Andy Warhol à Montréal : l'expo au Musée des beaux-arts a attiré 130 000 personnes

Warhol Live: La musique et la danse dans l’œuvre d’Andy Warhol. Du 25 septembre 2008 au 18 janvier 2009. L'expo a attiré 130 000 personnes selon les organisateurs.
Pour la première fois dans l’historiographie de l’œuvre d’Andy Warhol (1928-1987), l'exposition-événement Warhol Live, présentée du 25 septembre 2008 au 18 janvier 2009, mettra en lumière l’omniprésence et le rôle fondamental joué par la musique et la danse, dans l’œuvre et dans la vie de l’artiste. Élément narratif essentiel, présente tout au long du parcours de l’exposition, la musique guidera le visiteur dans une redécouverte de l’œuvre de Warhol. Cette perspective tout à fait inédite suivra une lecture chronologique et thématique, depuis la musique de film que Warhol découvre dans sa jeunesse jusqu'à la scène disco du Studio 54, le mythique nightclub ouvert en 1977 dont il fut l’un des habitués les plus notoires. Cette présentation réunira quelque 640 œuvres et objets, peintures, sérigraphies, photographies, œuvres sur papier, installations, films, vidéos, pochettes de disque, de même que des objets et documents tirés des archives personnelles de l’artiste. Elle mettra en relation des œuvres majeures et emblématiques de l'artiste (portraits d’Elvis, de Marilyn, de Liza Minnelli, de Grace Jones, de Mick Jagger, de Debbie Harry, des Autoportraits, les Campbell's Soup Cans…) et d'autres moins connues (pochettes de disques, illustrations, photos, polaroïds…). S’y ajoutent des films de l'artiste, tels que Sleep et Empire, ou encore les Screen Tests des musiciens du célèbre Velvet Underground, les émissions Andy Warhol's TV et des vidéoclips produits pour des groupes tels que The Cars et Curiosity Killed the Cat. L’exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en partenariat avec le Andy Warhol Museum, l’un des quatre Carnegie Museums de Pittsburgh.
Les œuvres proviennent du Andy Warhol Museum de Pittsburgh, ainsi que d’importantes collections publiques et privées européennes et nord-américaines, dont une collection montréalaise comprenant l’ensemble des pochettes de disques réalisées par Warhol.
Quatre grands thèmes structureront le déroulement de l’exposition : Tuning In, qui explore les fondements de la culture musicale d’Andy Warhol ; Sound and Vision, qui met en lumière la fascination de Warhol pour la musique et la danse de son temps ; Producer, qui éclaire le nouveau rôle de Warhol en tant que maître de la Silver Factory et producteur du groupe The Velvet Underground ; Fame, intimement lié à la musique, avec le Studio 54 et les personnalités des mondes croisés de la célébrité et du « beat ».
La musique, une composante essentielle dans l’œuvre de Warhol
Si l'intérêt d'Andy Warhol pour la musique ne transparaît que de façon extrêmement anecdotique et laconique dans les pages de son Journal et lors de ses nombreuses entrevues, la permanence de la musique et de sa représentation dans son œuvre est remarquable et prépondérante. Elle en est même la composante invisible mais essentielle.
Du dessin réalisé en 1948 pour la couverture de Cano – la revue des étudiants du Carnegie Institute of Technology, et qui représente un orchestre dans le style dit « tamponné » – aux portraits mondains de Mick Jagger, Liza Minnelli ou Prince, Andy Warhol aura tout au long de sa carrière réalisé des dizaines de portraits des grandes icônes de la musique populaire du XXe siècle, d'Elvis aux Rolling Stones à Michael Jackson. Depuis son arrivée à New York, en 1949, jusqu'à 1987, la toute dernière année de sa vie, il aura aussi illustré une cinquantaine de pochettes de disques, allant du Lac des Cygnes de Tchaïkovski à Aretha Franklin en passant notamment par Count Basie, Artie Shaw, The Velvet Underground, les Rolling Stones, Diana Ross, Blondie... Témoin des commandes et des affinités changeantes de Warhol, le fil de cette iconographie se lit comme une histoire du goût musical de la société américaine d'après-guerre, allant du classique au jazz, puis au rock, à la pop et à la soul ainsi qu'au disco et au hip-hop.
