Avec les dégénérés, la rapace et les tarés

Au début, c'était une simple question tirée d'un questionnaire sur la consommation d'alcool. À la fin de la trajectoire, c'était devenu la septième piste de l'album "Chansons sans fraises" où Robert Ledermann chante: "Avec les dégénérés, la rapace et les tarés".
La question se lisait comme suit: "Choisissez-vous des compagnons et un milieu inférieurs quand vous buvez?" .
"La question a quelque chose d'absurde et de révoltant" fait savoir Robert Ledermann. "D'abord cette confusion entre le fait d'appartenir à une classe sociale désavantagée et le fait d'être un individu inférieur, cette confusion je la trouve méprisante" soutient l'auteur-compositeur-interprète.
"Mais ce que je trouve vraiment rigolo" poursuit-il, "c'est l'absurdité d'une telle position. Si le médecin boit avec des ouvriers, il est alcoolique. Mais que dire des ouvriers qui boivent avec le médecin? Ils ne seraient pas alcooliques parce qu'ils boivent avec des gens de la même classe sociale plus un médecin?"
Il reste qu'il y a dans la question posée un fond de vérité. À qui n'est-il jamais arrivé de se suprendre des compagnons qui finissent à nos côtés quand on sort épancher sa soif si on est le moindrement ouvert à ceux que le hasard nous envoie?
C'est là qu'on touche le noeud de la question, et en même temps le thème fondamental de la chanson "Avec les dégénérés": l'impression de ne pas être à la hauteur des attentes, l'impression d'être tombé de haut et de ne pas être aussi bien qu'on aurait dû l'être.
"Je pense qu'il arrive à tout le monde de penser ne pas avoir atteint son plein potentiel. Alors tout le monde côtoie des êtres inférieurs au monarche, au génie et à la star qu'on aurait voulu être et qu'on croit toujours être quelque part au fond de nous."
Mais n'intellectualisons pas davantage une chanson qui demeure fondamentalement une chanson loufoque comme en témoigne ces rimes:
Maman si t'avais su
Que je deviendrais le vaurien que ma foi je suis devenu
Aurais-tu gardé fiston?
Ou est-ce que je serais aujourd'hui un avorton?
"J'adore le mot avorton" nous confie Robert Ledermann qui a mis sur ce texte pince-sans-rire une musique où une approche mélodique et dégagée dans les couplets alterne avec l'approche rock et alternative de l'explosif refrain (où il chante, justement, "avec les dégénérés, la rapace et les tarés").
La chanson "Avec les dégénérés" fait partie de l'album "Chansons sans fraises". Vous pouvez vous faire votre propre opinion du partir du lien suivant:
http://www.reverbnation.com/robertledermann
"Avec les dégénérés" est la 7ème chanson.
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