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Expo sur L'or des Amériques au Musée de la civilisation à Québec

Expo sur L'or des Amériques au Musée de la civilisation à Québec

Teishua, Nia, quri, ouro, oro, gold. Ces mots si différents désignent tous l’or, ce métal précieux par excellence dont l’exploitation a transformé le destin du continent américain en attisant bien des convoitises, en bouleversant la vie des autochtones, des conquérants, des explorateurs et des pionniers.

La quête perpétuelle de l’or a provoqué la colonisation des nouveaux territoires, l’immigration massive, la création de villes éphémères, l’accumulation de fortunes colossales et la ruine de milliers d’êtres humains. Une saga passionnante et brillamment racontée par le Musée de la civilisation à Québec jusqu’au 11 janvier 2009.

Après, elle s’envolera vers Paris, où les visiteurs du Muséum national d’Histoire naturelle de France pourront l’apprécier au cours du printemps 2009. L’exposition Or des Amériques sera l’un des événements majeurs du 400e anniversaire de la ville de Québec.

« Comme le cours de l’or, le savoir-faire et l’expertise du Musée de la civilisation est à la hausse. L’exposition Or des Amériques confirme ses assises bien établies sur l’échiquier muséal international, car nous avons réalisé des ententes avec 65 prêteurs de collections publiques et privées provenant de neuf pays. Les visiteurs du Musée auront droit à une exposition unique et spectaculaire sur le développement et l’histoire des Amériques vus à travers la quête de l’or. Ils pourront admirer plusieurs des objets présentés pour la première fois en exposition », a déclaré la directrice générale du Musée de la civilisation, madame Claire Simard.

La salle d’exposition est transformée en un véritable écrin où prennent place, dans cinq zones, plus de 450 objets inestimables, soit en raison de leur rareté, de leurs origines, de leur histoire ou du symbole qu’ils représentent. Provenant de la Colombie, du Mexique, du Pérou, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la France, des États-Unis et du Canada, ils forment un corpus flamboyant mis en valeur par un design audacieux et par des éclairages faisant ressortir toute leur beauté. Bijoux, objets de cultes et parures d’or pur modelés par les différentes civilisations précolombiennes; sculptures, peintures, modestes souvenirs d’orpailleurs, pépites et lingots d’or raviront les visiteurs.

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Un lien divin

L’attirance de l’homme vers l’or n’a pas d’âge. Les civilisations précolombiennes qui se sont succédées sur le territoire de l’Amérique du Sud, au fil des siècles, vénéraient leurs dieux à travers la confection d’emblèmes, d’ornements et de parures rituelles, croyant ainsi intensifier le lien sacré entre le pouvoir des élites et les forces cosmiques et magiques. Les recouvrements d’or et d’argent sur cuivre, le travail du platine dans les miniatures et la dorure circulent depuis la côte des Andes. Du côté du Mexique, l’orfèvrerie apparaît beaucoup plus tard, soit vers 1250 de notre ère. Les somptueuses parures funéraires datent de cette époque. Chez les Aztèques, qui croyaient que l’or était la sueur du Soleil, les élites avaient créé des ateliers d’orfèvrerie soumis à des normes de production très strictes à leur usage exclusif.

L’or et ses pouvoirs

L’éclat de l’or hante les esprits des puissances européennes depuis des siècles. L’imaginaire embrasé par les récits de Colomb, les Espagnols s’implantent dans les Caraïbes et sur le continent sud-américain s’appropriant d’abord les objets d’or, puis les terres, jusqu’aux indigènes eux-mêmes les soumettant au travail forcé pour extraire le métal précieux des graviers alluviaux. Des casques, des armures, des étriers d’argent nous rappellent ces conquistadors dont les plus célèbres sont Hernán Cortés qui a conquis le Mexique et Francisco Pizarro qui a conquis le Pérou. Leur soif inextinguible de l’or décimera des populations entières qu’on remplacera alors par des esclaves africains qui possèdent de nombreuses aptitudes à déceler les indices de la présence de gisements aurifères et à manier les outils spécialisés. Leur présence transformera le paysage démographique par l’émergence d’une population métisse toujours grandissante et qui, avec le temps, deviendra majoritaire.

