« Red State » de Kevin Smith : un carnage sanglant entre les forces de l'ordre et la religion

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15 juillet 2011 - 09:30
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C’est le jeudi 14 juillet 2011 que la 15e édition du Festival international de films Fantasia a commencé en grand avec la présentation du très attendu film d’horreur Red State, écrit et réalisé par Kevin Smith. Les cinéphiles ont pu enfin étancher leur soif de sang et de violence avec ce dernier opus du réalisateur des excellents Clerks (1994), Zack And Miri Make A Porno (2008) et Cop Out (2010).

Kevin Smith avait laissé entendre, il y a quelque temps, qu’il désirait quitter les platebandes de la comédie, qu’il maîtrise avec brio, afin de se tourner vers un nouveau genre cinématographique à donner la chair de poule : le cinéma d’horreur. Objectif réussi puisqu’il nous revient, en 2011, avec un nouveau-né ayant suscité une immense controverse lors du dernier festival de films Sundance. Cette fois-ci, Kevin Smith s’attaque à la religion en offrant à travers son scénario une critique sévère et acerbe de l’extrémisme religieux.

Travis, Billy-Ray et Randy, trois ados liés par les liens du sang depuis le secondaire, sont des banlieusards en manque sérieux de passe-temps et d’ambition. Un jour, sur le campus de l'école, ils décident de surfer sur la Toile et de visiter des annonces publiées sur des sites de rencontre, dans le but concret et prévisible de se farcir une jolie demoiselle. Les trois gigolos attendent la tombée de la nuit avant de se rendre dans la résidence (un motorisé qui menace ruine) de ladite dame, située non loin du village. Auraient-ils pensé un seul instant, ce soir-là, tomber sur le Père Cooper et sa communauté de chrétiens d’extrême droite? Probablement pas, non. Lentement mais sûrement, la troupe d’exterminateurs de pêcheurs va se mettre à l’œuvre et offrir un véritable carnage à tous ceux désirant leur barrer la route. Appelés à la rescousse, Joseph Keenan (John Goodman) et sa troupe de spécialistes vont tenter de calmer les nerfs de ces fanatiques fous furieux. Travis, Billy-Ray et Randy sortiront-ils vivants de la maison du Père Cooper?

C'est dans une explosion de fébrilité et d'engouement que la 15e édition du festival Fantasia s'est mise en branle, hier soir, au Théâtre Hall de l'Université Concordia. Bien entendu, la salle était pleine à craquer d'hommes et de femmes de tous âges, et les cinéphiles, pour la plupart de grands habitués, avaient très hâte que Marc Lamothe, de son sobriquet DJ XL5, se lève pour prononcer son fameux discours d'ouverture. Et quelle énergie, quelle fébrilité! Il a réussi, en quelques mots, à toucher les cœurs sensibles, en prenant la peine de remercier son fidèle public, « qui est prêt à braver le vent et la pluie pour venir assister aux projections de Fantasia », ainsi que ses nombreux commanditaires, dont MusiquePlus, La Vitrine, la SAT, Téléfilm Canada et la Cinémathèque québécoise, pour ne nommer que ceux-ci.

Kevin Smith, qui n'avait pu être présent à la soirée d'ouverture, a pris la peine d'enregistrer une courte capsule vidéo avant le commencement de son film. Comme à son habitude, le célèbre réalisateur n'y est pas allé de main morte avec son humour absurde et tordu. Il a réussi à faire rire les spectateurs à plusieurs moments en faisait un fou de lui. Chapeau, Kevin!

Il est certain qu'un film signé Kevin Smith est un gage de succès presque assuré. Le réalisateur a prouvé au monde entier qu'il était capable d'inventer des histoires drôles, absurdes, souvent tirées par les cheveux, mais toujours bien ficelées. Et Red State n'est pas l'exception à la règle; il est seulement plus criant, plus intense, voire plus... sanglant.

Évidemment, Travis, Billy-Ray et Randy, les trois protagonistes, sont de jeunes adolescents ultra stéréotypés: jeunes, la testostérone dans le tapis, bref, de grands naïfs comme on en connaît tant. Et il n'est pas étonnant qu'ils se trouvent pieds et mains liés dans la gigantesque demeure du Père Cooper et ses fidèles extrémistes aux idées embrouillées. Le récit est certes décapant, souvent frappant, mais il y a certaines longueurs, malgré la durée moyenne du film, pouvant déplaire à certains spectateurs à la longue. Peut-être est-ce dû à la quantité incroyable de dialogues, qui alourdissent l'écoute? Certes, les péripéties évoluent lentement mais sûrement, les personnages se retrouvent en effet dans de sales beaux draps, et ce, pour notre plus grand plaisir, John Goodman, fidèle à son habitude, offre un jeu d'acteur exceptionnel, mais il y a un je-ne-sais-quoi qui a manqué au film. Peut-être si, justement, Kevin Smith avait opté pour un scénario axé davantage sur l'action, on aurait été tenu en haleine plus longtemps? Va savoir! N'allez surtout pas croire que « Red State » n'est pas un bon film! Les dialogues, quoique lassants à la longue, sont truffés de farces décapantes à la sauce Smith, et vous vous surprendrez probablement à pousser des rires tonitruants au fil de l'écoute.

Si vous n'avez pas réussi à vous procurer un billet pour le film d'ouverture, consolez-vous, le festival Fantasia ne fait que commencer et il y a une sélection d'environ 130 films à votre portée. Il n'y avait malheureusement qu'une seule représentation pour Red State, alors vous devrez vous armer de patience et attendre sa sortie prochaine en salles. Bon festival!

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