Or la présence de la musique dans l'œuvre de Warhol va bien au-delà de la simple iconographie. Warhol sera l'orchestrateur de toutes les fêtes de demain (« All Tomorrow's Parties ») à la Silver Factory, procurant une scène idéale et éphémère à Edie Sedgwick, sa muse mouvante et son premier alter ego ; il sera producteur du groupe The Velvet Underground ; il prêtera son concours artistique à la chorégraphie Rain Forest de Merce Cunningham ; il fera du Studio 54 le prolongement de son atelier. Sur la musique, cet art invisible qui anime les corps et situe les êtres dans l'espace et dans leur temps, il imaginera l'œuvre d'art totale que fut Exploding Plastic Inevitable. Il s'imaginera lui-même en Sculpture invisible. Il intégrera la musique à ses films, il filmera les concerts. Il réalisera des vidéoclips, rencontrera des musiciens, notamment pour Interview, la revue qu'il fonde en 1969. Et surtout, par ce jeu de miroir et d'osmose qu'il a projeté sur ses contemporains, il deviendra lui-même une rockstar, à l'égal de Mick Jagger ou de Debbie Harry, sa dernière égérie.
Scénographie
La scénographie de l’exposition, réalisée par Guillaume de Fontenay, évoquera certains temps forts de cette relation entre l'art et la musique par le biais de reconstitutions qui, sans aller jusqu'à l'exactitude de « period rooms », permettront de découvrir au plus près l'univers de la Silver Factory, mise en scène par le photographe Billy Name, le spectacle multimédia Exploding Plastic Inevitable sur la musique du Velvet Underground, les Silver Clouds réalisés pour la chorégraphie Rain Forest de Merce Cunningham sur la musique de David Tudor, ainsi que l'ambiance musicale du Studio 54, véritable prolongement de l'atelier de Warhol des années 1970 jusqu’à la fin de sa vie.
Publications
Pour la première fois deux publications aborderont l’influence de la musique dans l’œuvre de Warhol. Sous la direction de Stéphane Aquin, le catalogue de l’exposition (288 pages, 450 illustrations) comprend des essais de nombreux spécialistes de l’artiste, des témoignages (dont celui de Glenn O’Brien, directeur d’Interview) et des documents inédits. Parallèlement, le premier catalogue raisonné des pochettes de disques réalisées par Andy Warhol a été rédigé par le collectionneur de ce corpus, Paul Maréchal. Ces ouvrages sont publiés en français et en anglais par le Service des éditions scientifiques du Musée et distribués par Prestel.
Commissariat
Les commissaires de l’exposition sont Stéphane Aquin, conservateur de l'art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal, Emma Lavigne, conservatrice au Musée national d’art moderne / CCI du Centre Pompidou, Paris, et Matt Wrbican, archiviste au Andy Warhol Museum, Pittsburgh. Greg Pierce, conservateur adjoint au Andy Warhol Museum, a monté la programmation de films et de vidéos de l’exposition.
Commanditaires
Le programme d’expositions internationales du Musée des beaux-arts de Montréal jouit de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du fonds Paul G. Desmarais.
Le Musée des beaux-arts de Montréal remercie Gestion de portefeuilles GBC et Bell de leur soutien ainsi que ses partenaires médias La Presse et The Gazette. Sa gratitude va également au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec pour son appui constant.
Le Musée tient à souligner l’appui indéfectible de l’Association des bénévoles du Musée des beaux-arts de Montréal. Enfin, il remercie tous ses membres ainsi que les nombreuses personnes, entreprises et fondations qui lui accordent leur soutien.
Droits d’entrée
Pavillon Jean-Noël Desmarais
Niveau 3
Commentaires
Andy Warhol
Suite a un projet que mon fils a creer sur Andy Warhol en 5e année, il me demande souvent quand nous pourrons visiter l'exposition. On a hates!
Wahrol
Depuis déjà 2 semaines :)
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