Les Grands Ballets Canadiens de Montréal : entre premières mondiales et redécouvertes de classiques

C’est devant les invités réunis au Musée des Beaux Arts de Montréal que Gradimir Pankov a présenté la semaine dernière la programmation 2011-2012 des Grands Ballets Canadiens de Montréal (GBCM). Pour ce faire, les organisateurs n’y sont pas allés de mains mortes, misant sur six œuvres dont la thématique est définie par La Résonnance du Coeur. Rodin/Claudel, Le Petit Prince, Noces, Le Sacre du printemps, ou encore Casse-Noisette et Le Lac des cygnes seront de mise à La Place des Arts! Savant mélange de modernité (deux premières mondiales) et de classicisme (Casse-Noisette et Le Lac des cygnes n’ont plus leurs preuves à faire), les GBCM satisferont tous les goûts!
Voici un récapitulatif des différents spectacles fourni par les GBCM :
OCTOBRE - Rodin/Claudel. De la passion qui lia les célèbres sculpteurs français Auguste Rodin et Camille Claudel, on connaît surtout le tragique destin qui conduisit la plasticienne à l’asile psychiatrique. L’actrice Isabelle Adjani en a incarné le personnage au grand écran dans un film éponyme. La chorégraphe Marie-Claude Pietragalla l’a portée à la scène en mixant danse et cirque dans Sakountala. Avec le concours d’une équipe artistique entièrement canadienne, le jeune Peter Quanz offrira quant à lui un nouveau regard sur l’histoire de cette passion dévorante dans un ballet sur pointes de facture néoclassique. Sur des musiques de Roussel, Honegger, Debussy et Schnittke, il concevra un ballet narratif chargé en émotions exaltant le corps et ces lignes qui inspirent pareillement la sculpture et la danse. Une soirée complète commandée par Gradimir Pankov à ce créateur qui, à l’âge de 27 ans, fut le premier Canadien invité à chorégraphier pour le Ballet Kirov du Théâtre Mariinski et qui a déjà inscrit au répertoire des GBCM la pièce Kaleidoscope. Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, pour huit représentations, les 13, 14, 15, 20, 22, 27, 28 et 29 octobre 2011 à 20 h, avec l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal.
DÉCEMBRE - Casse-Noisette (http://patwhite.com/node/11839). À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, pour 15 représentations, du 10 au 30 décembre 2011, avec l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal, sous la direction d’Allan Lewis.
MARS - Le Lac des cygnes, sur la musique de Tchaïkovski jouée par l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal. L’immense succès cinématographique du Black Swan témoigne à la fois de l’importance qu’occupe Le Lac des cygnes dans le patrimoine culturel mondial et de la diversité des niveaux de lecture que l’on peut en faire. Car le dédoublement de personnalité joué par Natalie Portman fait écho à la quête identitaire et à la dualité inhérente à chaque individu que certains lisent entre les lignes du livret. Après avoir ravi leur public d’une Giselle dans la pure tradition romantique avec le Ballet national de Cuba, Les GBCM font donc cadeau de l’excellence russe en invitant le prestigieux Ballet de Novossibirsk. Pour sa toute première incursion avec Le Lac des cygnes en terre nord-américaine, cette compagnie, qui se range au niveau des célèbres Bolchoï et Mariinski, débarque de sa lointaine Sibérie avec une soixantaine de danseurs virtuoses pour livrer ce grand chef-d’œuvre du ballet romantique, remonté par son directeur artistique Igor Zelensky selon la chorégraphie de Marius Petipa. Un événement pour aficionados et néophytes. À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, pour cinq représentations, dont deux matinées, les 8, 9 et 10 mars à 20 h ainsi que les 10 et 11 mars 2012, à 14 h, avec l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal.
MARS - Le Sacre du printemps et Noces réunis dans la Soirée Stravinski. Figure révolutionnaire de la musique au XXe siècle, Igor Stravinski est aussi lié aux transformations profondes et radicales que subit le ballet classique avec les Ballets russes de Diaghilev. En créant pour Les GBCM, Stijn Celis s’inscrit dans la lignée des grands chorégraphes qui, d’un siècle à l’autre, ont donné corps aux partitions musicales qui ont initialement inspiré Vaslav Nijinski et sa sœur, Bronislava Nijinska. Près d’un siècle plus tard, cette musique résonne encore de toute sa modernité, offrant un formidable support à la fougue créatrice du chorégraphe belge et à l’expression de son regard critique sur le monde actuel et ses institutions. Acclamées par le public et la critique depuis leur création, Noces (2002) et Le Sacre du printemps (2009) dénoncent, chacune à leur manière, la privation de liberté qu’implique parfois la vie en société. Un programme double qui a déjà endiablé des milliers de spectateurs des GBCM en tournée. Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, pour 6 représentations, les 22, 23, 24, 29, 30 et 31 mars 2012.
AVRIL - Alvin Ailey American Dance Theater et Revelations. Depuis qu’il a été créé, en 1960, Revelations n’a rien perdu de sa vitalité, de son humour et de sa force d’évocation. Pierre angulaire du répertoire afro-américain, c’est sans doute l’œuvre de danse moderne la plus présentée dans le monde. Alvin Ailey, qui libéra l’expression afro-américaine des carcans et des stéréotypes, y dépeint la ferveur religieuse et les dures conditions de vie du peuple noir dans le Texas rural des années 1930. Encore sujet à changement, le programme comprendra trois autres œuvres dont une de Robert Rattle, le successeur de Judith Jamison à la direction artistique de cette compagnie que Les GBCM invitent pour la deuxième fois. Une fusion jubilatoire de danses classique, moderne, jazz et africaine. À la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, pour 4 représentations, dont une matinée, les 19 et 20 avril à 20 h et 21 avril 2012, à 14 h et 20 h.
MAI - Le Petit Prince. Ce conte pour enfants que l’auteur disait avoir écrit à l’intention des grandes personnes offre, lui aussi, plusieurs niveaux de lecture. La Néerlandaise Didy Veldman s’inspire de sa poésie universelle et de son infinie sagesse pour interroger nos choix de vie actuels dans un ballet narratif entre figuration et abstraction. Y retrouvera-t-on l’aviateur, l’allumeur de réverbères, l’homme d’affaires l’alcoolique, le roi, la rose ou le renard, dont les illustrations à l’aquarelle ont marqué nos mémoires ? Sans doute pas de manière littérale. Mais le sens de leur rencontre avec le Petit Prince devrait marquer cette chorégraphie qu’on imagine déjà théâtrale, dynamique, humoristique et captivante. Un voyage initiatique à s’offrir. Au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, pour 6 représentations, les 3, 4, 5, 10, 11 et 12 mai 2012 à 20 h.
Plus de renseignements sur http://www.grandsballets.com/fr/
Crédit photo : Andrew Eccles / Montage: Damian Siqueiros / Danseuse: Linda Celeste Sims
Ajouter un commentaire