Don Juan est de retour à Montréal et Jean-François Breau y règne en roi et maître !

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04 février 2012 - 00:00

Les producteurs de la comédie musicale Don Juan se sont mis au défi de remplir la plus grande salle de la Place-des-Arts, Wilfrid-Pelletier, à 10 reprises entre le 2 et le 12 février. Profitant du retour des vedettes que sont devenues Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier grâce à l’histoire du tombeur de ses dames depuis 2003, le spectacle voit Natasha St-Pierre, Étienne Drapeau, Jonathan Roy, Normand Lévesque et Amélie B. Simard tenir les autres rôles principaux.

Si à l'époque certains avaient douté du choix de Jean-François Breau en affirmant que le chanteur n’avait pas la virilité masculine nécessaire pour interpréter Don Juan, nul doute que l’Acadien a travaillé pour leur faire ravaler leurs paroles en 2012. Rustre, fier, beau parleur et profondément mâle dans la première partie, vulnérable, transi d’amour et aveuglé par sa jalousie dans la deuxième, Breau incarne parfaitement son personnage. Profitant de toutes les représentations qu’il a données à travers les années pour ajouter quelques couches de crédibilité à son jeu, le chanteur est impeccable vocalement et possède une présence scénique à faire pâlir de jalousie plusieurs de ses collègues.

L’ex-académicien Étienne Drapeau (Don Carlos) n’a tout simplement pas ce qu’il faut pour être de la distribution. Faux dans son jeu, freiné par une série de réflexes pop (les trémolos forcés et les fins de phrases non soutenues), ne possédant pas la moitié des nuances et du savoir-faire vocal de Jean-François Breau et de Marie-Ève Janvier, Drapeau semble mettre en application les émotions que sa tête lui suggère, sans que son corps et ses tripes entendent le message.

Le rôle de Raphael a quant à lui été donné à Jonathan Roy. Si la performance de l’ex-gardien de but des Remparts de Québec ne lui vaut pas un retour dans les ligues mineures, il n'arrive pourtant pas à nous convaincre qu’il a sa place dans la "ligue nationale" de la chanson. Vocalement correct et laissant entrevoir une capacité louable en termes d’interprétation, Jonathan Roy souffre des comparaisons face à l’interprétation touchante d’un Normand Lévesque et à la pureté vocale d’une Marie-Ève Janvier.

De son côté, Nathasha St-Pierre nous offre du Natasha St-Pierre. Bien qu’elle soit relativement crédible dans le rôle de la femme trahie et qu’elle possède un registre vocal impressionnant, St-Pierre chante de la gorge et du nez sans arriver à mêler sa voix au reste du chœur lorsqu'un numéro l'impose.

Tout est gros dans cette comédie musicale : les décors, la morale, l’envie de ratisser large dans les goûts du public. Néanmoins, les changements de décor sont très réussis, les succès radiophoniques ont tout pour ravir les milliers de fans réunis dans la salle Wilfrid-Pelletier et les danseurs espagnols réussissent à nous enflammer malgré la bande sonore préenregistrée - trop forte - avec laquelle ils doivent composer.

Pour ceux qui sont capables de faire abstraction des grands défauts de la distribution, Don Juan saura émouvoir grâce à une série de chansons pop accrocheuses et grâce au talent incontestable de son interprète principal, Jean-François Breau.

Commentaires

Soumis par quidam (non vérifié) le

est-il question d'une tourner canadienne. ce serait agreable de pouvoir vousvoir a Toronto

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Je viens de voir le spectacle et je vous le souhaite à Toronto: C'est magique!

Soumis par quidam (non vérifié) le

Samedi 4 février, 14h.: Quel magnifique spectacle! Tout était beau! Je n'aurais pas voulu lire la critique destructrice d'Alexandre Vigneault avant d'assister au spectacle: Trop facile de détruire nos artistes avec une grande place dans La Presse. Continuez, beaux chanteurs et danseurs à nous enchanter! Étienne Drapeau, je l'ai beaucoup aimé!
Merci! Un tel spectacle par année et je serais comblée...

Camille de Mascouche

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Je n'ai pas pu assister au spectacle encore (j'y vais ce week-end!), mais si je me fie à ce qui ressort de l'album, je crois que je vais adorer! La pièce de Jonathan Roy m'a surprise, tout N’as-tu pas honte avec la voix de Natacha Saint-Pier et Les Amoureux de Séville pour sa musique ! Merci pour la musique, j’ai hâte de la voir en spectacle !! Antoine Beaulieu

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