Remise du «Toi Moko» au Musée de la Nouvelle-Zélande par le MBAM

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21 novembre 2012 - 09:00

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a remis aujourd’hui un «Toi Moko» au Musée de la Nouvelle-Zélande Te Papa Tongarewa de Wellington (Te Papa) lors d’une cérémonie officielle émouvante en présence des instances des deux musées respectifs. Le retour en Nouvelle-Zélande de cette tête māori fait suite à la demande des populations indigènes māori qui, depuis deux décennies, ont entrepris des démarches pour rapatrier environ 500 restes ou têtes tatoués et momifiés, dispersés dans les collections publiques du monde entier.

Sur la proposition de la direction du MBAM, le conseil d’administration a voté à l’unanimité l’an dernier en faveur de cette demande, spécifiant que, selon lui, « il ne s’agit pas réellement d’une restitution, donc d’un transfert de propriété, car la propriété du corps humain est inaliénable ».

« Au cours des recherches que nous avons menées sur nos collections des cultures du monde pour réaliser l’an dernier le Musée réinventé, une réponse positive à la demande du Te Papa s’est imposée », déclare Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM. « C’est pour nous un soulagement de savoir que ces restes humains reposeront désormais sur la terre de leurs ancêtres. C’est aussi justice de penser qu’ils ne seront plus jamais livrés à la curiosité du public ou entreposés comme artefacts dans des réserves muséales. Notre regard s’éduque et nous trouvons aujourd’hui normal que la dignité humaine soit respectée, même si persistent, à mon sens, des questions d’éthique sur ce que nous donnons à voir, notamment dans le cas de certaines expositions de cadavres. Cette problématique demeure très actuelle. »

Le Toi Moko (1949.Pc.14) du MBAM est un don de F. Cleveland Morgan qui l’avait lui-même acquis le 9 août 1949 à la Berkeley Galleries de Londres. Cette tête momifiée à la peau tatouée, montée sur une couronne tressée de fibres végétales cousue à même la peau du cou, a été exposée en salle entre 1982 et 1984. Elle était depuis conservée dans les réserves du Musée. Rappelons qu’au XVIIIe siècle, la colonisation de la Nouvelle-Zélande par les Européens a vu émerger une certaine fascination pour les têtes māori, alors considérées comme des objets de curiosité. Amateurs individuels et musées de l’époque se sont bientôt lancés à la recherche des plus belles têtes tatouées. Un véritable commerce s’est ensuivi, autant du côté des Européens que des peuples māori, qui se servaient des têtes comme monnaie d’échange avec les colons.

À ce jour, quelque 320 restes ont été rapatriés depuis 14 pays. Outre trois fragments humains du "Museum of Anthropology" de l'Université of British Columbia, il s’agit de la cinquième tête māori à regagner la terre de ses ancêtres à partir du sol canadien, après celles du Musée canadien des civilisations et du Musée royal de l’Ontario, en 2008. Si la restitution des têtes māori conservées en France a fait couler beaucoup d’encre en 2011 à cause du statut d’inaliénabilité nationale des collections, les pays anglo-saxons et scandinaves, notamment, donnent suite quant à eux aux demandes de la Nouvelle-Zélande depuis les années 1990.

E TŪ AKE – M ORI DEBOUT : l’exposition du Musée de la civilisation de Québec du 21 novembre 2012 au 8 septembre 2013.

La présentation propose une incursion dans une culture vivante et dynamique, avec une perspective māori contemporaine, par l’entremise de quelque 155 objets, dont 68 trésors nationaux rarement vus à ce jour.

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Source: Musée des Beaux Arts de Montréal

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