Michel Tanguay - Rencontre avec un protagoniste de l’art contemporain en région

De son domaine au bord du lac France-Roy à Ste-Hedwidge, Michel Tanguay a adopté, par volonté antimatérialiste, un mode de vie simple qui le marginalise par rapport à l’actuelle société de surconsommation qui est la nôtre.

Près de sa maison entièrement construite de ses mains à partir de matériaux récupérés, de singulières et touchantes sculptures créées par l’artiste trônent et s’intègrent merveilleusement à la beauté naturelle des lieux. On a l’impression de pénétrer dans un univers fantaisiste et paisible à la fois, unique, tout comme l’homme.

Siège de toilette, pièces de bois, peinture, chaînes et scies rondes sont amalgamés pour former des sculptures représentant des personnages ou encore de curieux paysages aux allures abstraites, typiques de l’œuvre de Michel Tanguay.

De sa maison et atelier au milieu de la forêt, la vue sur le lac est imprenable. La faune et la flore qu’il côtoie chaque jour et qui muent constamment offrent inspiration au peintre et sculpteur âgé de 74 ans.

Véritable pionnier de l’art contemporain dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean, l’artiste semble aujourd’hui se soucier d’avoir encore assez d’années devant lui pour permettre à son œuvre de dépasser les frontières de sa région, de son pays.

Vers la fin des années soixante, le jeune artiste était déjà destiné à une carrière prometteuse qui se reflétait à travers les succès retentissants de ses nombreuses expositions au Québec. En 1967, il a même eu l’honneur de participer à une exposition collective au Grenier des Artistes à Saint-Jacques-des-Piles, en compagnie de notre célèbre et regretté poète, Félix Leclerc. Cette rencontre fût, sans aucun doute, inspirante et inoubliable.

Michel Tanguay m’offre un café et me fait visiter sa charmante maison, véritable amoncèlement d’œuvres et de bric-à-brac, comme dans les clichés les plus tenaces du monde de l’art. Son regard s’illumine quand il parle de sa création et, en sa présence, le temps file à toute vitesse. On se laisse porter par le flot de sa passion et de la nôtre, par conséquent.

Chez lui, pas de traces de réseau internet et encore moins d’autres formes de technologie de dernière pointe pouvant servir à une auto-promotion. Dans la région, son nom est déjà bien connu et suscite le respect. Pendant des années, il s’est fortement impliqué à divers niveaux dans le milieu, notamment auprès des jeunes en tant que directeur de l’enseignement des arts plastiques à la commission scolaire régionale du Lac-St-Jean. Les publications au sujet de l’artiste et son œuvre ne se comptent plus. D’ailleurs, des caisses pleines de coupures de journaux et de livres jonchent le sol de sa maison.

Inspiré de ce qui l’entoure, on reconnait toute l’influence de la nature dans son œuvre. On y ressent aussi une certaine solitude mais pas celle qui est écrasante et triste, bien au contraire. L’homme est visiblement bien avec lui-même et cela transpire à travers sa création.

Délaissant peu à peu la sculpture, il se consacre aujourd’hui, presque entièrement à la peinture au médium d’acrylique. Son intérieur et sa déférence envers la beauté de la nature sont projetés dans son art en un mélange à la fois surréaliste, abstrait, réaliste et ce, dans un langage pictural propre à l’artiste.

Nous discutons à propos de la diffusion de ses œuvres, de prochaines expositions solos prévues dans la métropole du Québec et ailleurs. Plus productif que jamais, il sait conserver un cœur jeune qui témoigne d’une authentique capacité d’émerveillement face à la vie.

Sans contredit, devant moi se trouve un Michel Tanguay humble et reconnaissant. Si son art a su traverser l’épreuve du temps, il est toujours habité d’une forte volonté de franchir de nouvelles frontières…

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