Carré rouge sur fond noir: un angle assumé

Début de l'événement: 

26 août 2013 - 20:30
Catégories:

Lundi le 26 aout 2013, c’était la première du documentaire Carré rouge sur fond noir. La file d’attente se fait longue pour entrer dans la salle de projection. On y retrouve des jeunes visages, des têtes colorées, et quelques-unes plus matures. Ils ont tous un point commun: ils affichent un sourire. Une énergie positive est installée dans la salle de l’Excentris.
Les réalisateurs ne prétendent aucune objectivité absolue. Ils ont suivi les membres de la CLASSE et ce sera la couleur adoptée.
Déjà plus d’un an depuis le retour en classe émotif des étudiants. Pourtant les réalisateurs Santiago Bertolino et Hugo Samson auront réussi à faire revivre des émotions qui ont empreint l’histoire de la grève étudiante 2012 : de la frustration à la peur, en passant par le rire et l'espoir.
La caméra se transforme en une fenêtre ouverte dans l'univers du mouvement étudiant. Un médium qui présente l’intérieur d’une association dont le fondement est la démocratie directe. L’histoire prend forme à travers les protagonistes Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, co-porte paroles de la CLASSE, et leurs collègues Maxime,Justin et Victoria. Des premiers tracs distribués dans la «caf» du Cégep du Vieux-Montréal, aux fameux propos de Jean Charest au congrès sur le Plan Nord, les documentaristes content l’histoire des grévistes en passant par les moments les plus importants qui font maintenant partie de l’histoire.
Peu de nouveaux éléments sont révélés : manifestations nocturnes, le congrès du Plan Nord, Victoriaville, le mouvement des casseroles, les arrestations massives et des négociations étirées. Les spectateurs découvront plutôt un portrait chronologique et historique de la grève étudiante, à travers la lentille d'une caméra installée dans les coulisses de la CLASSE. Les obstacles des protagonistes seront la guerre de l’image, les discours politiques et médiatiques et le jeu de la manipulation de l’opinion publique : une réalité qui frappe fort dans les visages des militants et militantes.
Le documentaire aurait gagné des points à présenter davantage de confrontations entre les étudiants des deux camps: les «carrés verts » versus les «carrés rouges». C’est pourquoi que la séquence durant le piquetage dans le Cégep de Saint-Laurent sera certainement l’un des points les plus forts du documentaire. La polarisation commence à s’imprégner et la caméra joue le rôle de témoin. Carré rouge et carré vert s’affrontent. Un microportrait d’une situation sociale à la grandeur du Québec.
Un documentaire qui sera apprécié par les carrés rouges, les grévistes et les citoyens du printemps érable. Il faudra quelques années pour que la poussière retombe afin que le « grand public » puisse le regarder avec un peu de recul. Ce documentaire fera couler beaucoup d’encre par les médias populaires. Les opposants à la grève étudiante voudront peut-être répliquer? Peut-être qu'un débat public ne tarde à resurgir. N'est-ce pas cela le pouvoir d’un documentaire engagé ?

Le film en version intégrale prendra l'affiche à Montréal dès le 30 août au Cinéma Excentris, et dès le 6 septembre au Cinéma Cartier à Québec.

Partager

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Ajouter un commentaire