Casse-Noisette, indémodable conte de Noël

Les Grands Ballets canadiens de Montréal, accompagnés d’une flopée de bambins, ont à nouveau ravi le public de la salle Wilfrid Pelletier lors de la première de Casse-Noisette. Enfants, jeunes, adultes, personnes âgées, tous étaient venus en grand nombre samedi soir pour partager en famille ou entre amis l’arrivée de Noël.
Difficile de croire qu’après autant d’années d’interprétation, cette création fasse toujours autant fureur. Ce conte d'Hoffmann, chorégraphié en 1964 par Fernand Nault sur une musique de Tchaïkovski, possède pourtant les clés du succès : 150 personnages joués par 114 enfants (de 7 à 11 ans) et 35 danseurs (sans compter les figurants) qui se déplacent au gré des cinq décors amovibles, le tout vêtu d’étoffes ‘d’époque’. Un véritable plaisir pour les yeux racontant les aventures de la jeune Clara, qui, après s’être fait offert un casse-noisette magique par son parrain, le docteur Drosselmeyer, se retrouve dans un monde féerique aux mille paysages.
On peut féliciter la distribution de cette nouvelle édition. Que ce soit au niveau du choix des enfants ou des maîtres de cérémonie, les amateurs de danse et d’histoires féériques seront comblés. Par contre, du côté des décors et des costumes, ne vous attendez pas à la révolution du siècle!
Les premiers et deuxièmes tableaux auront de quoi réjouir les enfants. Les décors, les cadeaux et les bambins qui dansent de toutes parts en mettent plein les yeux à l’audience. Pour les parents et amateurs de ballets, les longueurs sont notables (peut-être trop d’ailleurs). Difficile de fixer son regard sur un élément en particulier. Tout bouge, virevolte, discute, et on en perd la tête.
Heureusement, le troisième tableau est là pour nous conforter. Que ce soit l’interprétation de Clara, du prince, ou des nombreux danseurs principaux et secondaires, l’ensemble est plus que satisfaisant. Les nombreux tableaux nous permettent de contempler des solos, duos et pas de deux effectués avec grâce et synchronisation (malgré quelques tableaux parfois écorchés). Le coup de cœur de la soirée revient sans aucun doute aux rôles de la fée Dragée, des interprètes de la Danse espagnole (Le Chocolat), et du soliste de la Danse russe (Trépak), dont certains ont marqué les mémoires dans Léonce et Léna (http://patwhite.com/node/11535). Une technique toute en douceur, mais pourtant si puissante : c’est sans aucun doute la qualité des Grands Ballets canadiens de Montréal.
Un petit bémol tout de même. Le deuxième tableau est beaucoup moins adapté pour le jeune public. Les nombreux passages dansés laissent peu de place à l’imaginaire, et peuvent paraitre rébarbatifs. Ne vous inquiétez donc pas si vous voyez votre enfant s’assoupir après une heure et demie de représentation : tout est permis lors de cette soirée! D’ailleurs, le concept de la Souris du jour pourrait bien faire un heureux si vous venez en famille. À chaque représentation, les Grands Ballets canadiens de Montréal désignent au hasard la Souris du jour parmi les enfants ayant assisté à la lecture du conte d'Hoffmann. « La Souris du jour prendra part au premier acte du spectacle avant de regagner sagement sa place à l'entracte ». De quoi donner des ailes aux futurs danseurs!
Un conte féerique à ne pas manquer.
Plus de renseignements sur : www.grandsballets.com/fr/spectacle.php?spectacle=10
TYPE : Ballet intégral classique
CHORÉGRAPHIE : Fernand Nault
MUSIQUE : Tchaïkovski avec l'orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal
DÉCORS : Peter Horne
COSTUMES : François Barbeau
ÉCLAIRAGES : Nicholas Cernovitch
Photo : John Hall
Ajouter un commentaire