Remise des Prix littéraires Radio-Canada 2010 à l'eXcentris

C’est hier soir à L’eXcentris, dans un cadre très festif, qu’ont été dévoilés en chair et en os les douze lauréats des Prix Littéraires Radio-Canada 2010. Au total, 6 textes en français et 6 textes en anglais ont retenu l’attention du jury dans les 3 catégories présentées, à savoir : Récit, Poésie et Nouvelle.
Pour Monique Pariseau, professeure de littérature au Cégep de St-Jérôme pendant plus de trente ans, maintenant retraitée et lauréate du second prix dans la catégorie « récit », les mots ont toujours fait partie de sa vie. « Le concours était une façon de fixer un souvenir dans de l’ambre. Je voulais me rappeler et revivre mes souvenirs d’enfance » a-t-elle fait savoir, encore sous le coup de l’émotion, avant de parler de son texte.
« Brin de nid » raconte l’histoire d’une petite fille qui enterre ses poupées sur la grève du St-Laurent, mais qui regrette ensuite son geste et demande l’aide de son père afin de les déterrer. Selon le jury, le texte de Mme Pariseau « évoque la beauté de la nature, les joies de l’enfance et l’insousiance des vacances ». « Quand j’écris, il y a un geste de boulimie là-dedans, je souhaite que ça passe de ma tête à la tête du lecteur », a confié la dame.
Le sourire le plus éloquent de la soirée d’hier soir se trouvait cependant sur le visage d’Isidore Guy Makaya, congolais d’origine mais résidant maintenant à Montréal-Nord depuis bientôt six ans. Le jovial étudiant au Doctorat en droit international de l’environnement a raflé le premier prix dans sa catégorie pour sa nouvelle « Le cas Makosso », qui raconte l’histoire d’un homme mort « debout ». Naturellement, scientifiques et intellectuels du monde se ruent jusqu’au Congo afin d’investiguer sur cet étrange décès, et discutent même de la possibilité d’établir un nouveau calendrier pour l’humanité à partir de cet étrange événement. « Une fable forte et éloquente », a commenté le jury.
« Le but de ma nouvelle, c’est d’ouvrir un débat et stimuler l’imagination tout en étant humoristique», a dit le jeune homme en souriant, après avoir fait remarquer que déjà, à l’âge de 16 ans, il écrivait des lettres d’amour destinées aux copains de ses sœurs. « Je suis l’intellectuel de la famille mais je ne me prends absolument pas au sérieux! », a-t-il assuré, avant d’enchaîner avec une anecdote tout droit sortie d’un film.
Isidore Makaya a subi une biopsie avant d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer. Par la suite, il aura fallu deux traitements de chimiothérapie avant qu’on ne lui avoue avoir inversé ses résultats médicaux avec ceux d’un autre patient! Résultat? Faible et confiné à la maison, il a entendu parler du concours à la radio, qu’il écoutait toute la journée. « J’ai même tout perdu mes cheveux! » a-t-il démontré en soulevant sa casquette, nulle trace de colère dans la voix.
On peut lire le texte d’Isidore Makaya et celui des autres textes gagnants ici: http://prixlitteraires.radio-canada.ca/
À noter que les premiers et seconds prix recevaient respectivement une bourse de 6000 et de 4000 dollars.
Le concours est le seul au pays à récompenser des œuvres originales et inédites dans les deux langues officielles. Les textes gagnants seront publiés dans le Magazine enRoute d'Air Canada, organisateur de la remise de prix.
Crédit photo: Kate Hutchinson
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