L'expo «Environnement total : Montréal, 1965-1975» au CCA

Début de l'événement: 
19 mars 2009 - 00:00

Cette exposition, qui prendra l’affiche du 19 mars au 23 août 2009, témoigne de l’influence durable exercée par le concept d’environnement total issu à Montréal de l’architecture éphémère, dans les années 1960 et 1970.

Le Centre Canadien d’Architecture (CCA) présente Environnement total : Montréal, 1965-1975. L’exposition, qui rassemble divers documents empruntés à plusieurs institutions et collectionneurs particuliers, témoigne de l’influence durable exercée par le concept d’environnement total issu à Montréal de l’architecture éphémère, dans les années 1960 et 1970.

« Aujourd’hui, tout est environnement » déclare, au début des années 1970, un journal montréalais. Au cours de la dernière décennie, le terme « environnement » a dominé le discours et la pratique des artistes, architectes, intellectuels et activistes intervenant dans le domaine social. Les visiteurs de l’Expo 67, cet événement qui a attiré l’attention du monde entier sur Montréal, ont discuté de ses présentations fantasmagoriques. Les critiques, dont Reyner Banham et Sybil Moholy-Nagy, ont signalé que les spectacles multimédias et le système de transport spectaculaire avaient éclipsé les objets architecturaux et les espaces traditionnels. Plusieurs ont vu dans l’Expo même une forme nouvelle et radicale d’environnement total élargi, voire extravagant.

L’intérêt porté à l’art environnemental et à l’action, dans les années 1960 et 1970, se fonde sur une quête esthétique enracinée dans la recherche de gesamkunstwerk (œuvre d’art totale) en vogue au XIXe siècle. Ce concept avait déjà ressurgi au début du XXe siècle dans la pédagogie de l’école du Bauhaus, l’art cinétique de Laszlo Moholy-Nagy et les sculptures environnementales du dadaïste Kurt Schwitters. Ces premières expériences ont inspiré l’exploration d’environnements totaux menée par des artistes, architectes et intellectuels vivant à Montréal, qui ont adopté avec enthousiasme les technologies et matériaux propres à l’ère de la conquête de l’espace, de l’informatisation et de la mise en œuvre de moyens de communication de masse inconnus. Ils se sont crus à l’aube d’une « seconde révolution industrielle » où les technologies de l’information libéreraient l’humanité.

Délaissant galeries et musées, ils ont réinventé les anciennes formes de spectacle telles que ballet, théâtre, cirque, cinéma, lecture de poésie et concert; ils ont envahi les espaces publics et ont trouvé de nouveaux lieux pour les créations collectives et les installations multimédias. Environnement total : Montréal, 1965-1975 témoigne de ces événements éphémères par le biais de projections vidéo et la présentation de films, d’objets, de publications, d’affiches et de documents d’archives. Les visiteurs auront la chance exceptionnelle de voir l’introscaphe original (1968-1970) d’Edmund Alleyn; les environnements gonflables et cybernétiques de Gilles Boisvert; des images du célèbre restaurant-galerie-discothèque Le Drug; le projet de centre commercial et récréatif Palais Métro conçu par François Dallegret; Futuribilia et Les mondes parallèles, deux environnements propres à l’ère de l’espace signés Maurice Demers; les sculptures cinétiques multimédia et les machines de Richard Lacroix (Fusions des arts); les objets usuels ou gonflables de Marco Lepage, membre canadien du célèbre collectif EAT (Experiments in Art and Technology); les photographies des discothèques mythiques réalisées par Jean-Paul Mousseau; les maquettes de sculptures habitables de Robert Roussil); ainsi que des revues, des vidéoclips, des pochettes de disques et des affiches.

L’ÉQUIPE DES CONSERVATEURS

Environnement total : Montréal, 1965-1975 est le fruit d’un séminaire de recherche dirigé par Alessandra Ponte à l’Université de Montréal, auquel ont participé des étudiants à la maîtrise : Christian Aubin, Marie-France D. Bouchard, William Leblanc, Jeanne Leblanc-Trudeau, Sophie Julien, Louis Stabile et Cuong Tran. Environnement total poursuit la série d’expositions réalisées en collaboration avec des universités. Elle fait suite au Revenant de l’utopie (organisée avec l’école d’architecture, d’urbanisme et de conservation de l’université Columbia, et Reinhold Martin, en 2008); Monter/Brocher/Plier 2 : l’architecture radicale dans la presse parallèle des années 196X-197X (avec l’université de Princeton et Beatriz Colomina, en 2007); et Vie dans l’éponge (avec le SENSEable City Laboratory du Massachusetts Institute of Technology, et Carlo Ratti, en 2006). La prochaine exposition de la série sera réalisée en 2010, en collaboration avec l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), à partir d’un séminaire de Sylvia Lavin intitulé « Take Note ».

PROGRAMMES CONNEXES

Tout au long de l’exposition, le CCA présentera une série de programmes publics connexes, dont une causerie donnée par quelques-uns des conservateurs de l’Université de Montréal et Alessandra Ponte, dans la salle d’exposition, le jeudi 19 mars à 18 h.

À PROPOS DU CCA

Le CCA est un centre international de recherche et un musée créé en 1979 avec la conviction que l’architecture est d’intérêt public. Fort de ses vastes collections, le CCA est un chef de file dans l’avancement du savoir, de la connaissance et de l’enrichissement des idées et des débats sur l’art de l’architecture, son histoire, sa théorie, sa pratique, ainsi que son rôle dans la société.

Vingt ans après avoir ouvert ses portes au public, le Centre Canadien d’Architecture (CCA) fête son anniversaire en organisant, tout au long de l’année 2009, un ambitieux ensemble d’activités. Phyllis Lambert, directeur fondateur et président du conseil des fiduciaires, et Mirko Zardini, directeur et conservateur en chef, ont présenté des programmes et initiatives qui soulignent les réalisations du CCA et visent à accroître son influence et son rôle d’institution culturelle unique.

Ajouter un commentaire