De l’or, de l’or ! La ruée vers l’or californien et le Klondike

Le 24 janvier 1848, James William Marshall découvrait de l’or dans les eaux de l’American River, en Californie, déclenchant ainsi la plus gigantesque ruée de toute l’histoire ! De l’or, de l’or ! La fortune instantanée à la portée de tous. Des spécimens géologiques, des pics (dont le marteau et la fameuse pépite Wimmer-Marshall qui aurait déclenché la ruée), des coffres, des objets utilitaires en or (tasses, clou, montre) témoignent de cette effervescence qui a fait naître des villes comme San Francisco. Mais parmi les honnêtes orpailleurs, se sont infiltrés des criminels figurant dans le cahier des voleurs d’or les plus recherchés et qui ont sûrement pensé prendre le coffre-fort de la Wells Fargo ! En 1896, le Canada connaît aussi une fantastique ruée vers l’or : le Klondike. Du coup, les autochtones du Nord-Ouest voient leurs territoires envahis par des prospecteurs. Résultat : la dernière ruée vers l’or du XIXe siècle parachève la colonisation de l’ouest du continent. Malgré des conditions de prospection très rudes (sol gelé, climat froid), la ruée vers le Klondike entraîne le développement des principales villes de l’ouest de l’Amérique du Nord : Victoria, Vancouver, Edmonton, Calgary, Portland, Seattle. En 1897, la ville de Dawson compte 1 500 habitants et 30 000 âmes de plus l’été suivant ! Plus tard, c’est dans le Nord du Québec que la découverte de gisements d’or permettra l’émergence de villes comme Val-d’Or.

Il inspire, il couronne, il se met au service de la science

En plus d’évoquer la richesse et l’opulence, l’or inspire les créateurs d’art contemporain comme Daniel Brush et consacre les meilleurs dans leur discipline respective (médailles d’or olympiques, disque d’or, bagues en or).

Mais attention ! L’or est éclatant et séduisant, mais c’est aussi un métal plein de ressources ! Les scientifiques l’appliquent comme filtre solaire sur les satellites, les vaisseaux spatiaux, les visières des casques des astronautes ou les vitres des avions Airbus. L’industrie biomédicale l’expérimente sous forme de puces électroniques implantées par intraveineuse dans le système sanguin pour apporter des soins, dans les implants de l’oreille moyenne, dans les sondes neurochirurgicales, les stimulateurs cardiaques et jusque dans le traitement du cancer. Tous les espoirs sont permis !

L’industrie minière

L’extraction de l’or de la terre a beaucoup évolué. Au cours du XXe siècle, la prospection et l’exploration deviennent des activités spécialisées demandant du personnel scientifique : géologues, géochimistes, géophysiciens… L’automatisation du forage à distance assure la sécurité des travaux d’excavation. Il va sans dire que l’enjeu du XXIe siècle pour l’industrie minière aurifère sera de trouver un équilibre entre l’exploitation et le respect de l’environnement ainsi que des populations locales. Sans être parfaite, une certaine prise de conscience se développe. L’Association minière du Canada et celle du Québec soumettent leurs membres à des normes de plus en plus strictes en matière d’environnement et de développement durable. Pour illustrer cette problématique, les visiteurs pourront visionner trois courts métrages de Martin Frigon et de Marcelo Riveros qui présentent la réalité de divers acteurs du milieu minier à Pascua Lama, au Chili.

La plus grosse pièce de monnaie d’or pur

Au centre de la salle, dans une grande cage de verre, le visiteur sera étonné de voir la plus grosse pièce de monnaie d’or au monde. Créée par la Monnaie royale canadienne, cette impressionnante pièce est constituée de 100 kg (ou 3 215 onces) de l’or le plus pur qu’on puisse actuellement produire (à 99,999 pour cent). Elle possède une valeur nominale d’un million de dollars. Autour de cette vitrine peu commune, sont installées des banquettes rondes d’où surgissent des tubes abritant de bien curieux objets : de l’or comestible 24 carats, une bouteille de liqueur à la cannelle avec des pépites d’or, un embout de stylo Bic en or, une cuillère à café MacDonald en or et même des pilules d’or !

Finalement, le manuscrit original du poème Le vaisseau d’or du poète Émile Nelligan (1879-1941) nous glisse doucement vers la sortie de cette éclatante exposition et nous prouve que l’or ne cessera jamais d’embraser l’imaginaire de l’Homme : Ce fut un grand vaisseau taillé dans l'or massif : ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues…

Publication

Afin de cerner de façon encore plus globale cette grande histoire qu’est celle de l’or dans les Amériques, mais aussi pour vous permettre de conserver un souvenir impérissable de l’exposition, un magnifique ouvrage a été publié en coédition avec Les éditions du Septentrion. Dans cet ouvrage particulièrement bien documenté et merveilleusement illustré, une brochette des meilleurs experts au monde dans les domaines de l’archéologie, de l’anthropologie, de l’histoire, de l’histoire de l’art, de la géologie et des cours boursiers de l’or traitent chacun à leur tour d’un aspect de l’exposition. La publication est en vente à la Boutique du Musée au coût de 49,95 $.

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