Primus au Métropolis de Montréal : deux actes et un marin

De passage dans la métropole après sept ans d’absence depuis leur dernier concert au CEPSUM en 2004, le légendaire Les Claypool, Larry «Ler» LaLonde et Jay Lane sont venu nous présenter un spectacle de presque trois heures en deux temps, entrecoupé d’un entracte à saveur d’épinards.

Avant leur entrée en scène, la salle pleine à craquer scandait des «Primus sucks! »; ce qui, dans le langage des vrais fans de Primus, est le compliment ultime. Vers neuf heures moins vingt, le célèbre bassiste et ses deux acolytes, sous un éclairage sombre, firent leur apparition sous une vague de cris et d’applaudissements chauds. La scène, surmontée à gauche et à droite d’un écran géant, de deux gigantesques astronautes gonflés jusqu’au plafond, avec le vidéo d’une tête d’homme chauve observant la foule dans les gros casques, nous transportait déjà dans une autre dimension!

C’était parti pour le premier acte qui comportait dix de leurs anciens classiques (voir grille ci-dessous), en majorité tirés de leur album Frizzle Fry sorti en 1990. Malgré les incroyables effets visuels – yeux géants, oreilles, petite fille qui chante et danse en boucle, divers objets mécaniques tous aussi effrayants que bizarres, etc. - projetés sur l’écran au centre durant chaque pièce, la sonorité laissait plutôt à désirer. On avait peine à entendre les paroles chantées par Claypool pendant la première chanson, à croire que son micro faisait probablement défaut.

Ceci ne semblait en rien aggraver le cas des admirateurs massés devant la scène qui chantaient tout de même chaque mot à tue-tête et sautaient frénétiquement au son unique de Primus et du jeu de basse magistral de Claypool. Quelques titres se sont enchaînés avant que Les ne s’adresse enfin à la foule, faisant même une blague semi-sarcastique en disant qu’il avait presque oublié que nous étions là. Après avoir effectué l’apologie habituelle de Montréal, il révéla qu’ils allaient s’attaquer à la partie plus « greasy » (graisseuse) de leurs succès.

L’acoustique sembla prendre un peu de mieux durant « John The Fisherman » et « The Toys Go Winding Down », alors que par contre, il fut difficile de distinguer la normalement excellente « Mrs Blaileen ». Ils se sont rapidement fait pardonner en terminant avec la délirante « Jerry Was a Race Car Driver » et la non moins envoûtante « Over The Electric Grapevine ».

Malgré que la soirée n’était pas encore aussi enlevante qu’anticipé, l’entracte revint donner des forces à l’audience encore sur son appétit. Pendant pratiquement une demi-heure, on nous présenta quatre vieux épisodes de Popeye en noir et blanc. Le héro marin reçu une ovation chaque fois qu’il prenait ses fameux épinards et tout le monde semblait bien s’amuser, mais le temps se faisait long avant la deuxième partie.

Le trio refoula enfin les planches du Métropolis et entama le deuxième chapitre de la soirée : leur nouvel album Green Naugahyde en entier. La sonorité avait surement elle aussi consommé quelques conserves d’épinards magiques, car on pouvait finalement bien saisir les chants du bassiste. L’énergie sembla aussi se propager chez les trois musiciens qui se donnaient avec beaucoup plus d’enthousiasme dans leur nouveau matériel que durant la première partie.

Claypool ressortit plusieurs fois sa contrebasse, de laquelle provenait des sons psychédéliques et impensables! Les solos tordus mais prodigieux du guitariste Larry LaLonde ne laissaient personne en reste non plus, sans compter l’exécution acharnée du batteur Jay Lane, revenu au sein du groupe en 2010. Green Naugahyde semble être un réel retour aux sources pour Primus, plus funk, plus accessible et beaucoup plus rapproché de l’époque de Frizzle Fry, ce qui est partiellement dû au retour de Lane selon Claypool (Rolling Stone, 10 juin 2011).

Coups de cœur de Naugahyde durant la deuxième portion : « Hennepin Crawler », « Last Salmon Man », « Eternal Consumption Engine » et « Lee Van Cleef ». De purs bijoux et du travail de maître de la part des trois vétérans.

La foule en redemanda et elle reçu! Le rappel les ramena pour une troisième fois pour interpréter le succès « Wynona’s Big Brown Beaver » au grand plaisir de tous, ainsi que l’excellente et très funky « Harold of the Rocks ». Avec plus de vingt ans d’expérience derrière la cravate, Claypool, LaLonde et Lane ont définitivement épaté la galerie avec cette extraordinaire pièce finale.

Ce n’est pas pour rien qu’ils ont leur propre genre musical (ID3 tag) dans Winamp Media Player et aussi dans iTunes, ils sont véritablement une classe à part!

Note: ***3/4

Grille de chansons:

Première partie:

1. To Defy the Laws of Tradition
2. Golden Boy
3. Frizzle Fry
4. American Life
5. Seas of Cheese
6. John The Fisherman
7. The Toys Go Winding Down
8. Mrs Blaileen
9. Jerry Was a Race Car Driver
10. Over the Electric Grapevine

Deuxième partie («Green Naugahyde»):

1. Prelude to a Crawl
2. Hennepin Crawler
3. Last Salmon Man
4. Eternal Consumption Engine
5. Tragedy’s a’ Comin’
6. Eyes of the Squirrel
7. Jilly’s on Smack
8. Lee Van Cleef
9. Moron TV
10. Green Ranger
11. HOINFODAMAN
12. Extinction Burst
13. Salmon Men

Rappel:

1. Wynona’s Big Brown Beaver
2. Harold of the Rocks

Commentaires

Soumis par quidam (non vérifié) le

j'y étais et le spectacle était excellent!

une très bonne et très juste critique!

Primus sucks :D

Soumis par quidam (non vérifié) le

tout était bien dans ta critique jusqu'à ce que tu mentionnes Winamp.... tu aurais pu dire iTunes plutôt.. il est là aussi :P

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