Le verre selon Tiffany : la couleur en fusion au Musée des beaux-arts de Montréal

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12 février 2010 - 00:00

Conçue, réalisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal, l’exposition Le verre selon Tiffany : la couleur en fusion, présentée du 12 février au 2 mai 2010, est la première au Canada sur l’un des plus talentueux créateurs américains de tous les temps, Louis C. Tiffany (1848-1933).

Elle mettra l’accent sur la contribution exceptionnelle apportée par Tiffany au design et à la technologie du verre, qui lui a permis d'acquérir une réputation internationale. Près de 180 œuvres seront réunies, parmi lesquelles un ensemble de dix-huit magnifiques vitraux religieux de grandes dimensions et d’autres, profanes, un large éventail de vases en verre uniques aux formes organiques, une série de ses célèbres lampes ornées de glycines, de libellules et de magnolias, quelques exemples de tableaux, de mosaïques, de même que des dessins originaux des ateliers Tiffany et des photographies d’époque.

L’exposition est produite par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec sVo‑Musée du Luxembourg, Paris, et le Virginia Museum of Fine Arts, Richmond. Accueillie tout d’abord à Paris du 16 septembre 2009 au 17 janvier 2010, l’exposition ira ensuite à Richmond, du 28 mai au 15 août 2010.

De prestigieux musées ont consenti des prêts majeurs, parmi lesquels le Chrysler Museum of Art, le Virginia Museum of Fine Arts et surtout le Metropolitan Museum of Art (environ 40 pièces), le Musée de l’Ermitage, ainsi que des musées parisiens, le Musée des arts décoratifs, le Petit Palais et le Musée d’Orsay qui prête les vases acquis à l’origine par le Musée du Luxembourg au début du XXe siècle. L’exposition inclut également des œuvres inédites, provenant de collections privées.

UN EXCEPTIONNEL PATRIMOINE MONTRÉALAIS REDÉCOUVERT

L’un des temps forts de l’exposition sera un ensemble de vitraux monumentaux qui furent commandés pour l’église Erskine and American et qui font désormais partie de la collection du Musée. « Aujourd’hui, après plus d’un demi-siècle d’oubli, ce patrimoine d’exception est redécouvert. Avant que ces vitraux ne soient remontés, j’ai décidé de profiter de cette occasion unique pour les présenter dans une exposition », déclare Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal. Dans le contexte d’expansion du Musée et de restauration de l’église dont la nef deviendra sous peu la salle de concert du Musée, ces vitraux ont été en effet démontés et restaurés. Il s’agit de la plus importante entreprise de restauration d’œuvres au cours des cent cinquante ans d’histoire du Musée. L’exposition sera donc une occasion de voir ces splendides vitraux, présentés pour la première fois à hauteur des yeux, avant qu’ils ne soient réinstallés dans l’église. Réalisés entre 1897 et 1902, ils sont issus de la meilleure production d’art religieux des ateliers Tiffany, lorsque le travail du verre avait atteint son apogée. Aujourd’hui, après plus d’un demi-siècle d’oubli, ce patrimoine montréalais et canadien – la plus importante commande de Tiffany au Canada – est enfin redécouvert.

On pourra également admirer des prêts exceptionnels dont l’un des premiers vitraux créés par Tiffany vers 1880, qui ornait son appartement (Bella Appartments), l’un de ses chefs-d’œuvre, provenant du Metropolitan Museum of Art de New York, de même qu’un vitrail à décor de magnolias, de la collection du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, qui fut présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900, et enfin un vitrail créé par Tiffany d’après un dessin de Toulouse-Lautrec, prêté par le Musée d’Orsay.

TIFFANY, CHEF DE FILE DU DESIGN AMÉRICAIN

Son regard de peintre en matière de couleur et de composition, sa passion pour le verre et son instinct d’entrepreneur hors pair ont fait de Tiffany, dès 1900, un chef de file du design américain dont la réputation s’étendait jusque dans les grandes capitales européennes. Ses vases en verre soufflé, ses vitraux et ses lampes sont célèbres pour leurs effets de couleur et de lumière à la fois spectaculaires et originaux. Sa passion pour l'exotisme, l'ornementation somptueuse, le travail soigné et les qualités abstraites de la couleur l'ont placé au cœur de nombreux mouvements artistiques de son époque, depuis l'Arts and Crafts et le Mouvement esthétique américain jusqu'à l'Art nouveau et le Symbolisme. Sa renommée a fini par éclipser celle d'autres designers d'arts décoratifs américains et même par rivaliser avec celle des verriers européens de la fin du XIXe siècle.

LES THÈMES DE L’EXPOSITION

Divisée en six thèmes, l’exposition abordera les débuts de la carrière de Tiffany, fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur de la célèbre maison Tiffany & Co. à New York, et ses séjours en Europe, en particulier à Paris où il étudia la peinture dans l’atelier de Léon-Charles Bailly, puis son intérêt croissant pour l’art du verre; son travail de décorateur d’intérieurs pour des clients américains influents; ses relations avec le marchand d’art parisien Siegfried Bing qui contribua à la diffusion des créations de Tiffany en Europe; les vitraux, un aspect essentiel et pourtant moins connu de la production de Tiffany, dont on pourra mesurer l’importance des commandes et mieux connaître les designers; les vases en verre Favrile aux formes organiques et aux spectaculaires contrastes de couleurs et enfin, l’expansion de l’entreprise Tiffany avec, entre autres, la production des lampes qui contribuèrent à son immense popularité, ainsi que des objets.

LES COMMISSAIRES

L’exposition a été initiée par Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal. Le commissariat général de l’exposition est assuré par Rosalind Pepall, conservatrice principale des arts décoratifs anciens et modernes au MBAM, en collaboration avec deux commissaires invités, spécialistes éminents de l’œuvre de Tiffany : Alice Cooney Frelinghuysen, conservatrice (Anthony W. and Lulu C. Wang) des arts décoratifs américains au Metropolitan Museum of Art de New York ainsi que Martin Eidelberg, professeur émérite d’histoire de l’art à la Rutgers University, New Brunswick (New Jersey).

LE CATALOGUE

Première publication majeure en français sur Tiffany, le catalogue de l’exposition est publié sous la direction de Rosalind Pepall par le Service des éditions scientifiques du Musée des beaux-arts de Montréal, en coédition avec Skira Flammarion. Publié également en anglais, cet ouvrage de 261 pages et 250 illustrations sera diffusé à l'échelle internationale. Il réunit des essais par les conservateurs et plusieurs spécialistes qui examinent pour la première fois l’œuvre de Tiffany dans son contexte européen. Ce livre est divisé en six chapitres : Les débuts; Intérieurs; Vitraux; Vases; Luminaires et objets décoratifs; Rayonnement international. Suivent les notices, la chronologie, la liste des œuvres et une bibliographie sélective.

LA SCÉNOGRAPHIE

La scénographie de l’exposition a été confiée à Hubert Le Gall. Le designer a conçu un élégant aménagement de l’espace qui rehausse l’éclat des vitraux, met en valeur les innombrables formes du verre Favrile et fait ressortir les lumineuses couleurs des lampes. Celles-ci sont placées sur des socles individuels de manière à ce que le visiteur puisse en faire le tour et bénéficier d’une relation intime avec chaque lampe qui est unique. En se déplaçant de l’une à l’autre, il peut en même temps apprécier la variété des modèles exposés.

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