« Retreat » : un huis clos à la limite du supportable

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19 juillet 2011 - 08:45
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Les fans de Fantasia attendaient patiemment lundi soir la projection du film Retreat du scénariste et réalisateur anglais Carl Tibbets. Avec à son bord une brochette d'acteurs aussi époustouflants que Cillian Murphy, Jamie Bell et Thandie Newton ainsi qu'une bande-annonce à donner la frousse même aux plus téméraires d'entre vous, il était presque certain que le film allait couper le souffle aux spectateurs rassemblés dans la salle.

Kate (Thandie Newton) et Martin (Cillian Murphy) s'aventurent en solitaires sur une île anglaise lointaine et inhabitée appelée Blackholme, afin de prendre un recul sur leur vie affective et mettre un baume sur certaines blessures du passé. Un jour, alors qu'ils se croyaient seuls dans l'unique construction ancestrale de l'île, le couple tombe sur un homme inconscient au visage ensanglanté (Jamie Bell). Évidemment, Kate et Martin traîneront l'inconnu jusqu'à leur grande résidence, afin de lui prodiguer les soins nécessaires à sa bonne survie. À son réveil, l'homme, qui a repris du poil de la bête, leur annonce une nouvelle catastrophique: une peste virale mortelle transmissible dans l'air se serait répandue dans toute l'Europe. Il y a de fortes chances que certaines personnes tentent de se réfugier sur l'île afin de fuir comme la peste cette horrible infection. L'état de panique est rapidement enclenché; l'inconnu va vouloir remédier à la situation en barricadant solidement la résidence, et ce, malgré les remontrances du jeune couple. Plus inquiétant encore: pendant qu'ils sont tous deux enfermés en huis clos avec un homme qui devient de plus en plus agressif, ils n'ont plus aucune idée de ce qui se trame à l'extérieur. Et s'ils n'étaient plus seuls sur l'île? Et si l'inconnu devenait méprisable à un point tel qu'ils devraient penser à sauver leur peau?

Il faut avouer d'emblée que Carl Tibbetts n'y est pas allé de main morte avec ce suspense tordu à donner la chair de poule. Peut-être vous rappelez-vous encore du film Devil's Pond (2003) de Joel Viertel et Funny Games (1997) de Michael Haneke, au sein desquels des êtres désaxés perdent complètement les pédales jusqu'à créer une tension complètement étouffante pour les protagonistes et les spectateurs? Sans être de la trempe de Funny Games, Retreat s'inscrit plutôt dans l'univers du thriller alarmant, où les personnages sont confrontés au danger et à la survie. L'usage de gros plans et les déplacements nerveux de la caméra rehaussent la sensation de vertige que l'on ressent dans la plupart des scènes dramatiques du récit. Et que dire de la musique: elle rappelle de près l'intensité de la trame originale composée par Bernard Herrmann pour Alfred Hitchcock dans le succès majeur Psychose (1960).

Par ailleurs, le jeu des acteurs est lui aussi un élément fondamental de la mise en scène dans ce récit pétrifiant: les personnages sont littéralement saisissants; ils arrivent à recréer, par la justesse de leurs dialogues et de leur jeu corporel, une peur réelle, atroce, épouvantable. Bien entendu, le huis clos créé par l'isolement sur l'île apporte à lui seul un climat étouffant à souhait, mais si Cillian Murphy, Thandie Newton et Jamie Bell n'avaient pas maîtrisé aussi bien leur rôle, Retreat aurait pu être un bel essai, sans plus. Au lieu de cela, Carl Tibbetts a créé un film angoissant, qui nous tient en haleine jusqu'à la fin, bref un chef-d'oeuvre incontournable digne de cette 15e édition du Festival international de films Fantasia.

De plus, le réalisateur était présent au Théâtre Hall pour remercier l'équipe de Fantasia pour leur appui sensationnel, mais aussi pour saluer la foule, qui était fort nombreuse hier soir pour la projection de Retreat. Sur ce, bon festival à tous!

Appréciation générale: ****

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