Duceppe présente Le Diable rouge

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10 avril 2013 - 00:00

En 1658, Mazarin, cardinal de son état, premier ministre de la régente Anne d’Autriche, règne en maître sur le royaume de France. Se sachant atteint d’une maladie incurable, Mazarin achève l’éducation de son filleul Louis XIV. Au moyen de ruses diplomatiques, il négocie un traité de paix avec l’Espagne, en échange du mariage du jeune Louis avec l’infante Marie-Thérèse. Mais le futur roi est épris de la nièce du cardinal, la jeune Marie Mancini. Nous sommes tout à coup témoins de tous les jeux de pouvoir de Mazarin, de Colbert aux finances, et de la régente. Chacun y va de son intérêt et magouille allègrement pour y arriver. Mais malgré son jeune âge, Louis a bien appris de son maître. Il ne se laissera pas manipuler facilement.

Une leçon inquiétante qui décrit les nécessités et les obligations de la démarche politique où les volontés personnelles des grands de ce monde se font très souvent au détriment et dans l’oubli du peuple.

Si on associe souvent les intrigues historiques aux grandes passions secrètes, aux déchirements amoureux et aux troubles profonds des héros classiques, Antoine Rault nous amène, dans Le Diable rouge, plutôt là où règnent les esprits et le savoir-faire intellectuel. Les personnages mythiques qui animent les scènes du Diable rouge sont tous plus doués les uns que les autres aux jeux de la raison, chacun ayant appris du grand maître Mazarin à surpasser intellectuellement son adversaire. Ou à « mazarer », comme le dit le metteur en scène Serge Denoncourt.

Naissent de la plume de Rault des dialogues particulièrement savoureux et riches, des scènes où les affronts entre les tout-puissants de France se font dans la plus grande élégance, justesse du mot et pertinence de l’argument à l’appui. Les répliques s’enchaînent à la vitesse d’une pensée. Les mots appuient, dévoilent, dissimulent, aiment, contournent, blessent, lèguent et confrontent. Les mots servent, atteignent leur cible à tout coup. L’histoire de France telle que vécue sous Mazarin et revue par Rault se joue un mot à la fois, d’une guerre à l’autre et avec la parole comme arme principale.

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Source: Jean-Sébastien Rousseau

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