Cirque Alfonse: puiser l’inspiration dans la tradition

Début de l'événement: 
18 décembre 2012 - 20:00
Cirque Alfonse

Pas besoin d’une esthétique léchée pour charmer les adeptes de cirque. Et cela, le clan Carabinier-Lépine l’a bien compris. Après avoir conquis le public du festival Montréal complètement cirque en 2011 avec Timber, le voilà prêt pour une supplémentaire à la Cité des Arts du Cirque (TOHU).

Dans un décor digne d’un camp de bûcherons, le Cirque Alfonse déballe son attirail de numéros. Du main à main avec des billots de bois, de la jonglerie avec des haches, de la roue Cyr avec une vieille roue de charrette, de la barre russe avec un bâton de draveur… Rien ne semble venir à bout des trois barbus, Antoine Carabinier-Lépine, Jonathan Casaubon et Guillaume Saladin. Sur scène, ils multiplient les prouesses, alors que musique traditionnelle et chansons grivoises donnent le ton.

Créé à Saint-Alphonse-de-Rodriguez sur la terre d’Alain Carabinier, le patriarche, Timber reste avant tout une histoire de famille. Une histoire teintée d’humour et de sensibilité qui raconte les chantiers, la vie de milliers d’hommes qui quittaient la résidence familiale des hivers durant pour bûcher et scier à la sueur de leurs fronts. «On a passé trois mois dans la grange de mes parents à utiliser seulement les choses que nous trouvions dans les alentours», confie Julie Carabinier-Lépine, qui donne une touche de fougue à la création.

Élément séducteur de la bande, la diplômée de LADMMI s’est d’abord joint à son père et à son frère pour former le Cirque Alfonse en 2005. Depuis, le cercle s’est agrandi, la vision, précisée, mais toujours ce même désir de perpétuer une tradition familiale de cirque itinérant. «Au Québec, il y a de plus en plus de jeunes de notre génération qui forment des compagnies et commencent peu à peu à intégrer leurs enfants aux spectacles», ajoute la jeune danseuse, qui transmet déjà l’amour du cirque à son fils d’à peine un an, Arthur.

«La façon de faire du Cirque Alfonse est assurément unique», affirme le violoniste David Boulanger, qui a participé à la composition musicale de La Brunante, premier spectacle de la bande. C’est en collaborant avec les musiciens Josianne Laporte, David Simard et André Gagné qu’il s’est une fois de plus lancé dans l’aventure circassienne. «Avec Timber, on a voulu aller chercher un spectre beaucoup plus large d’instruments», souligne-t-il, vraisemblablement satisfait du résultat.

Depuis le 18 décembre, Timber fait salle comble à la TOHU. Et le public en redemande, les représentations s’y poursuivant jusqu’au 6 janvier 2013. Fin janvier, le Cirque Alfonse s’envolera pour la France. Une tournée qui promet d’ouvrir de nouveaux horizons aux Carabinier-Lépine et à leurs acolytes, tous plus déterminés les uns que les autres à faire connaître les racines québécoises. Qui sait, leur passion les amènera peut-être à rassembler des artistes de la scène «trad» en sol européen cette fois.

Crédits photo: Cirque Alfonse

Ajouter un commentaire