« Ironclad »: un aller-retour fatidique au XIIIe siècle

Début de l'événement: 

21 juillet 2011 - 08:30
Catégories:

Il y a déjà une semaine que le Festival international de films Fantasia 2011 bat son plein. Bon nombre de projections ont déjà été données à guichet fermé, et les salles se remplissent presque tous les jours comme si c'était le dernier Harry Potter qui sortait en grande première. En cette septième journée de festival, hier, c'est le film médiéval Ironclad (en français Le sang des Templiers) de Jonathan English qui a attiré une bonne cinquantaine de cinéphiles avides de violence, de scènes barbares et de brutalité.

Paul Giamatti et James Purefoy tiennent les rôles principaux dans cette terrible épopée campée au XIIIe siècle en Angleterre. Basée sur une histoire vraie, Ironclad raconte l'odyssée d'un groupe de guerriers (mené par Brian Cox et James Purefroy) ayant résisté à plusieurs mois de siège d'une violence infinie, dans le but ultime de préserver leur forteresse et la liberté de leur pays. Le roi John (Paul Giamatti), leur ennemi numéro un, est un sombre tyran sans merci qui n'est pas reconnu pour être des plus serviables. En réalité, son armée de mercenaires est littéralement impitoyable face aux guerriers qui n'ont d'autres choix que de se barricader dans leur chateau, Le Rochester, et de combattre jusqu'à ce que mort s'ensuive. Réussiront-ils à vaincre l'armée dévastatrice menée par l'ignoble et infâme roi John?

Du réalisateur et coscénariste de Minautor (2006) Jonathan English, également connu comme producteur (A Good Woman), Ironclad est un film brutal composé de combats extrêmes à l'épée et de violence féroce à donner froid dans le dos. Si vous êtes amateurs de membres sectionnés et de cris déchirants, vous serez assurément le public cible pour ce nouveau récit à sensations fortes. Ironclad comporte des scènes d'action saisissantes, parce qu'hyper réalistes, et une esthétique frôlant les prouesses de Zack Snyder avec son chef-d'oeuvre d'animation 300. Jonathan English a également ajouté une mini dose d'héroïsme et de romantisme dans son scénario, notamment avec la jeune demoiselle du château, ce qui peut, à certains égards, rappeler les moments d'intensité qui régnaient en grand nombre dans le célèbre film épique Braveheart de Mel Gibson.

La principale qualité d'un film comme Ironclad est en réalité une attention qu'a portée Jonathan English à l'esthétique visuelle de son récit. Au lieu de déverser des gallons inutiles de sang, comme dans les scènes gore de Evil Dead, English a plutôt fait appel à Paul Hyett (Doomsday, The Descent et Attack of the Block) pour qu'il crée ses effets spéciaux sur le plateau de tournage. Ces derniers sont tellement réalistes que vous ne pourrez vous empêcher à certains moments de grimacer de douleurs pour les pauvres sacrifiés.

Le seul bémol d'un film aussi vaste et impressionnant que Ironclad est sans contredit la durée un peu trop longue du récit. Si English nous avait épargnés les dernières vingt minutes d'un scénario où les personnages tournent en rond, parce qu'épuisés, l'écoute n'en aurait été que plus agréable.

Après une vague presque agressante de films mettant en scène des fantômes et des esprits, (Insidious de James Wan ou Paranormal Activity de Oren Peli), il semble que la mode des films épiques et médiévaux tels que Game of Thrones, Centurion (projeté à Fantasia l'année dernière) et Camelot (grand succès télévisuel) ait quelque peu repris le dessus.

Ironclad, un film d'une rare intensité comme il s'en fait peu aujourd'hui. Bon festival!

Appréciation générale: *** 1/2

Ajouter un commentaire