métrage, n’a pas senti le besoin de s’armer d’une musique sentimentale et d’un montage accéléré pour dicter les émotions voulues aux spectateurs. Il a plutôt laissé l’histoire parler à travers des comédiens extraordinaires et une réalisation magnifique. Sur ce, le film est dur, oui. Excellent, encore plus.

Bon cinéma.

Maude McConnell-Legault

Commentaires

Bravo!!!

Très bien Maude, j'aime bien ton article. Bravo, ne lâche pas. Bonne journée...kike Garanto

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