Tout ça m’assassine, l’histoire de l’orignal à l’agonie…

Début de l'événement: 
05 octobre 2011 - 08:40

En janvier 2011, le Théâtre la banquette arrière, Sylvain Bélanger et Sophie Cadieux en tête de peloton, proposait une création poussant la réflexion sur l’avenir du Québec et sa préoccupation pour la jeunesse d’aujourd’hui : Les Mutants (http://patwhite.com/node/11963).

Cette fois-ci, on sort de l’Espace Go pour se rendre à la Cinquième Salle de la Place des Arts afin d’y retrouver le metteur en scène Dominic Champagne, directeur artistique du Théâtre il va sans dire, qui présente sa toute nouvelle création intitulée « Tout ça m’assassine ». Antoine Bertrand, Mario Saint-Amand, Alexis Martin, Sylvain Marcel et Julie Castonguay montent sur les planches de cette scène expérimentale pour conter trois histoires, trois aventures mêlant alcool et argent dans une ambiance de poésie, de chant, de théâtre et de musique acoustique en direct.

« Une nuit, sur l'accotement de la 20 près du Madrid, deux hommes en déroute marchent vers les funérailles de René Lévesque et se souviennent. Dans un modeste logement, un intellectuel désargenté mesure la valeur de son travail, de même que son inutilité. Dans un bar de Timmins, un poète alcoolique rencontre un indien ivre mort qui lui offre une bière sachant qu'il n'a que 16 cennes à la banque. Près de lui, une femme confesse avoir déjà été nommée la plus belle femme sur la planète mais elle ne se rappelle plus sur quelle planète ».

Au-delà d’une banale critique de la situation périlleuse du Québec, cette création a le mérite de mélanger de manière subtile de nombreux sous entendus et métaphores avec certains passages cocasses des plus rafraichissants. En l’espace d’une heure vingt, les artistes (qui se fondent dans le décor d’un vieux bistro), nous font rire en grande partie, réfléchir la plupart du temps, verser une larme nostalgique à certaines reprises. Mario St-Armand et Antoine Bertrand dressent un portrait poignant d’un Québec qui ne veut pas se départir de son passé et qui n’est pas capable d’affronter son avenir. Alexis Martin fait l’éloge de la procrastination, balançant à la fenêtre tous les principes économiques qui selon lui, se rapprochent davantage de l’époque nazie plutôt que d’une réelle liberté. Enfin, Sylvain Marcel et Julie Castonguay parlent de poésie, de rêves déchus, d’alcool à foison, mais aussi, d’un profond malaise qui ne disparait pas.

Le jeu des artistes est parfait, fidèle à chaque réalité. La mise en scène est savamment étudiée, de l’ombre des décors jusqu’à l’alternance des trois scénarios. La critique est violente. Les artistes nous livrent des histoires qui semblent réelles.

C’est peut-être ça, en vrai, le Québec.

Explication en vidéo :

TOUT ÇA M'ASSASSINE from Théâtre il va sans dire on Vimeo.

Jusqu’au 15 octobre prochain à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

Plus de renseignements sur : http://www.ivsd.org/francais/creations.htm

Comédiens : Antoine Bertrand, Mario Saint-Amand, Alexis Martin, Sylvain Marcel et Julie Castonguay
Musiciens : Éric Asswad et Charles Imbeau
Textes : Dominic Champagne, Patrice Desbiens et Pierre Lefebvre
Mise en scène : Dominic Champagne
Crédit photo : Yves Renaud

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